Actuellement angine cryptaire ou lacunaire calculeuse
MALADIES DE LA PEAU
« La consistance et le point d’origine des concrétions sont variables. Elles sont tantôt calculeuses, tantôt plus molles, sans odeur, verdâtres, et brunissant à l’air. La plupart viennent des lacunes tonsillaires, au dire du malade, qui n’a pu s’en rendre qu’un compte imparfait; tantôt des glandules pharyngiennes, au milieu desquelles elles commencent à faire saillie sous forme d’un point jaunâtre, avant de se détacher. Quand elles sont rejetées au dehors, elles laissent au centre des glandules une dépression qui marque la place qu’elles occupaient. Elles contiennent, outre une certaine proportion de matière organique, du phosphate et du carbonate de chaux.
cc Au moment de l’examen, Guéneau de Mussy constate sur la région inférieure du pharynx une saillie grosse comme un pois avec une tache blanche qui, suivant le malade, est une concrétion.
cc Sous l’influence des Eaux-Bonnes, l’état de la poitrine fut très amendé; l’appétit revint, et avec, l’embonpoint. Il n’est pas dit ce qu’est devenue l’affection du pharynx.
cc 3° Acné indurée. — Cette dénomination ne saurait être admise qu’à titre provisoirè; mais quelque défectueux que soit le nom, il servira à distinguer une forme curieuse de la maladie.
cc Jusqu’ici l’acné était caractérisée par une sécrétion pathologique et par une phlegmasie passagère de la glande, reconnaissable à la rougeur du pourtour ou à un sentiment de tension douloureuse. Le contenu altéré, une fois évacué, il restait une ulcération de très courte durée en rapport avec la quantité du produit sécrété et, au bout de deux jours au plus, on ne retrouvait, en examinandes amygdales, aucune trace de la lésion
ADDENDUM AUX PROCESSUS SECONDAIRES
« Dans l’acné que j’appelle indurée, l’inflammation de la glande est d’une autre nature ou plutôt elle accomplit une évolution plus complète. Il se dépose, en effet, dans les parois, un produit plastique reconnaissable, tant que la pustule est intacte, à la résistance cornée qu’on éprouve en passant le doigt sur les granulations purulentes. Lorsque la pustule est évacuée, Tévacualion se fait par le moyen ordinaire d’une petite phlegmasie ; les parois de la glande entr’ouverte restent béantes pendant plusieurs jours. On dirait alors une série de petites grenades déchiquetées, blanches, rugueuses sous le doigt. Les pustules sont d’un égal volume, petites, difficiles à rompre et de la grosseur d’un grain de semoule. Elles sont plus ou moins disséminées et occupent, dans les cas de confluence extrême, la presque totalité de la gorge. Il est rare qu’on en trouve moins d’une vingtaine à la fois.
« L’éruption a lieu par poussées successives; je ne saurais mieux la comparer, pour sa marche et son aspect, qu’à certaines acnés juvéniles du front. Lorsque la poussée se fait, elle s’accompagne d’une rougeur peu vive, avec sensation de sécheresse, et, le plus habituellement, elle entraîne une certaine raucité de la voix. Les accès se répètent à intervalles rapprochés et la maladie se prolonge pendant une période d’au moins plusieurs mois.
« Je n’ai observé cette affection, plus rare que les précédentes, que chez des sujets jeunes, déjà éprouvés par des angines d’un autre ordre et ayant conservé une grande susceptibilité de la gorge.
« L’observation suivante représente le type de l’acné indurée la plus intense que j’aie eu l’occasion de traiter.
« Ml® X..., dix-huit ans, d’une santé parfaite, sans
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constitution diathésique appréciable, sauf quelques tendances hystériques, s’aperçoit en avril 1864, pendant la période des règles, qu’elle chante plus difficilement ; la bouche se sèche, la respiration est gênée, pendant lé chant, par l’obligation de déglutir la salive à l’aide d’une vive contraction répétée plusieurs fois ; pas de douleur proprement dite à la déglutition.
« Au bout de peu de jours, la voix elle-même se voile à la fin des leçons et des exercices vocaux; elle devient sourde ou même rauque, et la raucité persiste pendant plusieurs heures. Le trouble des fonctions laryngées est seul incommode; il y a cependant un peu de malaise indistinct, delà chaleur, le soir; la langue est râpeuse, d’un rose jaunâtre. Il survient de la soif, ou tout au moins de l’impossibilité de manger sans boire beaucoup plus que de coutume.
(c A l’inspection de la gorge, amygdales très saillantes détachées des piliers, creusées par des excavations qui répondent à de nombreuses angines éruptives aiguës que la malade a subies dans son enfance, et qui ont été à plusieurs reprises d’une acuité presque exceptionnelle.
« A l’orifice des follicules qui paraissent béants et comme infundibuliformes, on aperçoit une matière blanche qui semble faire saillie. En essayant d’absterger l’arrière-gorge avec un plumasseau d’ouate, on n’en détache pas un seul fragment; l’introductiou d’un stylet cannelé ne donne pas plus de résultats. 11 faut contourner les bords des orifices et énucléer pour ainsi dire le produit qn’on n’extrait ainsi que très imparfaitement ; la meilleure partie reste adhérente aux bords libres et ou ne peut l’extirper qu’avec des pinces fines, en l’arrachant avec un certain effort. Peu ou pas de rougeur.
