Voirie II® volume de cet ouvrage
SAPPEY
basée sur la symptomatologie et la thérapeutique mérite encore d’être consultées aujourd’hui.
Dans les deux premiers tiers du xix® siècle, il nous faut d’abord mentionner les progrès que firent accomplir à la question les anatomistes.
Sappey insista, mieuxqu’on ne l’avait fait, sur la disposition en entonnoir de l’organe et montra que cette forme expliquait pourquoi les corps étrangers se retrouvaient surtout dans la partie rétrécie du pharynx c’est-à-dire dans le tiers inférieur.
Tillaux, d’autre part, revenant sur les particularités de la région cricoïdienne, notamment sur la saillie que forme ee cartilage et sur l’existence du bord inférieur du constricteur inférieur jouant jusqu’à un certain point le rôle du sphincter, montra qu’il existait en ce point du pharynx un véritable défilé, oh les corps étrangers s’arrêtent de préférence.
Les particularités que présentent ces sortes d’accidents, quand ils se produisent dans le pharynx, ont surtout été révélées par quelques observations dont nous parlerons plus loin. En général les traités didactiques sont peu intéressants à consulter; car ils se montrent le plus souvent trop sommaires, et, c’est à propos de corps étrangers en général, qu’il faut aller chercher les renseignements désirables ; encore ceux-ci sont-ils englobés dans la description de corps étrangers de l’œsophage, seuls bien dépeints.
Dans le Dictionnaire en 60 volumes, Breschet ne s’occupe uniquement que des corps étrangers de l’œsophage, sur lesquels il fournit du reste des matériaux d’une certaine valeur. Vidal de Cassis et Nélatox se contentent de reproduire assez brièvement les idées de leurs con-
COBPS ÉTRANGERS DU PHARYNX
temporains, et si Begin est un peu plus complet, il n’est guère original. Il faut, comme pour la plupart des ouvrages de l’époque, chercher, çà et là, dans son article commun aux deux organes, ce qui a trait au pharynx et ce qui se rapporte à l’œsophage.
-« Des fragments d’os, des arêtes de poisson, des morceaux de cartilages ou de tissu fibreux, mêlés aux substances alimentaires et avalés involontairement, sont les corps qui s’arrêtent le plus ordinairement dans la partie supérieure du canal alimentaire. On a vu cependant des sujets qui, durant les accès de délire maniaque, se sont introduit dans le pharynx et l’œsophage des cuillers, des fourchettes, des pièces d’argent, des aiguilles, des épingles, des morceaux d’éponges, etc.
U Un sentiment de strangulation, d’embarras ou de piqûre se manifeste aussitôt qu’un corps étranger s’arrête dans les voies de la déglutition. Le malade se livre incontinent à des efforts violents, convulsifs, presque désespérés pour le rejeter ; la respiration est troublée, le visage rougit, se tuméfie^ les yeux deviennent larmoyants, une agitation involontaire, produite par l’effroi plus encore que par la douleur, se manifeste. Mais cet état de désordre s’apaise enfin, soit que le corps étranger se dégage et revienne dans la bouche ou descende vers l’estomac, soit qu’il résiste aux convulsions du pharynx et demeure à l’endroit où il s’est d’abord arrêté. Ces premiers phénomènes sont d’autant plus intenses qü’ils occupent une région du cou plus élevée. On n’observe qu’une douleur plus ou moins vive ou obscure et de la gêne dans la déglutition, lorsque, ayant dépassé les limites inférieures du pharynx, il est arrêté dans la portion thoracique de l’œsophage.