Charité Annalen
MALADIES DE LA PEAU
d un rouge ardent. La déglutition est modérément douloureuse comme au début des angines catarrhales aiguës. C^est plus tard que les troubles gastriques interviennent ». L’auteur suppose, ce qui est un peu aventuré, que le processus se propage rapidement à l’œsophage, à l’estomac et à l’intestin et qu’alors seulement éclatent les troubles digestifs bien connus. 11 est au contraire plus probable que les toxines résorbées amènent sur les muqueuses des diverses cavités digestives une perturbation congestive presque simultanée. Cependant, il est vrai de dire que, pour la tête du moins, l’hypérémie envahit successivement les régions voisines, cc Elle gagne ainsi les yeux, le nez, descend jusqu’au larynx; elle s’étend par une exception apparente que justifie l’acuité de la maladie à toute la cavité buccale et jusqu’aux lèvres qui sont chaudes et boursouflées. La langue participe à l’urticaire ; elle est sèche, rude et semble au malade s’étre épaissie ». Voici quelle serait l’évolution du mal. « Il résulte de cette fluxion en masse une sensation extrêmement pénible accompagnée d’angoisse et d’oppression. Dans certains cas, la dyspnée est telle qu’elle fait oublier les autres phénomènes.
« Au bout de quelques heures, rarement plus tôt, dans l’espèce type que j’indique, les accidents gastriques se produisent et l’éruption cutanée ne vient qu’en dernier lieu. A première vue, l’urticaire buccale et pharyngienne diffère à peine de la scarlatine; mais, outre que la succession des symptômes n’autorise pas de doutes, l’urticaire de la membrane muqueuse conserve là, comme à la peau, sa nature spécifique. De même que l’épiderme ne se détache pas à la suite de l’exanthème ortié si violent qu’il soit, de même l’épithélium n’est pas soulevé
468 ADDENDUM AUX PROCESSUS SECONDAIRES
sur la membrane muqueuse. Aussi ne voit-on jamais ni plaques blanchâtres, ni pseudo-diphtérie. L’exanthème une fois disparu, et il est fugace, n’entraîne aucune affection secondaire ». Il y aurait aussi chez les très jeunes sujets une urticaire gutturale de dentition, très semblable à celle produite par les aliments irritants.
« Chez les enfants à la mamelle, la dentition est souvent l’occasion d’une ou de plusieurs poussées d’une fluxion buccopharyngienne, qui me paraît avoir la plus grande analogie avec l'éruption ortiée. L’irritation qui débute par la gencive se propage à l’arrière-gorge, qui est sèche et rouge, bien qu’elle soit si amplement lubréfiée dans la première enfance. On trouve là l’équivalent de ce qu’on observe à la peau, quand une plaie irritée,, une ulcération enflammée deviennent le point de départ de Turticaire cutanée.
« L’érythème, qui succède à la dentition, s’étend dans les mêmes proportions que l’urticaire ; il .affecte le nez, le larynx, en amenant de la toux et de la raucité de la voix.Comme l’urticaire, il pénètre probablement jusqu’à l’estomac et en troublant la premrère digestion, il cause ou des vomissements ou de la diarrhée : peut-être a-t-il, de plus, sans doute à cause des prédispositions qui relèvent de l’âge du sujet, de la tendance à s’étendre par le larynx vers la trachée et les bronches, en donnant lieu à une sécrétion bronchique de même origine que la sécrétion intestinale.
« Un certain nombre d’ érythèmes toxiques de la gorge pourraient être classés sous la même rubrique, non qu’on puisse en affirmer la nature, mais parce que leur évolution est celle de l’urticaire ».