‹ Histoire des marins français sous la RépubliqueChapitre 13 sur 71 · I . . i. y GoOgl · texte numérisé non relu

I . . i. y GoOgl

Iflyii mtrdi&rent contre le camp du Gros-Morne^ sons la dineûoa da oolonel de Chabrol et de Dugoinmier, qui comr ■indaît un iMteillon de 900 miliciens.

Les créoles^ conduits par M. de Percin, les accueillirent si

nillammeiii, qu'ils éprouvèrent de cruelles pertes pendant qu'ils avançaient dans des sentiers étroits, au miiieu d'un pays boise.

Dugommier dut céder le terrain à son habile adversaire» et JcB inso^és» augmentant leurs moyens de défense, deman- Arent de nouveaux renforts aux lies voisines* Plusieurs «Ires reocontres sanglantes eurent lieu dans la suite.

A Paris, on jugea de diverses manières la position étrange <iu œniie de Damab, que le depuLé liamave quaiiiia de chef de parti.

I-e gouverneur écrivit pour repousser cette accusation et se délèodit énergiquement. il assura que, suivant son opiaion, lee membres de l'Assemblée coloniale, légalement msUtuèe, étaient les vrais représentants de la colonie; qu'il avail maintenu et sanctionné les décrets prQvisoires qu'elle ifaii rendus, parce que sa conscience lui en avait foit un devoir ; qu il avait, en même temps, dojiiic des ordres sévères pour que les nègres ne pussent ravager le pays.

Chacun croyait de bonne foi que le comte de Damas était prisonnier dans son camp, qu'il signait ce qu'on lui présentait, par faiblesse, et que les membres de l'Assemblée coloniale étaient la seule cause des troubles.

Le lieutenant général de Béhague, nommé gouverneur en remplaoement du comte de Damas, rappelé par suite des rapports accusateurs, arriva dans l'île le ^2 mars 179^, accompagné de quatre cotnmissaires du roi, MM. Monldenois, lioger, Laco«Jte, MagnyLi)!.

Le coQtre-amiral de Girardin, nouveau commandant de la station navale, avait sous ses ordres une division de plusieurs bétiments, sur lesquels se trouvaient 0,000 hommes.

Lorsque les hostilités cessèrent, les patriotes de la Guade kmpe, rappelés par M. de Glugny, retournèrent chez eux, et Ton assure que Dugammier, qui les avait si bien commandés ti qu ou savait avoir été Tâme de la défense, fut reçu avec

des ovations : ses ennemb l'ont accusé d'avoir agi par amUp tion dans l'espérance d'être nommé dictateur de la Martinique, mais il est probable qu'il obéit simplement à la générosité de son caractère chevali l esque en se faisant le champion des principes nouveaux. Plus tard, il s'illustra dans les rangs des armées de la République.

Béhague, ennemi de la Révolution, se rangea, dès son arrivée, du côté des royalistes, et l'on a prétendu qu'il rêva de làire des Antilles un État indépendant pour recevoir Louis XVI.

Ne prenant conseil que de lui-même, il expulsa de la colonie les ennemis du gouvernement et parvint à rétablir l'ordre avec d'autant plus de facilité que chacun était fatigué. Il donna des instructions minutieuses afin d'empêcher les soldats nouvellement débarqués de communiquer avec leurs camarades, expédia ces derniers en France; donna, de nouveau, le commandement dé la station à H. de Rivière et e&pédia le contre-amiral de Girardin à Saint-Domingue, où se passaient de ^ra\ es événements.

Les commissaires recherchèrent les causes des troubles passés, mais commirent fautes sur fautes en suivant cette ligne de conduite, parce qu'au lieu de découvrir quelque chose ils semèrent, de tous cétés, des germes de défiance.

A la réception des nouvelles qui annoncèrent la fiiite da roi, son arrestation à Varennes et la prise des Tuileries, l'indignation des royalistes fut *,Tande, et chacun d'eux se crut déî^a^é de son serment envers la nation.

Plub tard, d'après une fausse nouvelle que propagèrent, dit-on , les othciers de la Calypso, on s'imagina que le parti de la révolution avait été vaincu; tous les bâtiments de guerre arborèrent le pavillon blanc, et seul , le lieutenant de vaisseau Duval, qui commandait la Perdrix, partit pour France avec le pavillon tricolore pour rendre compte du mouvement contre*révolutionnaire.

