CHAPITRE PREMIER
LOIS, Otaim» OBOOmiANCIS* — LBS vimistrbs.
Gaspard Monge, savant distingué qui fut désigné pour remplacer Lacoste au ministère de la marine, entra en fonctions le 11 août 1792, lendemain de la prise des Tuileries.
Ce fut un ministre médiocre, et pendant la courte durée de sa gestion il ne tit rien de très^important.
L une de ses premières mesures fut de supprimer la croix de Saint-Louis, de réorgpmiser les troupes de rinfenterie et de Fartillerie de marine.
Nous ne devons point passer sous silence les solennels débats à la suite desquels la Convention envoya l'infortuné Louis XVI périr sur l'échafaud , et nous nous faisons un devoir de dire quelle fut, dans cette grave alfaire, l'attitude des dépotés qui appartenaient au corps de la marine :
Le ministre, mathématicien, homme intègre et intelligent, mais montagnard et jacobin, sans nul doute, vota la mort, sans sursis et sans appel.
Le duc d Orléans, alors surnommé l'amiral Egalité, se montrant envers son malheureux nmsin aussi implacable que les plus féroces révolutionnaires, vota également la mort.
Le contre amiral de Rochegude vota pour la détention pendant la guerre, et l'exil pendant la paix, puis il demanda ultérieurement le sursis et Tappel au peuple.
Le vice-amfral de Kersaint, ami des girondins, vota de la même manière, et donna sa démission le Icndcinaiii.
Le capitaine de vaisseau de Gasa-Bianca vota pour le bannissement à perpétuité, puis, ultérieurement, se pruiiuuça aussi pour le sursis et Tappel au peuple.
Ainsi , les représentants de la marine, pris séparément, auraient sauvé le roi d'une fin tragique.
Mais ce qu'il est très-important de noter, ce qui est une fatalité dans noire histoire, c'est que les députés des colonies maiii}ui'rent tous 5 l'appel nominal, parc€ qu'ils n'avaient pas eu le temps d'arriver de leurs iles lointaines, et ce n est point là un fait de peu d'importance, si Ton réfléchit qu'ils n'étaient pas moins de vingt-neuf, dont dix-huit de la seule Ile de Saint* Domîngue.
C'est de la marine que le règne de Louis tire son plus bel éclat. C'est à la marine que ce roi sacrifia les millions do la France. H donna au commerce maritime un très-grand essor. Aujourd'hui que, grâce aux merveilles de l'industrie et du commerce, on fabrique en Europe ce que les pays lointains produisaient seuls jadis, que les colonies sont devenues des Etats indépendants, le tableau du monde est changé, conmie l'a dit avec raison M. Thiers. Alors on imposait aux colonie^ I obli,L:atioQ de ne doiuier qu'à la métropole les denrées tropicales, de n'admettre que ses bâtiments et ses produits, de sorte que chacune était une plantation , un marché, un port fermé. Par ces raisons, notre commerce d'outre-mer avait atteint une prospérité inouïe, inconnue de nos jours, et ce n'est pas trop préjuger des ^mmes de dire que les colons tit'vuicul aimer leur roi.
Aussi ce fut un malheur qu'ils n'aient pu voter avec leurs coUègues de la Convention, parce que tout le monde sait à qnelJe insigoifiaote minorité passa le vote fatal et parce qo*il eût été juste que ceux»là surtout qui avaient joui des prospérités du règne ftissent présents pour juger le souverain.
L#» I'' février 1793, la Convention dtVlara îa mierre à l'Antieierre. et un enthousiasme indicible exaltant les esprita, eUe s'adressa aux marins en ces termes éloquents :
« Qu'ils volent sur les vaisseaux de la République. L*ar- ■ mée navale, aussi br&lante de patriotisme que Tannée de « t«rre, doit marcher, comme elle, de victoires en victoires...
