SYSTÈME DES GAZ
magie, et d'opinions absurdes sur l'influence des planètes; de l'uroscopie , des sympathies , et des agens infernaux ?
Les successeurs de Paracelse achevèrent d'établir le règne des doctrines chimiques. Ils ne virent dans les émanations marécageuses que des vapeurs sulfureuses et salines. Telle fut aussi la doctrine de Ramazzini , qui croyait que ces molécules coagulaient le sang. A cette erreur succéda celle de la putréfaction des liquides animaux, occasionnée dans le voisinage des marais par la chaleur etpar l'humidité. Cette hypothèse a régné jusqu'au jour de la destruction tardive de l'humorisme. Frédéric Hoffmann prétendait que les émanations marécageuses augmentaient la densité de l'air, détruisaient son énergie, de même que son élasticité , et le rendaient impropre à l'hématose. Suivant lui, un ralentissement remarquable de la circulation , des sécrétions et des excrétions , est la conséquence de ces qualités de l'atmosphère j et ces effets , réunis à l'épaississement et à la coagulation du sang, produisent l'accumulation dans l'économie animale d'une quantité considérable d'humeurs disposées à se putréfier. Il n'est plus besoin de réfuter cette théorie.
§ 3. Système des gaz. Alexandre Volta était auprès du lac Majeur j il agita avec un bâton la surface de l'eau , et observa aussitôt un dégagement abondant de bulles formées par un gaz dont il se rendit maître facilement, en l'enfermant dans une carafe renversée. Ce gaz brûlait avec lenteur, et sa flamme avait une belle couleur bleue. Volta continua
ses expériences; il vit que les fonds marécageux, qui dégageaient le gaz en plus grande abondance , se composaient d'un amas de plantes putréfiées , mélangées avec une terre visqueuse et légère : toute eau stagnante , dans laquelle existent des matières végétales et animales , en recèle une quantité considérable. Notre observateur enfonça sa canne avec violence dans un lieu couvert de plantes putréfiées , la retira soudain, et plaça immédiatement au devant du trou la lumière dune bougie. Aussitôt une flamme bleue jaillit; l'une de ses extrémités s'élevait dans l'air; l'autre plongeait dans le fond de l'ouverture nouvellement formée. Ce gaz fut appelé air inflammable , ou natif des marais. L'étude du gaz fit connaître qu'il n'était pas de l'hydrogène pur. Fourcroy avertit que le gaz qui se dégage abondamment des couches de charbons fossiles humectés ou exposés à l'air , des végétaux pourris au fond des eaux stagnantes, des étangs, des marais, des terrains tourbeux, contenait plusieurs substances diverses en dissolution, et offrait beaucoup de variétés dans ses propriétés , suivant le nombre et la proportion de ces substances. Les expériences de Volta furent suivies d'autres expériences, et la connaissance des gaz fit en peu d'années de rapides progrès.
Lorsqu'on agite la vase des marais et des étangs marécageux, beaucoup de bulles se dégagent du sein des eaux; c'est un gaz composé d'acide carbonique , d'azote, d'hydrogène carburé, et quelquefois d'oxigènc. Le phosphore, chauffe doucement dans ce mélange, absorbe l'oxigènc; l'eau de potasse en-