Béhague ne iiiiL pas en doute que ses ennemis l'accUSe» raient à Paris, qu'il serait destitué, peut-être môme condamné h mort , et, prenant ses mesures en conséquence, il se ( nncerta avec M. de Rivière pour ne pas laisser pénétrer dans l'île ceux

qui seraient envoyés pour le remplacer dans ses fondions.

Or, le général de Hocharabeau, fils du maréchal de ce nom, am?a, le 46 septembre 4792, sur la frégate la Sémillante, apilairo BruiXi et accompagné de quatre nouveaux oom- «lires (I).

Gb dermere étaient munis de pouvoirs extraordinaires.

I&ague, en apprenant que la frégate était en vue, donna teordres pour qu elle ne pût pas communiquer avec la terre. Dew officiers chargés, par R ochambeau et Bruix, de lui porter éeà dépèches furent arrêtf s et gardes à vue sans avoir pu lonplirla mission qui leur avait été donnée.

là Gaiypso et le maréchal de Gastries gagnèrent le large pour «lendfe aunievantde la Sémillante, et Ton dit que Bruix, qite avoir mancBuvré pour s'éloigner, mit en panne pour

Itttter approcher.

Ihiievauit, capitame de la Gaiypso, dit à nos marins que

l'Assemblée coloniale était indignci' de Taccueil qui cuvait été M >eb députes. Bruix répondit d abord que ces députés li étaient pas venus à son bord, mais avaient eu atlaire aux «mmisaaires du roi , embarqués sur la flûte la Bienvenue, piisoo assure qu'il ajouta d'une voix stridente :

— « I>u reste, je vous » —

A bord des deux frégates lirançaises* les hommes étaient à leiRs poètes de combat, les mèches étaient allumées; Mallevault cingja vers la terre, après avoir rempli sa mission.

A la nouvelle de l'arrivée de la Sémillante, le canon dilarme avait été tiré, les mulâtres s'étaient armés; cbaam s était apprêté à recevoir, comme des brigands, les nouv(aux arrivants. Enfin des députés s'étaient rendus à bord k la flûte la Bienvenue (9), au-devant des commissaires du foi.

taux, ne pouvant jeter l'ancre à laMartinique, fut obligé,

(!) Ils apportaient lo décret sanctionné par le roi lo 4 avril et

d'après lequel les mulâtres (lovnient jouir lîo lours droits politiques.

(?) Ce bâtiment /'lait commaii l*'' par La Carrière qui, ])lutôt que <le s»,' rendre h Mallevault, alla ulléneurument faire côte à Saint- Christophe. Il rapatria ses marins sur des bâtiments neutres. Malle- Huit parvint à reuiiuuer la Bienvenue.

par suite de circonslances de raci , de faire route pour Saint- Domingue, où Santhooax donoa des fonctions importantes à Rochambeau.

La Convention nationale décréta d'accusation Béhague, Rivière, MaUevault, et les autres officiers coapables de trahison. Ces deraiers se défendirent}, en disant qu'ils n'avaient agi que dans Tintérét de la colonie et pour rester fidèles au serment qu'ils avaient prêté de servir

— « La nation , la loi , le roi. » —

L'Assemblée coloniale, inlluenceo par Béhaguei décrétu, dans le mois de décembre 1792, que l'Ile serait placée sous la protection des puissances coalisées, et dès lors, ditroo , diacun vécut dans les alarmes, les craintes» les défiances. Plus de deux mille personnes émigrèrent; des milliers de nègres les suivirent.

La même Assemblée, révoquant, en janvier 4793, son décret du mois précédent , remit la coloiùe sous la dounaation de la métropole, et somma i^hague de faire arborer de nouveau le pavillon tricolore.

Ce dernier, les chefs de la marine et des principaux services, les royalistes acquirent dès lors, direntFÎls, la certitude que cette nouvelle d'une contre-révolution à Paris était ftiusse, et allèrent chercher un refuge à Ttle de la Trinité. Lorsque leur départ fut ébruité, T Assemblée coloniale convoqua la sixième partie des habitants en état de porter les armes pour délibcici sur le parti qu'il fallait prenrlre et eréfr nii conseil exécutif de cinq membres pour diriger les ailaircs.