• Matelots et soldats, qu'une émula Lion salutaire vous anime! « yutî des succès égaux vous coiirnnnent! Et vous qui|mour-
• rez au champ d'honneur, rien n égalera votre gloire I La « patrie reconnaissante prendra soin de vos familles, buri-
• nera vos noms sur l'airain , les creusera dans le marbre,
• ou plutét ils demeureront gravés sur le frontiqiiee du « grand édifice de la liberté du monde. Les générations, en
• les lisant, diront : — • Voilà ces héros français (jui brisè-
• rent les chaînes de l'espèce huniainc, et qui s occupèrent
• de notre bonheur quand nous n existions pas. » Chacun sait ce qu'est l'arc de triomphe, ce magnifique
moDument qui restera comme un souvenir grandiose de l'épopée révolutionnaire et napoléonienne. M, Jal lui a consacré un article remarquable qu'il a publié dans la France maritime, et d'après lui, 30 noms de victoire sur tciie, l'O de baladles ou de sièges méniurables, 374 de généraux, colonels et autres, ont été gravés sur la pierre.
Cet historiographe ajoute que la marine, par une étrange iodîfiérence, n'a pas l'honneur d'un bas-reUef. Il n'y a pas une seule figure d*amiral, et, en fidt de noms, il n'aurait lu que ceux de 40 amiraux :
• Truguet, Villaret de Joyeuse, Latouche-Tréville, Bruix, de Rosiiy, de iirueys, Ganteaume, Decrès, de Linois, Duperré. »
Se serait-il trompé, ou la réclamation qu'il formula auraitelle été prise en considération par les ministres de Louis-
Tihlippe? Nous l i^nonins. Toujours est^il que nous avons lu plusieurs autres noms mêlés a ceux des généraux et colonels des armées de la République et de r£iiipire. Les voici tels qu'ils existODl aujourd'hui :
« Ver Eue], de Missiessy, Hamelin, Traguet, Latouche- Tréville, Villaret de Joyeuse, Cosmao, de Villeoeuve, de Rosily, Hruix, de Rosamel, de Sercey, Ucnaudin, L lU i luitte, Troude, Duperié, de Linois, Decrès, Martin, d'Estaing, de Brueys, Ganteaume, Willaumez, Émériau, Perrée. »
Nous nous abstenons de toute critique; mais puisse noire voix avoir un écho près des ministres de S. M. rEmpereur I Le premier peut-être à réclamer, après un examen approfondi des faits, nous nous faisons un devoir de dire qu*il est étrange qu'on ait. oublié les iioiiis si honorables de :
« Allemand, Dupetil-Thouars, Lucas, Bouvet, Le Joille, Coudé, Infernet, Vanstabel, Nielly, Surcouff. »
Ceux-là n'ont pas été gravés sur la pierre monumentalei mais n'en déplaise à ceux qui dispensèrent la gloire à uoe époque antérieure, ils le sont dans le ccBur des vrais Français: quelques-uns, plusieurs même sont restés légendaires. Les Anglais le savent bien, eux (jui les trouvèrent toujours, devant eux, audacieux et redoutables.
Par une étrange anomalie, ils ne sont pas sur Tare de triomphe.
Après la déclaration de la guerre, convaincue de la nullité du ministre Monge, la Convention le destitua, en ordonnant
que tous ses adjoints fussent gardés à vue.
Potii ianL l'un d'eux, le capitaine de vaisseau Jean Dalbarade, ne tarda pas à (Mro mis à la tC'ie du département, le 40 avril 1793. C'était un intrépide marin, ancien corsaire qui causa un tort considérable au commerce des Anglais quand il commanda la frégate TAIgle, pendant la guerre de Tindépendance.
Guérin raconte qu'il commit, dans sa jeunesse, des actes de pirate autant que de corsaire, (}u il était méiiaul et jaloux des talents des autres, qu'en sa qualité de ministre il passait son temps à festiner avec les montagnards.
En réalité, le représentant Jean-fion SainWAndré, en mi»-
flOD « BnsI, Alt lé vrai ministre de cette époque. 11 préparait
les décrets, les présentait à Dalbarade, el ce dernier les faisait voler par leurs amis de la montagne.
Tous les officiers de marine absents sans congé furent destitués, ainsi que ceux qui s^étaieot montrés rebelles aux décrète de la GonventioD et beaucoup de ceux qui parurent nspecis, en lear qualité de nobles.
On autorisa le ministre à choisir des contre-amiraux parmi les capitaines de vaisseau ipii avaient un an de grade, les 'iipitaines de vaisseau dans le nombre des lieutenants de ^âissseau ou parmi les capitaines de commerce qui avaient commandé pendant cinq années, les lieutenants de vaisseau piraû les capitaines de commerce qui avaient commandé pendant deux ans« les enseignes parmi les seconds, les offi* ders-marinîers, les pilotes.
