VI. — ANGINE GANGRENEUSE
Avant Bretonneau, on faisait jouer un rôle considérable au sphacèle guttural. On lui attribuait la totalité de la diphtérie bucco-pharyngée et on supposait qu’elle était fréquemment l’aboutissant des phlegmasies pharyngées à caractère inflammatoire suraigu 3.
1. Voir volume IV, p. 302. — 2. Cas de Gubler déjà signalé, cas de Labbé, p. 278, cas de Fenestre, p. 281, cas de Laborde, p. 282, cas de Piban Dufeilly, p. 283, cas de Trousseau vu avec Nélaton, p. 287, cas de Cornil, p. 295, volume IV, etc. — 3. Voir Diphtérie, volume II, et aussi le volume IV, p. 337, Gangrène et Généralités, p. 343; Diphtérie, époque antérieure à Bretonneau.
EXPOSÉ SYNTHÉTIQUE
Avec l’école de Tours, l’angine gangreneuse subit une éclipse véritable. Les investigations cadavériques ayant prouvé que la muqueuse était intacte, en apparence, audessous des lausses membranes en état de fonte putrilagineuse^ on alla si loin dans la voie de la réaction, qu’on dénia toute exactitude aux assertions contraires des meilleurs cliniciens des périodes précédentes. C’est en vain que Delaberge et Monneret^ s’efforcèrent de réagir contre ces fâcheuses tendances. Ils ne furent pas écoutés. Cependant, à la longue, on dut bien reconnaître que le sphacèle se rencontrait parfois à la gorge ^ comme dans les autres points de l’économie ; on en fit le résultat non d’une inflammation spéciale mais un accident ultime achevant de frapper de mort des lésions à vitalité déjà profondément altérée, c’est-à-dire qu’on le considérait comme un processus tout à fait secondaire survenant par exemple au cours des fièvres exanthématiques, de la fièvre typhoïde, etc. Rilliet et Barthez^ furent les protagonistes de ces conceptions nouvelles. Avec Becquerel, on semble revenir un peu aux idées anciennes ; car son mémoire bien connu tend à démpntrer que la diphtérie^ peut positivement se compliquer de gangrène.
La terrible épidémie de 1855 permit aux anatomo-pathologistes de constater que cette dernière n’était même pas aussi exceptionnelle que l’avait affirmé Trousseau ; mais ici encore, comme pour l’angine érysipélateuse, comme pour l’angine herpétique, c’est à Gubler^ qu’il
1. Voir p. 359, 492, 312, volume IV. — 2. Voir p. 314, volume IV. Ces auteurs, du reste, ne s’étaient appuyés, il faut bien le dire, que sur des conceptions tirées de l’ancienne médecine qui conséquemment portaient peu sur les contemporains. — 3. Voir les cas de Constant et de Boudet, P- 314-315, volume IV. — 4. Voir p. 315, volume IV. — 5. Voir p. 318, volume IV. — 6. Voir p. 324, volume IV.