Voir Voir volume IV
EXPOSÉ SYNTHÉTIQUE
très légers. Quant à l’abondance du précipité albumineux, on le considérait comme étant des plus variables.
U endo car dite 'intàécvite pour la première fois par Bridger John, de Cletenham en 1864, En France, Labadie- Lagrave^ revint sur cette complication en 1871 et en exagéra un peu la fréquence.
La myocardite graisseuse ^ avait été signalée de bonne heure par les anatomo-pathologistes, qui l’avaient rencontrée souvent (steatose du cœur) au cours de leurs autopsies.
La thrombose cardiaque'^, considérée comme expliquant la mort subite au cours de la diphtérie, fut signalée par Winckler. Elle fut l’objet d’un grand nombre de travaux, parmi lesquels l’excellente monographie de Robinson- Beverley.
La péricardite^, exceptionnelle du reste, fut mentionnée assez tard et d’une façon insuffisante.
La paralysie diphtérique fut entrevue par quelques auteurs des siècles précédents^ (Heredia, Herrera, Ghisi, Chomel l’ancien, Samuel Bard). Au début du xix® siècle, Sédillot jeune en publia une assez bonne observation; d’autre part, Bourgeois^^ et surtout Orillard^ en citèrent des exemples bien authentiques. Néanmoins, l’attention ne fut attirée sur ce point que par le mémoire de Trousseau et de Lasègue 10 sur la paralysie staphylienne, en 1851. Ces auteurs ne pensèrent pas du reste à un trouble nerveux èt attribuèrent les phénomènes observés à des alté-
1. Voir volume IV, p. 567. — 2. Voir Collendreau, volume IV, p. 568. — 3. Voir Collendreau, volume IV, p. 568. — 4. Voir volume IV, p. 569. — 5. Voir volume IV, p. 570. — 6. Voir volume 11, article Diphtérie, période espagnole et italienne, xvii” siècle, et volume IV, p. 574. — 7. Voir volume IV, p. 575. — 8. Voir volume IV, p. 372, l’observation d’Allard. — 9. Voir volume IV, p. 573, note. — 10. Voir volume IV, p. 577. Lasègue continuera à maintenir son opinion.
ANGINE DIPHTERIQUE
rations musculaires. Peu après, Morisseau i publiait des faits identiques ; il traita et guérit les symptômes observés par le courant continu. Mais c’est la thèse de Maingault- qui secoua l’apathie générale sur ce sujet. Ilattribua les symptômes parétiques à des lésions vraisemblables des nerfs du voile, tout en regardant comme possible parfois l’hypothèse des altérations musculaires. En 1855, Trousseau 3, dans une brillante leçon, résuma l’état de la question, et, utilisant les travaux de Maingault, montra que la paralysie était loin de se localiser toujours au voile, et qu’elle avait souvent au contraire une tendance à se disséminer dans tout l’organisme. 11 signala les troubles concomitants de la sensibilité et parla le premier de l’amaurose diphtérique, qu’il avait observée chezune jeune américaine. Dès lors, les communications se multiplièrent en grand nombre^. On admit bientôt qu’il s’agissait d’un accident de convalescence^, que celui-ci survenait dans toutes les formes de diphtérie, même les plus légères^, que ses localisations étaient très diverses et pouvaient même envahir certains organes, tels que l’œil et le larynx, tout en respectant les muscles de la vie organique, qu’il s’agissait plutôt d’une parésie que d’une paralysie véritable, et que ces troubles moteurs en définitive finissaient par disparaître au bout d’un temps plus ou moins long. Leur gravité fut d’autre part démontrée par quelques cas de morts et aussi par la longue durée et l’intensité des accidents chez quelques malades'^.
1. Voir volume IV, p. 581. — 2. Voir volume IV, p. 582. — 3. Voir volume IV, p. 584. — 4. Voir volume IV, p. 585, la communication de Faure. — 5. Maingault insiste beaucoup sur cette particularité, indiquée par Trousseau. — 6. Voir, à ce sujet, la thèse de Pératé, qui en outre étudie, remarquablement pour l’époque, la diphtérie nasale et l’amblyopie visuelle. — 7. Pour la clinique, le mémoire de Maingault
EXPOSÉ SYNTHÉTIQUE
Quelle était l’origine de ces phénomènes d’allure si particulière? Trousseau et ses élèves soutinrent que la diphtérie devait être incriminée et qu’il s’agissait en somme d’une paralysie spécifique. Cette opinion ne fut pas adoptée par Gublerh II essaya de démontrer que les paralysies vélaires par exemple se retrouvaient dans des angines nullement pseudomembraneuses, et il compara les phénomènes en question à ce qu’on observe quelquefois au cours de certaines maladies, telles que la pneumonie et la fièvre typhoïde. Il les attribua non seulement à une asthénie profonde, mais à une inaptitude à conduire les impressions ou les excitations motrices. Néanmoins, l’idée d’une lésion nerveuse s’imposa bientôt de plus en plus. Germain Sée ^ conclut, à cause de la dissémination des troubles observés, que le bulbe devait être atteint. L’observation célèbre de Vulpian ^ prouva que la diphtérie pouvait intéresser les nerfs, puisque ceux du voile étaient, dans son cas, atteints d’une névrite assez marquée.