Le 10 mars 1793, la solde fut augmentée des secours votés puur les veuves et les enfants de ceux qui mourraieut pour la patrie.
Le 48 mars 1793, les sociétés populaires reçurent l'autorisition de choisir des capitaines de vaisseau dans le nombre «les capitaines de commerce qui avaient commandé plusîeura Ins et avaient déjà reçu le brevet de lieutenant de vaisseau*
Le 22 juin, 1 enibai .L;u fui mis sur les corsaires ju^jqu à I entier armement dus vais-eaux de la République.
Le 20 juillet, le ministre reçut pleins pouvoirs pour combler les grands vides que Témigratîon avait produits. Peu de (flops après, les médecins de 48 à 40 ans, forent tous mis es réquisition pour le service des années. Ils ne devaient pis être compris dans les levées comme volontaires, et pas- ^ient des examens devant les comités de salubrité publique.
le 7 septembre, tous les fonctionnaires qui n'avaient pas k confiance du peuple forent destitués.
Le 43 septembre^ on décréta que les arsenaux seraient placés sous la direction du commandant des armes et non
plus sous celle dos oiduiiiiuleuis, comme il avait été statué eû479i.
Le 21 septembre, tout fut mis en réquisition pour l'armement des vaisseaux. On opéra une levée générale des marins
et des ouvriers inscrits.
]>( ii de jours avant, un décret de la plus grande importance avait supprimé le corps et la dénomination de Tadmînistration de la marine. Les colu^ii^^ai^cs devinrent de simples employés civils au service de la flotte. Mais cetu^ mesure, qui tranchait dans le vif, le débat toujours pendant de la suprématie de la plume ou de l'épée, ne dura qu'un temps si court, qu on ne put obtenir des résultats appréciables.^
Le V' octobre 4793, on décréta que les prises seraient la propriété des capteurs: que la République prendrait les bâtiments de guerre à son usage, en payant, pour chaque canon, une somme déterminée.
Le 7 octobre 1793, on dressa l'état général de tous les officiers présents, et ceux-ci, s'étant réunis en assemblées gé- ,H raies, comblèrent, par l'élection, les grands vides que les énu^raLionset les destitutions avaient produits.
Deux officiers municipaux du port assistèrent à ces solennelles assises, où les marins les plus patriotes, les i)lus énergiques, les plus capables purent se voir, se compter, s entendre, et désignèrent ceux qui devaient avoir l'honneur de les commander pendant la guerre sanglante et longue qui était déjà commencée.
Le 10 octobre 1793, le gouvernement de la République fiil déclaré révolutionnaire jusqu'à la paix.
Le 5 janvier 4794, fut promulgué le nouveau code pénal sur lequel on comptait pour rétablir la discipline dans les escadres (4). On décréta de même que tout capitaine qui
(î) Les peines étaient : La mort, pour désoîuMssanco, injures ou menaces envers les supérieurs, révoltes ou provocaliua à la révolte, îdtroupemeats tumultueux, ]>our crk-r à la trahison, quitter «m i>otii<', s'a])seuter pendant trois jours, u 2 lieues de la rade.
Les fi rs, pour pétitions collectives, fausses alarmes, fausses nouvelles, pour s enivrer, vendre des spiritueux, demander la grâce d'un condamné.
Us officiers qui ne monteraient pas au premier son de la cloche,
amènerail le pavillon de la Aé|mblique, avani que le vaisseau ne fût prôt à eouler bas» serait puni de mort, mesure qui a Uâi dire, sans doute, au capitaine Breuton que nos of* fcîcrs ne restèrent en ligne, au combat du 4* juin 1794,
que parce qu'ils craignaient d'avoir le cou coupé.
Roflexion digne d un Anglais connu par la haine qu'il porùÀà nos marins et qu il ii a point déguisée I
Kofoa avons parlé de discipline, et, peutpètre, n'est-il pas fais de propos de &ire ressortir Timportance de cette ïme essentielle de toute organisation militaire. On a répété à satiété que CG qui a causé rinfériorité de notre marine sous la Bépubliiiue, c'est l'indiscipline des équipages, leurs insu- N-rdinations, leurs idées d'indépendance, mais nous prenons a tâche de démontrer que cette accusation est erronée, car, s'il n*y avait eu à vaincre que ces insubordinations partielles qu'on ne peut contester, c'eût été peu de chose.
