I . . i. y GoOgl
« A Jèur arrivée, dit M. Levot, ils trouvèrent l'Ile dans une
• effiayante anarchie. La province du Sud était depuis un
• an au pouvoir des esclaves; trois mi lie hnbiuiioiis oU raient « à l'œil des monceaux de ruines. Dans i'Ouest, les nègres
• avaient incendie les villes de Yacmel et de Port-au-Prince. « Dans le Sud ils bloquaient la capitale après avoir mis les « plaines à feu et à sang. Us obtinrent d'abord quelques suo-
• cës daos leurs tentatives de rèoondliation, mais les haines > se reoouvelèrentquand on reçut la nouvelle des événements « du 40 août 1792. *
Par suite des dénonciations méchantes pi upagees en France, It- gouverneur de Blanchelande, son fils, jeune et brave officier, le général d Esparbès, le contre-amiral de Grimouard, forent condanmés à mort par le tribunal révolutionnaire de PSaris. Le jugement de l'infortuné gouvaramu* ne dura pas moins de soixante-qulnse heures, et on lui reprocha particu* tièrement l'arrestation du marquis de Borel , la mort d'un de ses complices, le renvoi du régiment de Normandie, l'affaire du plateau des uiornesdela Hotte, la négU^cuce avecla^uelle il avait défendu le fort et la ville du Cap.
Ainsi la Providence, dont les desseins sont impénétrables, voulut que ce gouverneur, qui avait déjà échappé à ses en- Demis mortels, lors de Tassassinat du colonel de Mauduit, qui avait signé l'ordre de livrer à des bourreaux cruels le mulâtre Vincent Ogé, entendit son arrêt de mort à Paris, devint le redoutable aréopage qui a laissé des souvenirs de deuil et d horreur, et pour des causes futiles ou absurdes.
Les commissaires, en desliluanl d'Esparbès, donnèrent le gouvernement au générai de Uocbambeau, que les habitants de la Martinique n'avaient pas voulu reconnaître et qui quitta Saint-Domingue le 43 janvier 4794, après avoir fait arrêter les chefs du parti de SaiotpMarc, auxquels il fallut faire une guerre en règle.
Sur ces entrefaites, le général Galbaud, nommé gouverneur de Saint -Domin^rue par la Convention nationale, partit on Qième temps que le contre-amiral de Sercey qui couimaudait One division de bâtiments de guerre.
D'après le rapport d'un député de l'ile, il s'assura d'abord
le parti de T Assemblée coloniale, qui partageait les idées des chefis de Saint-Marc.
> Cétaient, dit-il, des blancs orgneilleux, des propriétaires
• ruinés, perdus de dettes, des factieux qui mc rêvaient que
• (\o sprouer le jou? de la France: des négociants commis- « sionnaires, d'anciens ofticiersdeniarine Galbaud lui-même « était un aristocrate, ennemi du peuple, c'est-à-dire des os- « daves et des nègres; il était noble, fils de colon, colon lui-
• même, désigné par Périgny , ex-offlcier de la d-devant « marine. *
On comprend que les commissaires ne le virent pas arriver avec plaisir. Nous verrons comment ils se débarrassèrent de lui, parce qu'il aurait géné leurs projets, et s'établirent en tyrans dans cette île, pour présider aux événements les plus dramatiques de l'histoire des colonies.
Ils écrivirent à Paris que la trame des contre-révolution* naires leur était démontrée, que les plus cruels ennemis de la colonie furent ceux qui provoquèrent le funeste décret du 24 septembre à l'Assemblée constituante.
CHAWIRE IV.
OOtCSlOÉEATiOiNS GÉNKaALËb SUA LA GUËBiii:. UÂIUTIME.
Des éléments de conflagration générale étaient dans l'air, et l'on n'ignore pas que nos pères se trouvaient à la veille (fane guerre acharnée, longue, sanglante, qui a duré pendant vingt ans, sans autre trêve que la courte paix d*Amien8.
Avant de raconter l'histoire de leurs luttas, voici le relevé des forces navales des peuples belligérants, relevé d'après lequel on verra quelle immense supériorité nos enneuûs eurent sur nous.