‹ Histoire des marais, et des maladies causées par les émanations des eaux stagnantes. Ouvrage qui a obtenu le prix mis au concours par la Société Royale des Sciences, Belles-Lettres et Arts d'OrléansChapitre 37 sur 99 · ORDRE IL · texte numérisé non relu

ORDRE IL

De V action pathologique des émanations marécageuses.

L’action pathologique des modificateurs de l’organisme est, dans les pays marécageux, l’exagération de leur action physiologique. Mais comment faire leur part respective? quel est celui d’entre eux qui produit plus spécialement la maladie ? tous contrihuent, quoique à des degrés différens, aux spécialités que la constitution physique de l’homme présente auprès des eaux stagnantes , mais l’un d’eux est plus particulièrement que les autres une cause de désordres durables des fonctions : j’ai désigné les émanations marécageuses.

Un voyageur a passé quelques heures aux alentours d’un marais, il est saisi peu de jours après s’être éloigné de ce lieu, d’une fièvre rémittente;

DES E^MANATIOrsS MARECAGEUSES. l35 quelques individus sont conduits par ie hasard dans le voisinage d’un e'tang fangeux, et bientôt l’un d’eux est atteint de céphalalgie et de délire, l’autre d’eniharras gastrique, celui-là d’une dysenterie, celuici d’une irritation à exaspération périodique ; une année a campé pendant une partie d’un jour auprès d’une masse d’eaux stagnantes, des pyrexies à exacerbations régulières frappent un grand nombre de soldats ; un vaisseau s’arrête auprès d’une côte marécageuse, la fièvre rémittente s’établit à son bord : assurément , dans ces circonstances, la cause déterminante du trouble morbide des foiu tions n’est autre chose que les énianations marécageuses. Il ne peut pas être question dans ces cas de l’influence du sol, des eaux, des lieux, des alimens, des habitudes. Ici les particules délétères tenues en suspension dans l’air, bouleversent l’économie animale à la manière d’un poison ; on ne voit dans les circonstances dont il a été fait mention, que leur action pathologique.

Cette action s’unit à l’action physiologique dont elle est l’expression la plus forte, lorsque le sujet est un habitant de la Sologne ou de la Bresse. La maladie s’établit dans un corps préparé à la recevoir, et dont l’organisation porte profondément l’empreinte des modificateurs généraux et habituels de l’économie animale. Si les émanations marécageuses sont encore ici la cause déterminante ou principale de la fièvre, diverses causes secondaires favorisent son développement. C’est ainsi qu’agissent de grandes fatigues, le froid humide, un écart de régime, la sur-

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excitation accidentelle d’nn organe. Rien de plus varie (pie ces causes occasionnelles; (jnelle que soit leur diversité, les émanations marécageuses ont la plus grande part dans la production de la fièvre.

Les faits rpii démonlnnit faction pathologique de ces émanations, peuvent être rapportés à deux séries : ceux-là sont généraux, et consistent, d’une part, dans la description des cnzooties et épizooties produites par les effluves des eaux stagnantes ; de l’autre , dans la longue et importante histoire des endémies et épidémies qui dépendent de la même cause : ceux-ci sont spéciaux; j’appelle ainsi les histoires particulières de malades, les observations individuelles de fièvres rémittentes et intermittentes, et autres maladies dont la cause essentielle est faction des émanations marécageuses. Tel est f ordre qui m’a paru le plus convenable, pour donner une description enfin exacte et complète des maladies causées par les émanations des eaux stagnantes.

Ces deux séries de faits sont également utiles, et prouvent avec la même force faction funeste de f atmosphère des marais snr l’organisme ; mais la seconde importe essentiellement au médecin qui veut avoir une idée juste de la nature des maladies endémiques , dans les contrées que les eaux stagnantes ont envahies. La science est riche en faits généraux plus ou moins bien racontés, plus ou moins exacts et irn portails, suivant le talent de l’observateur; elle est d’une pauvreté inouie en histoires particulières.

Dirai-je (|ue le dépouillement de la plupart des écrits publiés sur faction clélétère des émanations

DES EMANATIONS MARÉCAGEUSES. I ^7 argileuses dans les ('outrées niaréra^euses, m’a donné fort peu d’observations, que je ne connais [las deux de ces histoires individuelles qui ne laissent quelque chose à désirer, surtout sous le rapport de l’ouverture du cadavre ? Le zèle de quelques médecins qui exercent leur profession dans les contrées marécageuses de la France, m’a offert beaucoup de ces faits spéciaux, et je lui devrai l’avantage de pouvoir faire concourir au même but ( la découverte de la vérité) et les observations individuelles et les histoires d’épidémies. Tous seront soumis à l’esprit d’examen qui déduira de leur analyse des inductions utiles, et de leur rapprochement en masse des résultats généraux,

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