Dans les années de la République , il y eut aussi, tout «Tabord , beaucoup de désordres, des révoltes même , et ce ne fut que peu à peu, grâce au génie de plusieurs illustres gé néraux. Bonaparte, Hoche, Moreau, Joubert, Masséna, que r<»tire renaquit, que le sentiment du devoir s'aliiant à ramonr de la patrie^ nos légions, qui avaient d'abord essuyé ées revers, devinrent si redoutables, tout en excitant TadmiiiKion des autres peuples.
Ainsi, de même; qu'est-ce quelques scènes de scandale que certains histuricns ont rac ontées avec tous leurs détails cl qui »e j)assercnt aux plus mauvais jours de ^793, ( omme pour y chercher la cause de nos revers maritimes. Mêlas I ces causes étalent autres.
Revenons cependant à la discipline» et par ce mot, auquel nous donnons ici son acception la plus élevée, entendons les sentiments de justice et d'honneur autant que ceux de l'obéissance passive.
l'employé civil qui mettrait du retard à l'aire embarquer ses gens éuient également passililcs de la peine des fers.
Ixs ofliciers qui ne juslilicraient pas d'avoir lait de leur mieux pour rétablir Tordre pouiraiout être condamnés à trois aub du prison.
MalheureuBonient, il n'est que trop vrai : dans la marine française, ces sentiments ont parfois faibli, non point seule-
raent sous la Terreur mais aux plus beaux jours de Louis XIV, Louis XVL Pourtant n est-il pas vtrî qur, sans un dévouexoeot absolu aux ordres du commaadaut ea chef, il n'y aura que des défaites en perspective.
Le contre-amiral de Kerguéleo Ta déjà dit d'une manière éloquente, et il le disait à ces mêmes officiers qui venaient ] de terminer une guerre glorieuse :
« Tant' que les officiers fkançais, disait-il, auront ces sen* t
€ timents d*orgueil, cette suffisance révoltante, cette morgue :
< qui leur fait constamment tourner en dérision ou prendre t
« en haine les chefs qu'ils devraient respecter, le pavillcm
« de la France s'abaissera toujours, sur la mer, devant celui .
« de l'Angleterre, et ils iront tous successivement remonter
« la Tamise et servir de risée au peuple de Londres! •
Les conimandants en chef ont dd souvent adresser les reproches les plus amers à quelques-uns de leurs capitaines. 11 est inutile de citer un seul nom ; mais partout et toujours, quand il n'y avait pas un refus formel d'obéissance, il y avait au moins résistance, mauvaise volonté, négligence coupable. A peine pourraitH)n citer quelques capitaines qui se soient dévoués pour sauver l'amiral en venant spODlaiicmeal à son aide.
Au combat des Saintes, dans la mer des Antilles, dans les mers de l'Inde, à Aboukir, à Trafalgar, alors même que la victoire était encore indécise, que de fautes ne peut*on pas reprocher? Nous avouons qu'il est difficile de décider avec certitude de quel c6té sont les torts, mais il est avéré que plusieurs ofliciers n'ont pas donne des {)reuves suftisanlcs de ce dévouement absolu, qui est la première condition d une bonne discipline.
Nelson eut pour ami Gollingwood, et Bonaparte trouva Desaix, mais nos amiraux n*ont pas été généralement si bien secondés par ceux qu'ils commandaient.
La Convention eut besoin de la marine, elle s'en occu|»a fort séi iousement, quoi qu on en ait dit, et elle lui confia deux
nûsfiioDs impartantes, oelles d'assurer rentrée des convois de
TAmérique et de la Méditerranée.
A tout prendre, personne ne laillit à ces deiu tâches national os.
 firest, à la téte d'une armée de trente vaisseaux do liaut M, se trouvait alors un jeune gentilhomme* déjà distingué |ir Soflren. U était intelligent, ambitieux» ami de la gloire «tant que des plaisirs, et nous verrons comment il affronta
les Anglais: nous verrons que les capitaines des vaisseaux de cette ;iriiioe, tous officiers bleus ou mni rhands, la plupart IDI cheveu t blancs, no se tirèrent pas trop mal di* pn sse, Uiiièrent une rude besogne aux journées des d, 40 et 13 prairial, et, en tout cas, firent preuve de dévouement, sinoa d'inteUigance et d'habileté 1 Là, du moins, on ne vît pas 4e$ divisions entières rester dans rinaeUon.
