‹ Histoire des maladies du pharynx. Vol. VChapitre 66 sur 137 · BOYER · texte numérisé non relu

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téguments. Les corps étrangers s’arrêtent souvent au bas du pharynx ou au commencement de V œsophage, quelquefois au-dessus du diaphragme et rarement dans le milieu de l’œsophage.

« Ces corps présentent des variétés relatives à leur volume, à leur forme et à leur nature. On a vu une cuiller, une fourchette, des ciseaux, une clef, un œuf de poule durci par la chaleur et dépouillé de sa coque, un obturateur du palais, etc., porté dans l’œsophage, s’y arrêter et produire des accidents plus ou moins graves. Dans d’autres cas, des corps moins volumineux, une châtaigne, un os de mouton, une bague, un jeton, des pièces de monnaies y sont également arrêtés. On a vu des corps beaucoup moins gros encore, tels que des noyaux de prunes, des grains de plomb, des épingles, des aiguilles, des arêtes de poissons, etc., y rester engagés. Mais, le plus souvent, les corps qui ne peuvent franchir l’œsophage sont des substances alimentaires avalées avec trop de précipitation, en trop grande quantité, ou sans avoir été suffisamment divisées par la mastication. Sous le rapport de la figure, les corps étrangers arrêtés dans l’œsophage varient beaucoup ; les uns sont ronds et lisses, comme les boules d’ivoire, de verre, etc., les autres sont inégaux et garnis d’aspérités, comme des fragments d’os, ou pointus comme des arêtes de poisson, des épingles, etc. Ces corps ne varient pas moins relativement à leur nature ; les uns sont mous et spongieux comme de gros morceaux de chair, de fruits, de pain ; les autres sont durs, tels que des pièces de monnaie, des noyaux de fruits, des cailloux, etc. ; enfin il y en a qui sont libres et d’autres qui sont engagés dans les parois du pharynx ou de r œsophage.

CORPS ÉTRANGERS DU ^PHARYNX

Cf Une doiileur locale, continuelle ou intermittente, des nausées, des efforts pour vomir, violents et convulsifs, l’impossibilité ou une très grande difficulté pour avaler, la tuméfaction et la rougeur du visage, tels sont les symptômes qui annoncent la présence d’un corps étranger dans l’œsophage. Mais ces symptômes et les suites de l’accident présentent des différences qui naissent du volume, de la figure du corps étranger et du lieu qu’il occupe. Un corps très volumineux, arrêté dans le pharynx, peut suffoquer sur-le-champ, en bouchant exactement l’entrée du larynx. On a des exemples de suffocation produite par un gros morceau de viande, un œuf entier, par une châtaigne, une poire, etc. Si le corps étranger franchit le pharynx et s’arrête dans l’œsophage, il peut aussi intercepter la respiration et causer la suffocation en comprimant la trachée-artère. Mais alors le danger est moins imminent que dans le premier cas. Les corps qui ont peu de volume ne nuisent point à la respiration, mais ils gênent la déglutition et ne permettent que le passage des. liquides. Ceux qui ont des inégalités causent des déchirements, d’où résultent un saignement plus ou moins considérable et une douleur locale vive qui subsiste même après que le corps étranger s’est déplacé. Cette dernière circonstance mérite d’autant plus d’attention qu’elle pourrait faire croire qu^e ce corps est encore dans l’œsophage et faire entreprendre, pour l’en chasser, des manœuvres qui donneraient lieu peutêtre à des accidents graves. Les corps étrangers pointus et fichés dans les parois du pharynx ou de V œsophage les traversent quelquefois et sont portés au loin par leur poids et surtout par l’action des parties; ils peuvent alors sortir par la peau ou par des ouvertures naturelles, sans

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