MARAIS DE LA FRANCE
porte est im vaste hassin peu incliné, dont le fond est un mélange de débris organiques, d’un sable fin et d’argile : c’est là que se rassemblent les eaux pluviales : elles ne peuvent s’infiltrer dans un terrain presque imperméable; des digues rendent leur écoulement impossible. Ainsi retenues, elles cbargent l’atmosphère de brouillards épais et infects, et contribuent à la formation d’orages fréquens, qui exercent de grands ravages dans ces champs infortunés, foulés par une population misérable. L’habitant de ces tristes lieux souffre dès sa naissance , et montre , pendant les premiers jours de sa vie, la profonde empreinte de l’insalubrité du climat. A peine a-t-il quitté la mamelle, qu’il languit et maigrit; une couleur jaune teint sa peau et ses yeux; ses viscères s’engorgent; il meurt souvent avant d’avoir atteint sa septième année. A-t-il franchi ce terme , il ne vit pas , il végète ; il reste cacochyme, boursoufflé , bydropique, sujet à des fièvres putrides malignes, à des fièvres d’automne interminables , à des hémorragies passives, et à des ulcères aux jambes, qui guérissent fort difficilement. Se défendant à peine contre ces maladies qui l’assiègent souvent toutes à la fois, et qui font de sa vie une longue agonie , l’habitant de la Brenne parvient à sa vingtième, ou a sa trentième année. Déjà la nature rétrograde, les facultés s’affaissent, et, communément, l’âge de cinquante ans est le dernier terme de ses jours. Ainsi passent rapidement plusieurs générations. Cependant la population conserve à peu près le même équilibre; on s’v marie de bonne heure , et le veuvage n’y est pas