‹ Histoire des marais, et des maladies causées par les émanations des eaux stagnantes. Ouvrage qui a obtenu le prix mis au concours par la Société Royale des Sciences, Belles-Lettres et Arts d'OrléansChapitre 16 sur 99 · SOLOGNE · texte numérisé non relu

SOLOGNE

long. Il n’est pas rare de voir des hommes ou des femmes de trente à quarante ans, mariés pour la troisième ou la quatrième fois. Trois frères nommés Dupont , dont l’un est veuf, ont épousé quinze femmes. La certitude de trouver des logemens vacans, et des domaines à exploiter, attire dans cette misérable contrée des familles étrangères; des journaliers , des serviteurs à gages s’j transportent ; ils s’y marient, ils s’y fixent, et c’est ainsi que se résout ce problème : comment une terre aussi inhospitalière n’est-elle pas dépeuplée ? le moral suit l’état du physique. Le laboureur trace péniblement et tristement son sillon; le compagnon de ses travaux l’est aussi de sa tristesse. Les animaux et les végétaux sont également d’une complexion faible et petite, rabougris, rachitiques et peu vivaces.

La Sologne est un bassin d’un million d’arpens ( deux cent cinquante lieues carrées ) d’étendue , qui occupe une partie considérable des départemens du Loiret, de Loir-et-Cher et du Cher; elle se compose de l’arrondissement de Romorantin en entier, de la moitié de celui de Blois, d’une partie considérable de ceux d’Orléans et de Gien, et s’étend auprès d’Henriebemont : c’est un sol d’atterrissement d’une grande étendue , fort mal cultivé, et très peu productif. M. Bigot de Morogues le présente comme un vaste terrain de transport , formé en grande partie des débris de montagnes de calcaire marin, de grès et de schistes long- temps mus et lavés par les eaux. On y voit, sur quelques-uns, des silex venus des montagnes calcaires , des em-

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