‹ Histoire des maladies du pharynx. Vol. VChapitre 98 sur 137 · Voir volume IV, p · texte numérisé non relu

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ANGINE DIPHTÉRIQUE

ce serait surtout le cantonnement Aw mal dans le pharynx. On verrait bien, il est vrai, l’afiection gagner les fosses nasales, mais elle n’envahirait pas la zone regardée comme dangereuse, c’est-à-dire le larynx. Les fausses membranes, tout en pouvant être assez abondantes pour tapisser parfois la cavité gutturale presque tout entière, se propageraient cependant avec plus de lenteur que d’ordinaire. Elles seraient plus blanches, plus compactes, plus adhérentes que dans les formes précédentes. Leur durée ne serait pas sensiblement moindre qu’habituellement, souvent même elles persisteraient plus longtemps. Les phénomènes réactionnels, tels que dysphagie, chaleur dans la gorge, seraient ceux d’une angine ordinaire ; et, bien que l’abattement, la prostration soient moins marqués que dans la diphtérie commune, ces phénomènes existeraient ici également jusqu’à un certain degré.

Diphtérie à allure angine simple. — Dans les foyers épidémiques nettement circonscrits, où la transmission peut bien être étudiée, par exemple dans les foyers familiaux, certains auteurs crurent avoir constaté, parmi les cas d’angines pseudomembraneuses typiques, d’autres faits, beaucoup plus rares, il est vrai, où les dépôts fibrineux semblaient faire défaut, malgré l’existence incontestable d’autres symptômes diphtériques. Etait-ce une pseudoangine vulgaire relevant en réalité du fléau et se cachant, pour ainsi dire, sous des traits empruntés? Trousseau n’hésita pas à se prononcer pour l’affirmative ; il soutint même, et avec raison, que ces inflammations suspectes du gosier pouvaient parfaitement transmettre l’affection.

Complications. — Le coryza et la laryngite sont des traits si habituels de la maladie que les auteurs n ont pas

EXPOSÉ SYNTHÉTIQUE

cru devoir les considérer comme des complications proprement dites; mais il n’en est pas de même de certaines manifestations morbides. Pour leur exposition, nous suivrons l’ordre chronologique de leur découverte.

Les hémorragies multiples'^, signalées depuis le XVII® siècle, furent assez fréquemment mentionnées, au cours de certaines épidémies, par nos prédécesseurs immédiats. Ainsi Roche^ et plus tard Monneret^ soutinrent même que le mal était toujours hémorragique et que les fausses membranes ne leur semblaient nullement le résultat d’une exsudation, mais le reliquat d’une couche de sang épanchée en nappe, dont seule la partie fibrineuse aurait subsisté^. Puis, on compara ces hémorragies à celles de certaines formes graves de la variole, de la scarlatine, de la rougeole, de la fièvre typhoïde, delà peste, et on les attribua, comme dans ces pyrexies, à un état dissous du sang. Peter insista sur ce fait qu’elles constituaient un des attributs caractéristiques de la diphtérie maligne, secondairé ou non.

Les troubles nerveux graves, non paralytiques, des variétés septiques de l’affection, plus ou moins semblables au garotillo des auteurs espagnols, sont également de connaissance ancienne (carphologie, somnolence, délire violent, etc.).

Les localisations anormales àvL fléau, telles que celles de la peau », des organes génitaux de l’anus des yeux des oreilles furent signalées principalement par Trousseau,

1. Voir, en outre des auteurs cités, Bretonneau, Roche, Trousseau, Gervais, volume IV, p. 528. — 2. Principalement par Trousseau, par- Peter, par Milliard, etc. — 3. Voir volume IV, p. 401. — 4. A cause de 1 adhérence de cette substance. — 5. Voir Bretonneau, volume IV, p. 316. — Trousseau, p. 412 (id.). — 6. Voir volume IV, p. 424 et p. 36h (cas de Bourgeois). — 7. Voir volume IV, p. 365, 377, 425. — 8. Voir volume IV, p. 534.

ANGINE DIPHTÉBIQUE

qui les étudia très complètement pendant l’épidémie d’Indre-et-Loire, en 1828. Rappelons pourtant que Bourgeoise et Lespine signalèrent avant lui celles de l’anus, que Bourgeois mentionne l’envahissement de l’oreille par le conduit, dès 1825. Mais, bien que les Français aient à plusieurs reprises parlé de ces propagations otiques, leurs mentions sont si brèves que l’honneur de les avoir décrites paraît en revenir aux Allemands, c’est-à-dire à Troelsch, Wreden et Wendt. La conjonctivité diphtérique, si grave, a été entrevue par de Graefe père, puis par le Français Magne, qui en fit une maladie locale. Peter', beaucoup plus exact et plus explicite, en donna ensuite une description assez bonne, en 1863.

\J albuminurie de l’angine pseudomembraneuse, étudiée d’abord en Angleterre par Wade puis, en France, par Abeille ^ et Germain Sée fixa de bonne heure l’attention des praticiens, qui espérèrent y trouver un signe différentiel. La clinique et les recherches des anatomopathologistes démontrèrent que les lésions rénales qui la déterminent étaient en somme le plus souvent très légères. Suivant Collendreau elle surviendrait à toutes les périodes du mal, même pendant la convalescence. D après quelques auteurs, elle résulterait de l’asphyxie ; GublerS l’expliquait par une dénutrition exagérée, mais 1 idée d une néphrite catarrhale ne tarda pas à être acceptée. Lewin, Barbosa, Bergeron, Mangin, etc., lui attribuaient une certaine valeur au point de vue du pronostic, mais cette opinion ne fut pas confirmée, parce qu on nota bientôt l’apparition de l’albuminurie dans des cas

1. Voir volume IV, p. 535. — 2. Voir volume volume IV, p. 560. 4, Voir volume IV, P. 560. p. 565. ’

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