BATIMENTS
de 36.
de 24.
de 18.
de 12.
de 6.
Vaisseaux de 120. .
» de 110. .
SO
— (le 80. .
— de 74. .
Frégates de 40. . .
— de 38. . .
— (Jo 36. . .
10 de 6
6do6
— de 28. . .
Sur chaque vaisseau ou flrégate 0 y avait ordre d*embarquer un certain nombre de caronades eu supplément d*armement
Avouons que oos eoDemis eurent généralement des vaisseaux mieux arméB que les nôtres, un matériel de choix. Que de revers n'avons-nous pas subis parce que nos bfttîments démâtaient de leurs mâts de hune, pour ne citer qu'un détaU?
Villaret do Joyeuse ne livra le conibal désastreiiic de Groîx que |>arro que le Fougueux avait démâté de se6 mâts de hune, peu de joufs auparavant, et perdit trois vaisseaux.
Le Ça-îra, le Censeur, de l'escadre de ramiral Martin, les Droits-de-rhomme, la frégate l'Atalante, le Hoche ne tombèrent au pouvoir de Tennemi ou ne naufragèrent que par suite de la i uj ture des mâts de hune, avarie qui obliges les capitaines à accepter des luttes inégales.
Le contre-amiral Gantheaume ne put mener à boime fin
l'înportaDte mîmion qu'il avait reçae de porter des renforts I Tannée d'Egypte, panse que plasîears de ses vaisseaux
démâtèreDt de leurs mâts de hune, en sortant des passes de I In>L<(' par un temps forcé.
Au contraire, les Anglais choisissaient, dans luic innombrable quantité de vaisseaux et frégates, les mieux acasti liés, les mieux gréés, les mieux armés de leurs bâtiments. Lorsqu'ils n'avaient pas une écrasante supériorité de forces, ils avaient Tavantage de mettre en ligne des bâtiments de dk>îx.
11 faut reconnaître aussi que leurs canonuiers étaient miiux exercés que les nôtres; le tir était plus précipité, d autant plus juste qu'on se battait génerahMuent !)ord à bord, à très-petite distance, souvent même à bout portant.
• Cest à cette grêle de boulets, dit Nelson, que TAngle- « terre a dû Fempire des mers, >
Bappelons, à ce propos, que l'Assemblée législative commit one faute grave quand elle supprima le corps des canonniersmatelots, une des belles institutions du maréchal de Castrîes; la Convention, marchant dans les mômes errcmeiiLs, supprima les régiments de la marine, le 28 janvier 1794, ei décréta que le service serait fait, à l'avenir, sur les vaisseaux, par les volontaires nationaux, mesure qui ne pouvait produire de bons résultats, car c'est à bord d'un vaisseau qui combat qu'il faut des soldats d'élite, des tirailleurs exercés, des hommes vaillants.
Notons aussi que les amiraux anglais eurent toujours une grande confiance dans le succès, qu'ils ne manquèrent jamais de se donner l'avantage de Tattaque, alors que les nôtres, paralysés par les ordres du ministre et des représentants qui niontaient le même vaisseau, désiraient éviter des batailles, afin de mieux remplir leurs missions.
Parfois, comme à Aboukir, nos chefs donnèrent aux habiles amiraux anglais l'occasion de vaincre, en prenant de mauvaises dispositions.
Kn définitive, malgré le glorieux traité d'Amiens, la marine anglaise eut le dessus ; nous fûmes vaincus!
Mais il n'est pas généreux de dire que les causes de nos
défaîtes sont autres, ea faisant ressortir llodiscipliDei l'ioexpérieoce des uns et des autres.
Remarquons encore que les chefe de nos armées navales qui combattirent le 4** juin 4794, à Aboukir, à Trafalgar,
durcMil se sentir déplacés dans ces postes de liaute conOance. Braves sans doute, ambitieux certaineaieut, habiles peutêtre^ leur apparlenait-il de commander ces états-majors démocratiques, ces équipages républicains, dont aucun d'eux ne pouvait et ne devait comprendre les aspirations? Tous étaient des nobles au service de la république, et Ton peat douter qu'ils aient eu au fond du cœur cet ardent patriotisme au inuycii duquel on soulève les masses, sentiment sacré qui produit les héros, mille fois plus noble que l'ambition })orsi)nnclle, et dont furent pk'in.^ li> m uis des chefs vaillaulsqui se sont illustrés peudaut les guerres de la révolution.
N'oublions pas que les royalistes livrèrent 22 vaisseaux aux Anglais, en rade de Toulon, au début des hostilités.
Remarquons que, malgré tout, nos capitaines causèrent un tort immense au commerce de Tennemi, surent capturer ses vaisseaux et autres bâtiments de guerre, échappèrent, en maintes circonstances, par la ruse ou l'audace, à des forces supérieures, le défièrent dans des positions choisies, se mon* trèrent souvent intelligents et heureux.
Puis, faut-il s'étonnerdu résultat de cette guerre acharnée?
La France était en guerre contre l'Europe: une affreuse «^'ucrie civile divisait nos pères; la Convention, ne pouvaot compter que sur vinut départements, entretenait treize armées sur les frontières et dans l'inlérieur; les officiers de grades supérieurs dans la marine étaient absents, les équipages désorganisés, tous les services en souffrance.