Le lieutenant de vaisseau Lacrosse, qui avait été expédié pour avoir des nouvelles de Rochambeau, suivant M. Guério, arriva devant la Martinique le S4 octobre 47d8, sur la frégate la Félicité. Apprenant ce qui s'était passé relativement au général , il gagna Sainte-Lucie dont les liabilanls lui firent bon accueil.

La Onadalcntpe.

Le club de Thétel Marciac nomma, comme députés de la

Guadeluupt aux états généraux, MM. de Curt et de Galbert, officiers de manne.

Noos avons vu quels bous servkes rendit M « de COugny» fflanwndant particulier de la Guadeloupe, lorsqu'il s'interposa entre les partis qui se faisaient la guerre à la Martiuqœ.

A l'instar de son chef, il éloigna les soldats insubordonnés fiH expédia en France.

Des conflits s'étant élevés entre la garnison et la municiliEté, puis TAssemblée coloniale ayant prononcé la dissolu» lÎDB de celle-ci | on en appela aux commissaires, qui, enchan- ÉB de s'éloigner de la Martinique, accoururent avec empres* sèment.

MM. Lacoste et Magnytot se rendirent d'abord à la Pointea-Pitre, pour se raf prtK ht i de l'Assemblée coloniale.

Voyant que 1 ordre et la paix régnaient dans l'île, ils com* mencërent par féliciter les membres de rAssemblèe, puis, après avoir demandé des renseignements, ils proposèrent des réformes.

De Glugny leur accorda tout ce qu'ils désiraient; ils partirent pour la Basse-Terre, et rien ne faisait prévoir qu'ils changeraient presque subitement de Visno, de conduite.

Pourtant, il en fut ainsi. Ayant npjtris (|iie la garnison do Sainte-Lucie s'était révoltée, que la tregate 1 Embuscade mit été enlevée par ses marins (1), ils lancèrent une proclamation dans laquelle ils excitèrent les patriotes au mépris de l'autorité.

En vain le commandant particulier voulut^îl leur (aire

entendre raison, ils s'enveloppèrent froidcaienldaus le manteau du devoir , disent les relations de ce temps, et de Cîugny, prenant le parti généreux de sacrifier sa place, prok& de la permission quli avait de suspendre ses fonctions pour des raisons de santé» afin de ne pas contribuer au mal-» heur de ses compatriotes.

Gomme il avait refusé de publier la proclamation des deift commissaires, ceux-d le firent de leur propre autorité, par l intermédidire du maire de la Basse-Terre.

(i) L'£mi)usûad6, commaxidée par d'Orléaub, lut enlevée par ses ■trias, qai la rmmbnat à RoolMiiort.

Digrtized by GbOgle

Lorsque Béhague ent cotiDaissaDGe de ces événements, il

blâma la conduite des commissaires, et fit signifier un jour d'arrêt à M. de Clugny pour s'être démis de ses fonctions,

Lacoste ol Maijnytot s Cniperlerent , éclatèrent en invectives et retournèrent immédiatement à la Martinique. Le premier demanda la destitulion de M. de Clugny, et dit qu'il partirait pour Paris, si cette demande lui était refusée. Après de longues discussions auxquelles prirent part leurs collègues, de retour de leur voyage à Sainte-Lude, on ne put s'accorder.

Béhague reçut l'approbation des deux derniers commissaires, mais Lacoste et Magnytot malutiareat leurs prétea* lions, et partirent pour France, où ils exposèrent leurs griefs.

Le 4 5 juillet 4794 , M. de Glugny succomba à ses soufflrances et fut remplacé par le colonel d'Ârrot.

Ce dernier, lorsque la nouvelle d'une contre^révoluUon se répandit dans l'île, après lesairaire^ du 10 aoùl, suivit la ligne de conduite de Béhague, Rivière, Mallevault, etc., etc., c'est-à-dire qu il arbora le pavillon blanc.

A Marie-Galante, le capitaine d'infanterie Kéremé conserva le pavillon tricolore.

Sainte-Lucie.

M. de Gimat, gouverneur de Sainte-Lucie, quitta cette île pourse rendre à la Martinique, où il commanda les royalisteS| lorsque ces derniers, assistés des Anglais, opérèrent une descente à main armée après la déclaration de la guerre.

M. de la Roque-ifontel, commandant militaire qui le remplaça, rendit les plus grands services au parti de la révolution, si bien que Sainte-Lucie, devenue le refuge de tous les patriotes chassés de leur pays, fut appelée la Fidèle, ea raison du dévouement de ses habitants pour le gouvernement de la métropole.

