‹ Histoire des maladies du pharynx. Vol. VChapitre 36 sur 137 · On vient de voir que c’était l’opinion de Niemeyer · texte numérisé non relu

On vient de voir que c’était l’opinion de Niemeyer

2. Il est assez difficile d’accorder ceux qui font jouer un grand rôle à la roséole pharyngée avec leurs adversaires, parce qu’ils font remarquer avec raison que bien des cas d’exanthème guttural échappent à cause de leur symptomatologie effacée. Cependant, en examinant systématiquement un certain nombre de vénériens dès l’apparition du chancre, on voit qu’il existe d’assez grandes variétés individuelles, justifiant toutes les opinions.

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que l’on connaît et qu’elle conserve jusqu’à la fin ». Voici maintenant pour les syphilid.es bucco-pharyngées rongeantes. « La forme ulcéreuse est souvent consécutive aux précédentes ; elle s’établit aussi d’emblée dans les syphilides vésiculeuses, pustuleuses, bulbeuses L alors les ulcérations s'étendent un peu plus en largeur et en profondeur que celles qui procèdent de plaques muqueuses; néanmoins elles rentrent encore dans la catégorie des ulcérations gutturales superficielles ou du moins intermédiaires ». Rollet reconnaît que dans la bouche, sinon dans le pharynx, tout se réduit à la plaque muqueuse. A côté de ces ulcères secondaires et superficiels, il y en aurait d’autres de plus tardifs (tertiaires) et de plus destructifs aussi. « Les ulcérations profondes de la bouche et de l’arrière-bouche accompagnent quelquefois les syphilides pustuleuses et surtout les syphilides tuberculeuses ; mais souvent on les voit survenir tout à coup et indépendamment de tout autre symptôme syphilitique, quand les éruptions cutanées ont disparu et que la maladie semble arriver à son terme. Ces ulcérations ont généralement la muqueuse comme point de départ; mais aussi elles peuvent procéder du tissu cellulaire sous-muqueux, et même d’organes plus profondément situés, du périoste, de l’os, d’un muscle présentant quelques-unes des altérations syphilitiques dont il est question plus loin 2. Elles sont ordinairement précédées

1. Rollet est donc willaniste pour la gorge comme pour la peau, à l’exemple de Baumès, Gazenave, Rayer, Bazin, etc. ; mais, contrairement à eux, il ne rapporte pas d’observation à l’appui de ce qu’il avance.

2. Du côté du cavum, nous avons vu assez souvent sur la paroi postérieure au niveau de l’allas et de l’axis, c’est-à-dire à la hauteur des ganglions rétropharyngiens, des ulcérations semblant reposer sur des masses profondes, d’allure gommeuse, dont la fonte paraissait être la cause du processus érosif survenu du côté du pharynx.

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par un gonflement moitié inflammatoire moitié œdémateux des parties qui vont être affectées. » Après avoir signalé les gommes de la langue, il décrit les gommes du voile et de la voûte palatine, « l’ulcération dépasse bien vite la muqueuse et dans sa marche perforante elle ^ne tarde pas à mettre en communication la bouche avec les fosses nasales. D’autres fois, c’est la luette ou les piliers du voile du palais, ou bien les amygdales qui :sont emportées par l’ulcération, souvent aussi c’est sur la partie postérieure du pharynx que le travail ulcératif «’établit. Alors quand l’ulcération n’est pas très étendue, qu’elle est médiane, on peut voir le fond jaune, grisâtre, pultacé de la plaie, avec ses bords rouges, œdémateux, mais il est des cas où l’on ne peut préciser les limites du mal, que Tonne découvre complètement, ni en abaissant la langue, ni en relevant le voile du palais. Ces ulcérations gagnent souvent la trompe d’Eustache^; de là plus •ou moins de surdité. Ou bien, après s’être développées d’abord sur plusieurs points isolés, elles se réunissent et donnent à l’arrière-bouche un aspect effrayant. On a vu des individus dont toute la partie visible du pharynx ■était ulcérée, et chez qui le voile du palais, la partie postérieure de la voûte palatine, les piliers et les amyg- ■dales étaient en outre détruits. Ces malades guérissent assez souvent, mais au prix de grandes difformités sur lesquelles on n’a bien appelé l’attention que dans ces d.ernières années 2 ». Rollet insiste, dans les lignes suivantes, sur les atrésies vénériennes de Torgane. « Les perforations de la voûte palatine, celles du voile

1. Voir ce que nous avons dit à propos des indications fournies sur ce «ujet par les anciens syphiliographes, quelques pages plus haut.

