‹ Histoire des maladies du pharynx. Vol. VChapitre 65 sur 137 · BEGIN · texte numérisé non relu

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« Il est des corps étrangers assez volumineux pour fermer la glotte et provoquer une imminente suffocation. Habicot cite le fait d’un jeune homme qui, ayant avalé quelques pièces d’or enveloppées dans un linge et ce paquet s’étant arrêté dans le gosier, fut bientôt en proie aux symptômes les plus graves. Le visage devint noir, enflé et difforme ; la voix et la parole ne pouvaient être exécutées; l’entrée et la sortie de Tair s’accompagnaient d’un râle épouvantable, l’aphyxie était imminente. Habicot eut d’abord recours à la bronchotomie, comme un moyen de satisfaire à l’indication la plus pressée, celle de'rétablir la respiration, et il put ensuite, après la résolution du gonflement, s’occuper de l’extraction du corps étranger qui l’occasionnait. Bard a rapporté l’exemple d’un aliéné qui fut ainsi asphyxié par une éponge, laquelle s’était arrêtée à la partie supérieure du pharynx, et avait sans doute, en se gonflant, oblitéré l’ouverture des voies aériennes.

« Ce danger de la suffocation n’est plus à craindre lorsque le corps étranger a dépassé le niveau de la partie supérieure du larynx. Il peut bien encore gêner la respiration, mais il serait difficile qu’il comprimât, d’arrière en avant, la trachée-artère au point d’y interrompre le passage de l’air.

« Les phénomènes qui succèdent aux premiers accidents déterminés par leur présence dans le pharynx ou l’œsophage varient suivant la forme, le volume et le lieu que ces corps occupent. Abandonnés à eux- mêmes, ils continuent à incommoder le sujet, à rendre la déglutition difficile, à gêner plus ou moins la respiration, jusqu’à ce qu’ils soient ou rejetés par le vomissement ou précipités vers l’estomac, ou poussés directement en dehors en

CORPS ÉTRANGERS DU PHARYNX

divisant et en ulcérant successivement les parois du conduit alimentaire et tous les tissus qui le séparent des téguments.

« On cite quelques exemples de fragments d’os qui, après avoir résisté à toutes tentatives d’extraction, ont provoqué autour d’eux de la suppuration et un relâche-^ ment tels, qu’ils sont redevenus mobiles, ont pu quitter le lieu qu’ils occupaient et s’échapper enfin par un des orifices du canal alimentaire. Dans d’autres cas, des épingles et des aiguilles ont perforé graduellement l’œsophage, et gagné, sans occasionner d’accidents graves, des régions plus ou moins éloignées. Chez quelques sujets, et le mémoire d’Hévin en renferme plusieurs exemples, des abcès formés à l’extérieur dû cou ont donné issue à des corps qu’on avait été obligé de laisser dans les voies alimentaires.

« Mais le résultat de ces efforts éliminatoires est loin d’être toujours également heureux. Gilbert a cité le cas d’un abcès au cou, provoqué par un fragment d’os et qui avait eu une issue funeste ; Corby a vu périr un autre sujet par le même accident. »

L’article de Boyer est assez complet sur la question et s’iltraite surtout des corps étrangers del’œsophage, ceux du pharynx ne sont point tout à fait oubliés non plus, ainsi qu’on và le voir. Toute substance alimentaire ou autre, arrêtée dans l’œsophage, est regardée comme corps étranger.

« Parmi ces corps étrangers, les uns doivent à leur volume, les autres à leur forme, leur séjour dans ce canal. Quelques-uns s’y implantent; et, s’ils sont très aigus et très minces, il arrive quelquefois qu’ils sont transportés au loin, qu’ils parviennent même jusqu’aux

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