CROISIÈRE EN MANCHE
Le contre-amiral Nielly. — Prise du vaisseau
rAlezandar.
Le contre-amiral Nielly commandait une escadre de 6 vais* seaux, 3 frégates, \ corvette, avec laquelle il partit de la rade de Brest, le 23 octobre 1794, pour croiser à l'entrée de la Manche, sur le passage d'un convoi de bâtiments anglais qu'on savait être partis de Livourne.
Le 6 novembre» à 3 heures du matin, il rencontra, à l'ouest d'Ouessant, les vaisseaux VAlexander^ à bord duquel flottait le pavillon du contre-amiral Bligh, et le Canada, capitaîw Powell-Hamîlton, qui retournaient en Angleterre, aprèsavoir conduit au large les convois de la Méditerranée.
Ces vaisseaux, qui gouverna ienL bâbonî amures, au nordast, par une belle brise d'ouest, passèrent à moins d'un demimille de noire escadre, et le contre-amiral Nielly donna Tordre de les chasser toutes voiles dehors.
Vers 7 heures du matin, tous les bAtîments arborèrent leurs pavillons, et le feu commença.
Le Francq s' étant placé, avec son vaisseau le Marat, par la hanrhe de VAlexander, le canonna dans cette position avantageuse, pour ne pas exposer inutilement ses hommes. Le capitaine du Jean-Bart le doubla par Tavant, et se maintint à bâiiord, après en ayoir fait le tonr.
Le contre-amiral Bligh amena son pavillon vers I heuredu soir; le Canada, que chassèrent troisde nos vaisseaux, échappa. Les Anglais eurent 28 hommes tués, 30 blessés.
C'était le premier vaissi^on pris sur les Anglais et conduit en rade de Brest depuis un siècle. Le pavillon fut porté chez le représentant en grande pompe. La Convention nationale décréta que les marins de Tescadre de Nielly avaient bien mérité de la patrie.
Que dire, maintenant, de l'exagération de l'historien James, quand il prétend que nous eûmes 450 hommes tués on blessés 1 Ea fait, sur le Marat, dont le capitaine se vanta d avoir réduit, à lui seul, ï Alexander^ nous n'eûmes que 40 blessés.
Cet historien, par un sentiment dont il est difficile de comprendre la cruelle ironie, s*e8t plu, dans tout le cours de son ouvrage, à exagérer démesurément nos pertes, en atténuant,
dans les mêmes proportions, celles de ses compatriotes.
Nous sommes heureux de lui donner un démenti formel, à propos de la prise de ÏALexander : nos pertes furent, en réalité, minimes, ce qui prouve que nos marins surent, à l'occasion, profiter de leurs belles chances; malheureusement, elles se présentèrent rarement.
Dans le mois de septembre de cette même année, Nielly avait déjà fait une croisière avec une division de 6 vaisseaux, 3 fré ates, et s'était emparé de M bâtiments du convoi de la Jamaïque, de 3 bâtiments de l'escorte.