2. L’auteur veut parler des rétrécissements syphilitiques du pharynx.

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du palais et les pertes de substance qui résultent de la destruction de la luette, des piliers ou des trompes sont bien connues ; mais quand ces destructions, au lieu d’être partielles, s’étendent à plusieurs organes et notamment au pharynx et au voile du palais en même temps, il en résulte une vaste ulcération qui peut se cicatriser, mais qui entraîne toujours un certain degré de rétrécissement du pharynx. Il arrive même quelquefois que ce rétrécissement va jusqu’à l’oblitération presque complète du conduit, et,'- comme il siège, dans ces cas, immédiatement au-dessous de l’ouverture postérieure des fosses nasales et des trompes, juste à la hauteur de la voûte palatine, il en résulte que la communication de l’arrière-cavité des fosses nasales avec le conduit pharyngien inférieur est presque complètement interceptée. Vircho-w a cité une observation de ce genre sous le nom « d’atrésie cicatricielle de l’isthme du gosier; » j’en ai moimême recueilli cinq dans mon service à l’Antiquaille. Un mémoire récemment publié par Hermann et traduit par Verneuil [Arck. gén. de médecine) mentionne trente observations d’adhérences du voile du palais à la paroi postérieure du pharynx, presque toutes dues à la syphilis. Ces rétrécissements, ces occlusions du pharynx sont constitués de la manière suivante : la voûte palatine avec ce qui reste du voile du palais se continue horizontalement jusqu’à la paroi pharyngienne postérieure et fait corps avec elle au moyen d’adhérences cicatricielles. Ces adhérences circonscrivent une petite ouverture qui établit seule la communication de la partie supérieure avec la partie inférieure du pharynx. C’est par ce pertuis que passent, non sans peine, les mucosités nasales et pharyngiennes et que circule l’air

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de la respiration, quand celle-ci se fait par le nez, la bouche étant fermée. J’ai vu un individu qui avait, tout à la fols, une perforation de la voûte palatine et un de ces rétrécissements pharyngiens. Je fis avec succès chez lui l’uranoplastie, mais, chose remarquablè, il eut beaucoup de peine à s’accommoder de cette restauration; la respiration par le nez qui se faisait passablement à travers la fistule palatine, était devenue à peu près impossible à travers la seule ouverture extrêmement étroite du rétrécissement et, chaque fois que cet individu essayait de fermer la bouche, il se croyait presque aussitôt menacé d’asphyxie ».

Bien qu’il n’ait rien écrit de bien détaillé, ni rien de bien nouveau sur la syphilis du pharynx, Bazin mérite cependant d’être consulté à cause de l’idée particulière qu’il se faisait de la plaque muqueuse, cette syphilide si fréquente et si importante dans la cavité gutturale. Il commence par montrer que cette lésion ne rentre dans aucun type connu delà classification de Willan. « Gibert, Cazenave rangent la plaque muqueuse dans l’ordre des tubercules el en font un tubercule plat, mais les caractères du tubercule syphilitique sont bien différents de ceux de la plaque muqueuse. Le tubercule est plein, conique et laisse habituellement à sa suite une cicatrice durable ; la plaque muqueuse au contraire est molle, humide, étalée, déprimée au centre et ne laisse jamais de cicatrice à sa suiteL L’époque d’apparition estessentiellementdifTérente dans l’un et l’autre cas, précoce pour la plaque muqueuse, toujours tardive pour la syphilide tuberculeuse. Je n’admets pas non plus que la lésion qui nous occupe soit une papule et je rejette la dénomination de grande « papule humide »

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