A Toulon, Martin sut lutter aussi avec habileté contre des rnnemis tr^s-supérieurs en nombre, et, en somme, à cette epixque de désor*ranisatîon sociale, la marine française fut puiasante, puisqu ii n'y avait pas moins do cinquante vais« ieau3c armées ou en armement à la fin de 4795.
Malbeoreasement, l'ère du Directoire commença. On vou« lut réorganiser, et, à notre avis, on perdit tout. Ce fut une feule grave de dissoudre le corps des ofticiers de vaisseau, aîin de le reconstituer sur de nouvelles bases, une injustice, Ccir on ouvrit la porte à tous les abus.
Guérin dit lui-même qu on écarta cinquante officiers au iDoins, jeunes encore et à antécédents honorables, qui n'au* raient pas mieux demandé que d'être employés; les quelques hommes capables qui furent maintenus, tels que Martin, Venoe, Vanstabel, Nielly, Bruix, reçurent des postes sédentaires dans les ports.
Il est vrai qu'en 1797, et Ton n'en fit pas myst^re, on fut pris d'un dégoût général pour la marine; l'on eut mémo ridée d'y renoncer absolument, et l'on vendit à des arma* leurs, pour les armer en course, beaucoup de frégates et de corvettes. N*est-il pas étrange que le plus illustre des amiraux de ce temps, se trouvant sans emploi, ait ofTert ses serviLta au couimerce? Nous voulons parler de Latouche-Tré-
ville (^iie îe ministre Tiugucl laissa aussi f^ans emploi.
Voihi uuv fies vraies causes de la ruine de la marine.
Le 28 janvier 4794, la Convention, par une inconséquence fatale, supprima les régiments de marine, dont elle avait voté l'orgaDisatîon précédemment, et elle décida que les volontaires nationaux feraient le service qui revenait à ces troupes sur les vaisseaux et frégates.
Peu après, sur la demande de Jean-Bon Saint-André, des instituteurs furent embarqiir''s sur les i)àtiments qui portaient plus de vingt canons, pour remplacer les aumôniers, regrettés des matelots, d'après les rapports de ce représentant.
Le 5 février 1794, le pavillon tricolore, tel qu*il existe au*
jourd'hui, lo bleu à la hampe, le rouge flottant dans les airs, remplaça définitivement comme pavillon de poupe celui qui servait de transition depuis I79U el dont UQ quart seuleûient portait les trois couleurs (4).
A la même date, fut proclamée l'abolition de l'esclavage.
Le \% février 1794, on établit dans plusieurs ports des écoles de canonnage.
Le 25 mai 1794, à la suite d'un discours passionné de Barrère, sur les crimes des Anglais, on poussa la passion jusqu'à décréter qu'à Tavenir il ue serait pas fait im seul prisonnier anglais ou hanovrien (2).
Le 6 mai 1794, des instructions sur l'histoire des marins
(t) On décréta que les marques de commandement dépendraient
du grado «lu commandant on chef.
n'était le pavillon national à queue blanche au grand mat pour les amiraux') au mât de niisainu pour IfS vice-amiranx, an raàt d'artimon pour les conlreHimiraux, la ilamme tricolore pour les autres oQiciers :
Les escadres d'iino arm»'c navale prônaient les dj'^nominalions duscadres rouge, bleue ou blancho, suivant la couleur de la quuuc.
(2) Lo capitaine Charbonnier, cédant aux instances de ses ofliciers et marins dout plusieurs avaient été embarqués sur la Modeste,* toléra que des prisonniers anglais qu*tl avait en son pouvoir flisseal passés par les armes. C'est la seule fois que le décret reçut son oxôcntiOR. Ce capitaine, d'un naturel généreux et humain, en conçut plus tard un vif chagrin dont U mourut (BaoN, HUMre de TtnUon,)
franrais furent rédigées pour les équipages des vaibseaux el uiïm^s a leur disposition.
ie 19 juio 4794, oq décréta que tout capitaine qui laisserait couper la ligne serait puni de mort.
Le 6 juin 4795, les amiraux furent laissés libres de monter pendant le combat soit un vaisseau , soit une frégate.
Le 24 octobre 4 795, un décret cliangca encore l'orgaiiisation de la marine.
CHAPlTttE 11.
CHRONIQUES DBS PORTS DB OUBIUIB.