‹ Histoire des maladies du pharynx. Vol. VChapitre 67 sur 137 · BOYER · texte numérisé non relu

BOYER

avoir causé d’accident; quelquefois ils donnent lieu à des abcès. La lésion des parois du pharynx et de l’œsophage par des corps étrangers arrêtés dans ces conduits a rarement des suites fâcheuses, surtout quand on n’a pas fait de tentatives imprudentes pour les retirer ou pour les enfoncer dans l’estomac. Quelquefois cependant, cette lésion a été suivie de l’engorgement squirrheux des parois de l’œsophage et d’une dysphagie mortelle. Une demoiselle de cinquante ans, mangeant d’une carpe, en avala une arête qui, s’étant fixée au bas de la gorge, causa de la difficulté pour avaler. Cette incommodité fut supportable d’abord, mais elle augmenta et devint si forte que les aliments et les boissons que la malade prenait, surtout dans les deux ou trois derniers mois de sa vie, ne passaient pas le bas de la gorge ; elle les rejetait environ une demi-heure après les avoir pris, en faisant des efforts très violents et presque jusqu’à étouffer. Réduite à ne prendre qu’une très petite quantité d’aliments liquides, la malade pei-dit ses forces, tomba dans le marasme et mourut d’épuisement au bout de quatorze mois. A l’ouverture du corps, Littré^ trouva que l’œsophage, depuis son commencement jusqu’à sept ou huit lignes au-dessous, était d’un quart plus gros que de coutume et, dans le reste jusqu’à l’estomac, plus mince de moitié de son épaisseur ordinaire. En examinant extérieurement la partie tuméfiée de ce conduit, Littré sentit qu’elle était dure, solide et inégale; l’ayant ouverte, il observa une grosseur qui occupait presque tout le contour du conduit, était d’une substance d un blanc grisâtre, située en partie entre la membrane intérieure et les fibres charnues, et en partie parmi les mêmes fibres.

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