MARAIS DE LA FRAIVCE
dont ses inutiles fortifications étaient environnées. Louis XV d onna à la ville les remparts et les bastions; on les détruisit , et leur sol , ainsi que celui des fossés , fut converti en beaux et utiles jardins. Depuis cette époque , Bourg est un séjour fort sain, fort agréable ; l’air y est doux; peu de villes ont des promenades aussi belles : elle est recherchée des étrangers ; son hôpital est fort bien tenu , fort bien administré ; je l’ai vu pendant l’automne ; ses lits étaient presque tous occupés par des malades venus de la Dornbe marécageuse. Interrogés sur la nature de leurs maux, tous m’ont répondu : fai la fièvre.
Les bourgs et petites villes de la Bresse, qui souffrent le plus du voisinage des eaux stagnantes, sont situés au centre. Voici leurs noms : Villars , Marlieux, St-Paul , et à peu de distance Cbatillon, St-Trivier, St-Nizier, fort bien surnommé le désert. Trente à quarante chaumières forment une petite ville ; un village se compose de trois ou quatre habitations éparses et mal tenues. On voit peu de fermes dans la campagne; beaucoup de grands domaines sont des étangs. Comme la dépopulation de ce pays malheureux a marché avec une rapidité extraordinaire depuis un demi-siècle , on a cessé d’y construire , et les anciens édifices sont tombés en ruines. Celui qui voyage pour la première fois dans la Bresse, est étonné du misérable état de villes , dont le nom est inscrit en grosses lettres sur les anciennes cartes de la province. On dit que les armées alliées y ont été trompées en i8i4; Pnne d’elles envoya un détachement considérable occuper la route et la soi-disant