‹ Histoire des maladies du pharynx. Vol. VChapitre 41 sur 137 · LÈPRE · texte numérisé non relu

LÈPRE

Au niveau du voile, il décrit, à l’exemple de Fournier, l’échancrure marginale, l’ulcère perforant et la division en rideaux. La première siégerait au bord libre d’un pilier ou du voile lui-même, et déterminerait une perte de substance arrondie, altérant la courbe normale de l’organe. La muqueuse serait peu altérée sur le contour de l’échancrure et recouverte d’un enduit grisâtre.

Le deuxième occuperait de préférence la ligne médiane, affectant le voile ou la voûte. La perte de substance serait circulaire ou formerait au contraire un ovale très allongé. La muqueuse se montrerait peu modifiée sur le pourtour. Les bords paraîtraient en général épaissis, parfois, au contraire, un peu amincis.

Si les lésions avoisinent le bord libre du voile, ce dernier pourrait être comme sectionné en deux parties (rideaux), plus ou moins flottante (cas de Lailler).

Les ulcérations du pharynx auraient leurs bords taillés à pic, un contour arrondi, parfois irrégulier, leur fond saillant et bourgeonnant ou au contraire déprimé, jaunâtre, lardacé, d’aspect tout à fait atonique, et coïncident ou non avec des lésions similaires staphyliennes.

c) Déterminations pharyngées de la lèpre

Les manifestations pharyngées de la lèpre, bien que plus tardives que celles de la peau et du nez (Leloir), n’en sont pas moins des symptômes presque nécessaires de l’affection. Leur existence fut notée de bonne heure. Ils sont signalés de la façon la plus expresse par les auteurs, presque dès le début du xi® siècle. Ainsi, dans le Diction-

R.BL4NCnARn

LÉSIONS INFLAMMATOIRES NODULAIRES

nuire en soixante volumes, Fournier s’exprime ainsi, à l’article Eléphantiasis : « Les fosses nasales se tuméfient, lien découle une humeur âcre qui corrode les téguments. L’odorat s’afîaiblit, s’éteint, la respiration devient pénible, l’intérieur de la gorge s'ulcère, se couvre d’aphtes. L’haleine devient extrêmement fétide, la voix est rauque, rugissante, les amygdales se gonflent, la luette se relâche, devient pendante, un ptyalisme abondant épuise incessamment le malade.» La soif^ dont sont dévorés lés malades à une période avancée, serait d’autant plus difficile à satisfaire que la déglutition deviendrait très douloureuse. Chez un adolescent de quatorze ans, natif de l’île de France, dont il rapporte tout au long l’observation, il a constaté que la muqueuse de la bouche et du pharynx était intacte; mais elle paraissait un peu phlogosée et disposée à s’ulcérer bientôt. A propos de l’éléphantiasis également, Cazenave {Dictionnaire en quarante volumes) mentionne ainsi les désordres pharyngés ; « La présence de tubercules au voile du palais, à la luette, ou au pharynx, surtout dans le larynx, l’inflammation ulcéreuse de la pituitaire sont des phénomènes presque constants ».

D’autre part, voici ce que disent sur le sujet Hardy et Labarraque (articlelèpre,du : «Dans

la bouche, on aperçoit des taches d’un rouge pâle, ou des tubercules plats, mous, très disposés à l’ulcération sur les joues, le voile du palais, la luette et les amygdales. Parfois le processus ulcératif détruit tout ou partie de ces organes et même les os qui leur servent de soutièn, en sorte qu il s’établit des perforations, des adhérences et des cicatrices vicieuses. » Dans son très intéressant article sur la lèpre des Arabes {Eléphantiasis Grœcorum,

MORVE

Virchows Archiv . de 1863), Wolff a signalé l’existence assez fréquente d’une pharyngite chronique survenaûî dès le début de la maladie h Cette angine aurait, suivant ses successeurs immédiats, toutes les apparences de la variété dite granuleuse. Oldekopp^ et Wolfif ont mentionné en outre la vascularisation exagérée de la paroi postérieure du pharynx, qui serait parcourue par de grosses veines.

Contrairement à la lèpre tuberculeuse, la lèpre anesthésique ne frappe que rarement et d’une façon occasionnelle la cavité pharyngée; des ulcérations superficielles et anesthésiques de la peau sont exceptionnellement précédées d’éruptions serpigineuses (voile, luette, pilier postérieur). Celles-ci passent inaperçues jusqu’en 1885, où elles sont décrites pour la première fois par Leloir.

d) Déterminations pharyngées de la^morve

La Iransmission de la morve à l’homme ayant été démontrée vers la fin du xviii® siècle 3, on doit se

1. Plus tard Bidenkop {Lecture on Leprosery , Christiania et Londres, 1886), admettra des lésions pharyngées tout à fait primitives, qui annonceraient en quelque sorte la lèpre.

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