‹ Histoire des maladies du pharynx. Vol. VChapitre 61 sur 137 · IV. — TEAUMATISMES DU PHARYNX · texte numérisé non relu

IV. — TEAUMATISMES DU PHARYNX

Protégé en avant par la saillie de la mâchoire inférieure et celle du larynx, en arrière par le rachis, sur les côtés par une grande épaisseur de parties molles conte-. nant le paquet vasculo-nerveux du cou, le pharynx est rarement atteint par des lésions traumatiques et, quand celles-ci existent, elles disparaissent, en quelque sorte, au milieu d’accidents morbides beaucoup plus graves, tels que blessures de la carotide, de la jugulaire interne, asphyxie par écrasement de la trachée ou du larynx, etc. ; ou du moins la symptomatologie apparaît très complexe. Aussi c’est dans le chapitre « Plaies du cou » que les ouvrages de chirurgie ou les articles des Dictionnaires décrivent généralement les traumatismes pharyngés, chemin faisant, en mêmetemps que les blessures des organes voisins. Mais on peut élever contre cette façon de procéder les mêmes objections que nous avons mentionnées précédemment à propos des pharyngites secondaires. Le tableau morbide propre aux traumatismes pharyngés ne ressort pas toujours avec une clarté suffisante dans cette peinture d’ensemble et d’ailleurs, dans certains cas, exceptionnels il est vrai, le malade ayant survécu pour des raisons diverses, c’est du côté de la gorge que l’attention du médecin est attirée soit pendant la guérison, soit après celle-ci, lorsqu’il persiste par exemple une fistule consécutive avec ou sans dysphagie, troubles de la voix, etc.

Les traumatismes du pharynx peuvent se produire du

TRAUMATISMES DU PHARYNX

dehors, c’est-à-dire n’atteindre l’organe qn’après avoir traversé une . partie plus ou moins considérable des parties molles du cou, ou agir, au contraire, directement sur la cavité pharyngée. Ils sont dus h des instruments piquants, tranchants, contondants (cornes d’animaux), à des projectiles d’armes à feu ; enfin le lieu où s’est produite la blessure a aussi une grande importance (plaies sus et sous-hyoïdiennes, plaies de parties latérales, etc). Quand lesparois delagorge sontintéressées par un corps étranger tel qu’esquilles d’os, arêtes, on a l’habitude d’étudier les accidents, consécutifs aux petites plaies qui en résultent, dansle chapitre consacré aux corps étrangers en général ou même aux abcès pharyngés d’origine traumatique. Nous nous sommes conformés a cette habitude (voir ^^>cès jjÂa/yng-iens daus le IP et le IV® volume de cet ouvrage).

Nous croyons devoir, cependant, décrire ici les brûlures par acide, faute de pouvoir leur trouver une place plus appropriée. En général, les désordres pharyngés disparaissent devantceux de l’œsophage; mais parfois la partie terminale du premier organe ainsi que le second sont intéressées en même temps, comme il résulte de l’observation suivante due à Bégin. «J’eus récemment l’occasion de voir avec M. Broussais un jeune adolescent qui, par erreur, avait porté avec précipitation dans sa bouche, quelques mois auparavant, une gorgée d’acide sulfurique. Il ne paraît pas que cette substance parvint, néanmoins, en notable quantité dans l’estomac. Les accidents graves produits par la cautérisation de la bouche et du pharynx se manifestèrent et furent heureusement combattus. Mais la fin de la cavité pharyngienne et le commencement de l’œsophage se rétrécirent peu à peu, au point de ne

BRULURES

permettre que l’ingestion d’aliments mous, puis très délayés, puis du lait seulement, et en6n de rendre toute ingestion impossible. Depuis trois jours, lorsque jele vis, le jeune malade ne pouvait, malgré les plus violents efforts, faire franchir à une seule goutte de liquide l’obstacle ; à l’extérieur les parties étaient d’ailleurs saines. A l’intérieur l’inspection des parois pharyngiennes ne laissait rien apercevoir de particulier. Le cathétérisme répété avec des sondeisdeplus en plus grosses a amené un grand soulagement, mais pour combien de temps? »

Les contusions du pharynx sont en général le résultat d’un cathétérisme mal fait de l’œsophage ou bien de tentatives maladroites exécutées pour l’extraction d’un corps étranger. Les quelques faits publiés par lés auteurs dt l’époque prouvent que, quandleslésions sont légères, elles guérissent facilement et sans complication. Si les lésions sontplus fortes, il en résulterait un gonflement consécutif du tissu cellulaire péri-pharyngien, qui pourraitne pas se résoudre et aboutir à la suppuration. L’abcès rétro-pharyngien serait alors le plus fréquent L

Les plaies de dedans en dehors sont produites par un instrument piquant ou contondant poussé à travers la bouche, soit volontairement, soit à la suite d’une chute, le corps étranger étant situé préalablement entre les dents du malade. Fabrice de Hilden, Plater etc. , ont signalé quelques accidents de ce genre (voir le IV® volume de cet ouvrage, paragraphe Aècès péri-pharyngés), que nous avons mentionnés autre part. D’autres fois, il s’est agi d un coup de couteau, d’une canne à épée dontla pointe a passé à travers la brèche et est venue perforer le voile ou se ficher contre la paroi postérieure du pharynx.

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