Marche. — L’irrégularité de l’évolution, l’absence en un mot d’une marche cyclique fixa bientôt l’attention des observateurs. Empis ^ reconnut franchement que rien ne rappelle ici l’allure de la pneumonie et que la durée du, mal, par exemple, n’est nullement fixée, bien qu’elle ne dépasse guère deux ou trois semaines, sauf dans quelques faits où elle se prolonge longtemps et devient presque chronique, éventualité qui du reste serait tout à fait exceptionnelle. Trousseau 3, et ceux qui furent ses contempo-
fixe, en quelque sorte, l’état de la science sur ce point, voir volume IV, p. 595, l’analyse de celui-ci. Consulter aussi les cliniques de Trousseau, voir- volume IV, p. 692, ou des passages en sont rapportés. — 1. Voir volume IV, p. 612. — 2. Voir volume IV, p. 617. — 3. Voir volume IV, p. 618. — 4. Voir volume IV, p. 434. — 5. Voir volume IV, p. 434 et aussi 484.
AKGINE DIPHTÉRIQUE
rains et ses successeurs immédiats, ont signalé avec soin les poussées successives ; ils ont mentionné aussi les exacerbations subites qui transforment en une très mauvaise forme un cas qui d’abord semblait léger. Du reste, on savait que l’allure et la gravité des accidents et leur prolongation dépendaient beaucoup de Tenvaliissementdu larynxouaucontrairedu cantonnementdumal dansla cavité pharyngée. Un autre facteur des plus importants à considérer à ce point de vue, c’est-à-dire l’existence ou l’absence d’une diphtérie maligne, fut parfaitement mise en relief dès la terrible épidémie parisienne de 1855. A cette époque, Trousseau ^ distingua, comme nous l’avons dit précédemment, une variété hypertoxique, foudroyant les malades en deux ou trois jours. Enfin, la marche anormale et l’allure insidieuse de la diphtérie secondaire fut parfaitement élucidée, d’abord par Rilliet et Barthez puis par Peter 3.
Pronostic. — Le pronostic se basa d’abord, du temps de Bretonneau, sur l’existence ou l’absence de troubles mécaniques de la respiration, c’est-à-dire sur l’existence ou non d’une laryngite. Plus tard, à partir de 1855, on tint le plus grande compte de la malignité de la diphtérie. Enfin, quand les complications furent mieux connues, les cas de mort subite ou de paralysies en pleine convalescence firent établir des réserves formelles, même quand les fausses membranes semblaient avoir complètement disparu. Du reste, Trousseau avait insisté beaucoup sur la lenteur avec laquelle le malade se remettait^ et sur les dangers sérieux de l'inanition chez des sujets qu’on croyait tirés définitivement d’affaire. Bien entendu, la
1. Voir volume IV, p. 497. — 2^. Voir volume IV, p. 469. — 3. Voir volume IV, p. 539. — 4. Voir cliniques de rHôtel*Dieu, article Diphtérie.
EXPOSÉ SYNTHÉTIQUE
diphtérie secondaire, survenant dans un organisme épuisé^ fut regardée comme d'un très mauvais augure, supposition que ne justifiaient que trop les événements.
Diagnostic. — L’existence d’un foyer épidémique, les circonstances où se développait le mal constituaient naturellement un des éléments les plus sérieux du diagnostic, ainsi que l’existence de fausses membranes. Si celles-ci avaient l’air de s’étendre, si leur aspect était un peu grisâtre, si elles se détachaient assez facilement, mais pour récidiver aussitôt, le diagnostic n’était plus hésitant. Dans les cas douteux, on insistait beaucoup sur l’insidiosité des symptômes généraux, sur la teinte plombée, l’abattement et surtout sur la présence de l'adénite. On ne connaissait d’ailleurs que deux angines blanches capables réellement d’en imposer, l’herpès de la gorge et l’angine pultacée. Le premier était distingué habituellement par la présence d’un herpès labial, par la violence de la réaction symptomatique, par la blancheur et l’adhérence plus marquées, que celles de la diphtérie, de ses fausses membranes bien moins envahissantes. Quant à l’angine pultacée, le dépôt blanchâtre présentait, disait-on, une consistance grumeleuse facile à détacher, bien localisée d’habitude aux amygdales ; enfin les circonstances spéciales de son début, telles que l’existence d’une scarlatine, étaient regardées déjà comme un signe de présomption. Mais ce qui compliqua beaucoup les choses, c’est la connaissance plus exacte de la diptérie secondaire. Dès lors, dans la scarlatine par exemple, faute de critérium bactériologique, on dut s’en tenir au flair clinique, ou mieux, à la marche ultérieure des accidents.