KYSTES DU VOILE
tin de la Société de chirurgie, 1867). En définitive, cette variété de tumeur staphylienne, dont l’existence a été mise hors de doute par l’observation publiée en 1878 par Sabatier, ne comptait jusqu’en 1875 aucun fait véritablement authentique sinon pour le palais osseux, du moins pour le voile.
e) Kystes
En 1856, Saücerotte publia un cas de kyste de la voûte palatine, mais siégeant uniquement sur la portion osseuse de celle-ci E II en est de même du kyste mellicérique que Cruveilber mentionne dans son Traité d' anatomie pathologique. En 1860, Guyon et Thiéry ont mentionné, dans les Archives de physiologie, l’existence, sur des cadavres de nouveau-nés, de petits kystes glandulaires multiples, formant des sortes de grains blanchâtres, arrondis, contenant un peu de sérosité et de très nombreuses cellules épithéliales analogues à celles de la bouche.
f) Tumeur congénitale rappelant le kyste dermoïde
En 1874, Clairault a communiqué à la Société anatomique un cas fort intéressant de tumeur congénitale,
1. La tumeur, du voluDàe d’un demi-œuf de pigeon, occupait la moitié droite du palais et ne dépassait pas la ligne médiane. Elle s’était creusée dans l’os une véritable niche. La muqueuse ne paraissait pas altérée. La g^uérison fut obtenue comme dans l’hydrocèle à l’aide d’une injection de teinture d’iode iodurée 'mélangée avec de l’eau.
TUMEURS DU PHARYNX
observée chez un nouveau-né dont elle empêchait la respiration. Cette tumeur fut prise tout d’abord pour la langue. Elle adhérait au voile par un pédicule. En arrière de l’insertion, cette cloison membraneuse était divisée. La voûte palatine présentait une disposition en gouttière. Pas la moindre communication en haut avec les fosses nasales. Langue totalement adhérente, et offrant une tumeur du volume. d’une noisette en arrière de la précédente. La division du voile n’allait pas jusqu’au pédicule de la tumeur. Ablation de celle-ci au bistouri sans hémorrhagie notable. L’enfant put prendre le sein et guérit parfaitement. A l’examen, la tumeur était bilobée et recouverte de poils soyeux. Elle était constituée par du tissu cellulaire contenant de la graisse en abondance, avec un faisceau central musculaire s’insérant S|Ur l’enveloppe qui avait la structure duderme.
g) Lipomes du voile
Cartaz {Thèse de Paris, 1873) a observé chez un journalier un lipome palatin ayant empiété sur le voile. Le malade s’était aperçu, quatre mois avant l’examen médical, de la présence de ce néoplasme, qui s’était développé d’une façon progressive et indolente. En faisant ouvrir la bouche, on apercevait une tumeur implantqe sur la voûte palatine, mais débordant sur* le voile à gauche sans le dépasser sensiblement. La voûte était largement envahie jusqu’à l’arcade dentaire. La grosseur était celle d’un gros œuf. Dépassant la ligne médiane, sa forme paraissait nettement bilobée ; le lobe antérieur était plus développé
TUMEURS SANGUINES DU VOILE
que le postérieur. Consistance molle et fluctuante. Muqueuse normale et indolore. Respiration nasale libre. Pas d’adénite sous-maxillaire. État général bon. Une ponction avec l’appareil Dieulafoy ne donne issue à aucun liquide, ce qui confirme le diagnostic de lipome. Énucléation avec le doigt après incision. Les bords du voile sont déchirés à gauche, mais ils se rapprochent facilement et sont suturés. Guérison rapide, sans incidents L
h) Tumeurs sanguines
Dans sa thèse d’agrégation sur les tumeurs de la voûte palatine et du voile du palais (Paris, 1857), Fano rappelle qu’Ancelin a signalé le développement variqueux des vaisseaux de la luette. Parfois celle-ci serait le siège d’un épanchement sanguin interstitiel, dont Pauly aurait observé quelques exemples. Il en a parlé sous le nom de staphylhématome. Il s’agissait d’une hémorragie profonde
1. Au sujet de l’observation de Cartaz, faisons remarquer que, vers la fin de la période que nous étudions, Richet opéra, sur un vieillard de quatre-vingt-deux ans, un énorme lipome du voile qui avait mis huit ans à se développer d’une façon progressive et indolente. En 1874, le néoplasme continuait à grossir, le malade alla consulter Richet qui conseilla l'opération. En cinq mois, il avait pris un tel accroissement, que la déglutition, là respiration et la parole étaient fort gênés, car l’isthme se trouvait presque comblé par la masse morbide ne laissant qu’un petit pertuis de libre, à droite. Muqueuse normale lisse, mais tendue. Consistance molle, pâteuse. Indolence complète. Le doigt, qu’on pouvait faire pénétrer avec quelque difficulté dans le pharynx, permettait de reconnaître le siège staphylien de la tumeur. Pas d’adhérenees avec les parois du pharynx ou les piliers. Diagnostic ; lipome. Incision antéropostérieure de la naissance du voile à son bord libre ; on détache avec le bistouri les adhérences avec la muqueuse, puis avec la couche musculaire. Enucléation assez facile, guérison rapide. Une membrane cellulo-fibreuse servant de capsule divisait ce lipome en plusieurs lobes.
