‹ Histoire des maladies du pharynx. Vol. VChapitre 57 sur 137 · RAIGE-DELORME · texte numérisé non relu

RAIGE-DELORME

l’hystérie, de l’hypocondrie, de la mélancolie, des grandes perturbations morales, etc. Raige-Delorme, déjà cité, a écrit un chapitre assez complet sur ce sujet.

Pour expliquer la production du phénomène dans le pharynx et l’œsophage, cet auteur incrimine successivement les lésions des centres nerveux, les névroses telles que l’hystérie et l’épilepsie et enân les sympathies d’autres viscères (nos réflexes), notamment celles de l’estomac. « La dysphagie spasmodique s’observe rarement isolée de tout autre symptôme nerveux. Quelquefois, cependant, elle constitue le seul symptôme de l’hystérie ; mais elle a été précédée ou est remplacée par le spasme d’autres organes. Elle est le phénomène dominant de l’hydrophobie ; elle accompagne les accès épileptiques, et quelquefois le tétanos. Dans certains cas, elle ■dépend de l’irritation ou de l’inflammation du cerveau ou de ses membranes dans les diverses espèces de fièvres dites adynamiques et ataxiques. Le spasme de l’œsophage peut aussi être sympathique d’une inflammation de l’estomac, sans qu’on remarque un état cérébral auquel on puisse le rapporter. Chez un individu qui est mort des suites d’une gastrite chronique, j’ai pu observer cette sorte de dysphagie sympathique. Les aliments ne parvenaient à l’estomac qu’après un certain temps et souvent étaient rejetés par une simple régurgitation ; leur séjour dans l’estomac ne causait qu’une douleur obtuse, un sentiment de distension. Ce phénomène se reproduisait et était plus intense lorsque la gastrite était exagérée par un régime contraire, et que le maladeè’obstinait à prendre des aliments, surtout des aliments excitants. Dans la plupart des cas que l’on cite de dysphagie spasmodique idiopathique, la cause déterminante a agi sur le cerveau ;

TROUBLES NERVEUX DU PHARYNX

c’est ainsi qu’on dit avoir observé cette affection après un emportement de colère, à la suite d’une terreur, ou d’une affection morale triste, après une sensation vive de froid, après un empoisonnement par une substance narcotique, etc. Un exemple curieux de dysphagie spasmodique est cité dans les Annali univ. di médic . , et analysé dans les Archives générales de médecine. Il s’agit d’une jeune fille, hémiplégique depuis son enfance, qui fut subitement prise d’accès épileptiques en mangeant et chez laquelle les moindres tentatives de déglutition occasionnaient aussitôt de semblables accès. Tous les moyens échouèrent. L’emploi du sulfate de morphine, par la méthode endermique, fit seul cesser en quelques heures cette dysphagie ».

L’excellent ouvrage de Romberg sur les Maladies du système nei'veux^ composé vers la même époque que l’article du Dictionnaire précédemment cité, c’est-à-dire vers 1840, est un peu plus explicite sur la question qui nous occupe.

« La difficulté ou l’impossibilité de déglutir survient brusquement ou s’établit d’une façon progressive. Le passage des aliments solides ou même liquide est empêché. Il n’y a pas régurgitation. Le malade est obligé de pousser en bas le bol alimentaire avec un doigt passé dans la bouche, et la salive, qui ne peut plus être avalée s’accumule dans la cavité buccale et s’écoule au dehors. L’ingurgitation des liquides amène des accès de suffocation si le malade, en penchant fortement la tête en arrière, n’est pas parvenu à empêcher l’entrée du liquide dans le larynx. La sonde œsophagienne n’éprouve aucune résistance. Presque toujours la sensibilité est conservée. Le patient sent que la déglutition s’accomplit

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