Lacrosse, éconduit de la Martinique par les royalistes, Ait accueilli avec enthousiasme à Sainte-Lucie, et put, à son aise, prendre les mesures nécessaires pour faire i entrer Ico autres iles sous le giron de la métropole.

Tabago.

En 4780, Tabago était gouvernée par le chevalier de Joba!.

Un comité essaya de soulever la garnison contre les autonlés, mais les meneurs ne réussirent pas dans leur entre* fme et jugèrent prudent de s^embarqnerpourla lUrtini<|ue. ht cbevalier de Jobal les y fit- suivre, airôter et condamner lÉfèiemcnt*

Fins tard, ces mêmes individus, oontinnant leurs menées,

insurreclîonnèrent cinq compajrnies qui non-seulement refusèrent d'obéir au gouvemeui , mais commirent mille désordres, (k'tte révolte cul de graves conséquences, si du moins ks soldats sont aussi coupables qu'on a voulu le dire.

Les volontaires de Tabago s'étaient rendus, commeceux des nties Ues, au secours des habitants de Sain^Pierre, et à leur Rioiir on les reçut avec enthousiasme. Gomme des soldats prirent part au mouvement patriotique et qu'un lieutenant Bommé Blosse voulut les faire rentrer dans leurs casernes, ils le maltraitèrent de telle façon qu'il eût [léri, n'eût été le <ii vouement de quelques personnes courageuses qui accoururent à son secours.

Ce mouvement tumultueux ne s'arrêta pas là, ditron, et ett de terribles conséquMioes.

Les soldats exigèrent leur départ pour la France avec les dnpeaux, leurs officiers, les deux députés de Tile : MM. de Stint-Léger et d'Astug.

Dans la nuit su i\ an te, un incendie violent se déclara à Port-Louis, ville principale de la colonie, et les pertes considérables qu'il causa ne furent pas évaluées à moins dp 3 millions.

Comme chacun sMmagina que les soldats avaient causé ce désastre par vengeance, on s*empressa de les embarquer Ions sur deux bAtiments qui les rapatrièrent.

Les membres de l'Assemblée coloniale furent coupables de faiblesse dans cette circonstance.

Saint- Vincent. — La Grenade. — Saint-Martin.

Ces iles suivirent, en 1792, le mouvement contre-révolu-

tionnairc de la Martinique et devinrent faeilemenl la proie des ADglaiô, peu de temps après la déciaraûoa de la guerre.

X«ft Guyane.

M. de BourgoQ gouvernait cette colooie où quelques troubles (ùrent suscités, comme ailleuiB, par les diverses préteo* tiens que chacun voulut manifester.

Les soldats ^gèrent que les miliciens fissent le service avec aux.

L'Assemblée coloniale, s'éUnt constituée le 26 avril 4791, demanda la suppression des privilèges, sauf ceux des colons qui (Irfi ichaîent les terres basses de l'Approuage, et se mit ultérieuremeuten révolte ouverte contre Tautorité.

M. d'Alais, nommé gouverneur en remplacement de M. de fiourgon, arriva le 26^ septembre 4792, accompagné de H. Guy et, commissaire civil, chargé de proclamer le décret qui donnait à tous les gens de couleur libres la jouissance de leurs droits civils, et l'on assure qu ils a euUèreal eu fuiic^ tîons qu'avec beaucoup de difficultés.

Plus fard, Guyot se laissa gagner par les oheCidu parti opposé à l'Assemblée coloniale.

La Convention nationale, l'ayant destitué, lui donna pour successeur Jeannet Oudin, neveu de Danton»

8alnt>Doiiiliigaie.

Dans la partie nord de Satntr-Domingue, la plus riche, la plus peuplée de la colonie, des mouvements convulsifs annon*

cèrent un orage, aux premiers jours de 1789. Les tètes s'exaltèrent, des idées de liberté germèrent, et les imprudents colons, qui appelaient sur leur sol l'hydre des révolutions, ne comprirent pas que, dans ce pays soutenu par des esclaves, c'était porter un coup mortel à leurs intérêts que de détruire le prestige qui faisait leur force. En donnant Tezemple de l'insubordination, en parlant d'indépendance et de liberté, ils allumèrent de leurs mains les incendies et aiguisèrent les poignards qui devaient se teindre de sang. {Histoire de Mariés,)

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