TUMEUnS DU PHARYNX
déterminée par la déglutition d’un corps piquant, tel qu’arrête de poisson, croûte de pain dur. Il surviendrait une douleur sourde avec dysphagie et dyspnée. La luette, de la grosseur d’une' petite noisette, aurait une teinte bleuâtre. Une simple incision fait disparaître tous les accidents.
Les tumeurs érectiles proprement dites n’avaient été signalées que par la suite. La thèse de Fano en renfermait huit cas, qui pour la plupart paraissent avoir été dénaturé veineuse. Leur siège habituel serait la partie droite ou gauche de la voûte palatine, près de l’os incisif. Rappelons cependant que, peu après la période que nous étudions, Blum constata, chez un malade de l’hôpital Beaujon, une tumeur érectile de la luette, et Bide {Ann. des mal. des oreilles, 1877), un angiome caverneux de cette même luette.
i) Tumeurs malignes du voile
Les néoplasmes malins du voile restèrent fort mal connus pendant toute la période que nous étudions et, bien qu’on ait essayé dès lors de les diviser en sarcomes, épithéliomes et carcinomes, les faits publiés ne justifiaient guère qu’une étude globale sous le titre très compréhensif de cancerl.
A propos du sarcome, nous avons déjà signalé le résultat de l’examen fait par Coyne de la tumeur enlevée par Desprès. Rappelons aussi le fait observé en 1873 par lÉDENAT, lorsqu’il étaitencore interne (Voir thèse de Mont-
1. Boyer, Vidal de Cassis, Velpeau n*en disent quelques mots qu’à ce titre.
TUMEURS MALIGNES DU VOILE
pellier,à l’index). Il s’agit d’un homme de quarante-huit ans, entré le 8 septembre 1873 à l’Hôtel-Dieu, service du docteur Boucaud. Le malade était amaigri et présentait tous les symptômes d’une phtisie avancée. Un an auparavant, on avait constaté, pendant un examen laryngoscopique, l’existence, sur la partie droite du voile, d’une tumeur de la grosseur d’une petite amande qui prit un développement rapide, sans provoquer de vives douleurs, voix nasonnée, déglutition difficile, pas d’adénite. La tumeur était du volume d’une grosse noix, dure, résistante. Surface lisse, muqueuse glissant mal sous les plans sous-jacents. Quelques jours après le malade succombait par suite de tuberculose pulmonaire. Le néoplasme staphylien parut composé, lors de l’examen histologique, d’éléments fusiformes, et çà et là par des zones de tissu eiribryonnaire.
Dans une autre observation recueillie aussi parTédenat, en 1875, dans le service de Valette, à l’Hôtel-Dieu de Lyon, chez un homme de quarante-quatre ans, la tumeur staphylienne avait le volume d’un œuf de poule et datait de six mois environ. Voix nasonnée, déglutition difficile, peu de douleurs, surface lisse, mais muqueuse peu mobile ; quelques ganglions engorgés. Ablation le 8 décembre par le procédé ordinaire. A l’examen histologique, on constata qu’il s’agissait d’un sarcome embryonnaire. Récidive rapide.
Dans le cas de Landmann L le sarcome staphylien s’était développé chez un sujet de soixante-six ans. Evolution rapide. Il entra à l’hôpital pour des manifestations très graves d’asphyxie qui déterminèrent rapidement la mort. A l’autopsie, on constata que la bouche et le