ADDENDUM AUX PDOCESSUS SECONDAIRES
« Le surlendemain, l’aspect des amygdales est bizarre ; on dirait une masse de petits calculs acuminés et faisant saillie au dehors des orifices glanduleux; en réalité, les pxïints blancs n’ont qu’une consistance comme cartilag-iiLeuse et ne s’enlèvent pas. Gargarismes, cautérisations av«c la teinture d’iode pure.
« Peu à peu, mais dans l’espace de plus d’un mois, Les orifices tendent à se refermer. Les saillies sont moins nombreuses et moins visibles, et l’éruption ressemble à L’herpès des amygdales, à sa période de déclin.
« Le repos absolu du chant a été exigé et observé, La vmx est redevenue normale.
« Le 8 juin 1864, à la suite des règles qui sont venues régulièrement, la jeune fille se plaint de nouveau d’anorexie ; la langue est salie, la soif est revenue très intense pendant les repas et même en dehors des repas.
« Comme elle est sujette à des gastralgies qui se sont développées sous l’influence d’une chlorose incomplète, la malade crnit qu’elle est encore souffrante d’une de ces indispositions habituelles, et, n’éprouvant aucune incommodité de la gorge, elle ne songe pas à l’examiner.
« Le 11, le malaise ayant augmenté, je suis appelé. La bouche est humide, la langue étalée, mais jaunâtre. L’examen de l arrière-gorge montre une nouvelle éruption identique à la première, mais, cette fois, ayant son maximum de confluence sur les piliers postérieurs et s’étendant jusque sur le pharynx, qui est en outre granuleux. Très peu de rougeur.
« Le sommeil est troublé. Un peu de fièvre, le soir. Purgatif, retour aux cautérisations.
«.Le 14, l’éruption n’a pas varié ; les taches blanchâtres de la grosseur d’un grain de millet au plus,, à bords
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■déchiquetés sur les amygdales, parfaitement pustuleuses sur Us piliers, ont exactement les mêmes caractères et ne se détachent pas plus aisément.
« Depuis le matin, et bien que la malade n’ait pas essayé de chanter, la voix est rauque ; pas de toux, de la fatigue. Vomitif. Constipation depuis deux jours.
« Le 16, l’éruption a disparu.
« Le 18, recrudescence ; les boutons sont plus nombreux, plus rapprochés, et beaucoup se sont fermés sur des points où il n’en existait pas quelques jours auparavant, en particulier sur le pilier antérieur droit. Pas de -rougeur, pas de gonflement des amygdales. Langue plus nette Appétit meilleur.
« La crise se termine comme les précédentes ; elle est suivie d’autres poussées moins intenses fréquemment renouvelées, et j’ai encore l’occasion, au mois d’octobre 1864, de constater une éruption confluente de plus courte durée. La malade a pris l’habitude d’employer un traitement actif dès qu’elle sent les premiers signes de l’invasion qu’elle constate elle-même par l’examen direct.
« Je n’aurais pas décrit cette forme d’acné dépourvue de gravité, si je n’étais convaincu que l’on ne saurait apporter une trop minutieuse attention aux détails, quand il s’agit d’affections non encore étudiées. Il n’est pas d’ailleurs sans intérêt de voir, dans des organes glanduleux. l’inflammation suivre différents processus et se terminer par une exsudation fibro-plastique, avec épaississement des parois. »
IL — TUMEURS DU PHARYNX
Avant-propos. — Ceux qui savent combien sont peu fréquents les néoplasmes du pharynx si on les compare aux autres affections de cette cavité combien sont récentes^ aussi les notions véritablement scientifiques que nous possédons sur le sujet, seront portés à considérer la substance de ce chapitre comme une sorte de caput mortuum constitué par des faits peu nombreux, d’une interprétation difficile, et dont il serait malaisé de tirer quelque chose de précis. Mais ces craintes ne sont justifiées que pour la première moitié du xix® siècle. A partir de 1850 les progrès de l’histologie ont été si rapides^ que les matériaux recueillis deviennent désormais utilisables, et, bien que leur fréquence n’ait, bien entendu, point augmenté, le nombre des observateurs attentifs s’étant singulièrement multiplié par contre, aucun fait véritablement important n’a échappé pour ainsi
1 . Cette rareté n’est pas riatùrellement la mênie pour les différentes variétés de tumeurs. Ainsi, pour le voile, par exemple, le papillome est assez fréquent ; la tumeur mixte l’est beaucoup moins ; les fibromes, les lipomes, les kystes .dermoïdes sont tout à fait exceptionnels.
2. Ceci ne s’applique pas, bien entendu, aux fibromes naso-pbaryngiens et aux cancers secondaires propagés du voisinage.
3. En France notamment la pratique du microscope, depuis quelque temps en usage en Allemagne, se généralise à l’arrivée de Lebert à Paris, vers 1849. Ses disciples principaux furent Robin, Verneuil et Follin. L’influence de l’histologiste allemand fut très grande et assez heureuse, malgré ses conceptions erronées sur la spécificité cellulaire des tumeurs. On sait qd’il admettait des globules tuberculeux, gommeux, cancéreux, etc., facilement reconnaissables à leur forme et absolument spécifiques, hypothèse qui fut bientôt Tejetée, notamment par Wirchow.