‹ Histoire des marais, et des maladies causées par les émanations des eaux stagnantes. Ouvrage qui a obtenu le prix mis au concours par la Société Royale des Sciences, Belles-Lettres et Arts d'OrléansChapitre 31 sur 99 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

Voies et introduction des émanations marécageuses dans t économie animale.

I.ES émanations marécageuses tenues en dissolution dans la vapeur d’eau que l’atmosphère contient, sont déposées sur les parties nues de la peau et des membranes muqueuses , reçues avec l’air par les poumons , et enfin introduites avec les alimens et Pair dans les voies gastriques. Ordinairement leur action n’est pas immédiate ; elles sont absorbées et

98 ABSORPT. DES EMANAT. MARÉCAGEUSES, ce n’est qn’après qu’elles l’ont été , que divers désoréres se manifestent dans l’économie animale. La sympathie paraît étrangère à leur influence sur nos appareils organiques.

Johnson paraît c]is])osé à croire que les émanations marécageuses agissent par l’intermède de l’estomac , qui les reçoit avec la salive et les alimens. Il admet cependant aussi qu’elles pénètrent dans l’économie animale par les voies pulmonaires ; enfln, considérant avec quelle promptitude elles avaient causé un délire violent et la fièvre, il pense qu’elles affectent directement aussi le système nerveux. Mon opinion sur ce point , c’est que les émanations marécageuses ne pénètrent pas dans l’économie animale exclusivement par telle ou telle voie, mais qu’elles y sont reçues par toutes les surfaces de rapport, et d’une manière spéciale par les voies pulmonaires. Je crois qu’on ne peut admettre dans nos climats tempérés, l’action directe des émanations marécageuses sur le système nerveux, à l’exception des cas ou une grande multitude d’hommes séjourne aup>rès d’un marais. Cependant si cette action n’est point ordinaire, elle n’est pas impossible. Les émanations marécageuses sontdesparticulesdélétères, un poison véritable; il peut dans quelques cas exercer sur le système nerveux une action spéciale, en même temps qu’elle est primitive. Dans les autres, ce svstème est bien aussi affecté dès le principe de la maladie; mais la modification pathologique éprouvée par l’organisme, passe des nerfs à une surface de rapport, qui est ordinairement, mais non toujours, la mem-

INCUBAT. DES EMANAT. MARÉCAGEUSES. 99 Lrane muqueuse gastro-intestinale. Là s’établit un état morbide, appelé des noms de fièvre et d’iiTb tation à exaspération périodique. Lorsque cette maladie s’est constituée , l’organe qui en est le siège réagit sur d’autres appareils organiques, et spécialement sur le système nerveux.

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