‹ Histoire des marins français sous la RépubliqueChapitre 30 sur 71 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

■nmoin itaim. — oombats PAiricDuns.

La SémillanU, 4e 30, cap. Oaillard.

Le S7 mai 4793, la S^Ulante oourail au nord par une belle Mae d*eBt, lorsque ko vigies eorent connaissanoe d*iio grand navire qui cinglait à contre-bord, un peu sous le vent.

Gaillard arbora le pavillon de la République, ( ii rassurant d'un coup de canon, et bientôt les ennemis ayant répondu par un coup à boulet, le conibat s eu gagea.

Notre capitaine foi blessé mortellement après les premières Volées; le lieutenant Belleville, qui le remplaça, reçut également on coup mortel, et le commandement revint au lieu* tenant GarreaU; qui continua de soutenir dignement Thonneur du pavillon. Cet officier manœuvra, vers 9 heures du matin, après trois heures de conil)at, pour aborder son adversaire la Venus, de 52, capitaine Jonathas Faulknor, mais il ne put réussir dans son entreprise, parce que ce dernier avait l'avantage du vent, et s'éloigna du théâtre du combat en se maintenant toujours au plus près.

Nous eûmes 43 tués, SO blessés, et les Anglais, suivant James, eurent 21 hommes hors de combat. D'après c« même historien, Faulkuor cessa le combat, parce qu'il crut apercevoir une deuxième frégate française à l'horizon.

L'équipage de la Sémillante était aOaibli par suite de Ta* marinage de deux corsaires anglais, l'Actif ûq H canons^ la B^faj^ de 48 canons»

Il est incontestable que les honneurs de la journée revinrent à nos iiiai iiis, qui combattirent avec une grande intrépidité, manœuvr^^ent habilement et forcèrent les Anglais à s'éloigner, pour mettre fin au combat.

Les deux frégates étaient années de canons du calibre de I S dans la batterie basse.

La Gléopfttre, 36; cap. Mnllon.

Mulion, nommé au commandement des forces navales de la Manche à Cherbourg, rendit de grands services en assurant l'entrée et la sortie des oonvoisi tout en maintenant une bonne discipline à bord de ses bâtiments^ dont les marins étaient animés d*un bon esprit.

Dans ses rapports au ministre, i) parla souvent, en termes favorables, des capitaines qui servaient sous ses ordres.

Le 18 juin 1793, il croisait, avec la Cléopâtre, dans le voisinage du cap Start, quand, vers 3 heures 30 minutes do matin, il eut connaissance d'une frégate anglaise, la Nymphe^ de 36, capitaine sir Edward Pellew. Résolu à lui présenter bravement le travers, il cargua ses basses voiles pour Fattendre, et, quand elle se Ait rapprochée à portée cte voix, il la héla.

Sir Edward Pellew, ne comprenant pas distinctement ce qu'on lui demandait, ne répondit rien. Nos marins firent alors entendre trois cris de « Vive la nation I » auxquels les An» glais répondirent par des hourras.

Les deux capitaines, debout sur leurs dunettes, dit Janesy crièrent en même temps que leurs hommes, en élevant lenn chapeaux.

Peu de temps après, Mullon prenant en main un bonnet rouge, einblènu' de la libert<^, donna l'ordre à un gabier d'aller le placer à la pomme du grand màt, puis adressa quelques paroles d'encouragement à son équipage.

Les deux frégates couraient grand largue, bâbord amures, la Cléopâtre au vent, et la canonnade devint acharnée. Vers 7 heures, notre capitaine ordonna de mettre la barre au vent,

poar aborder son adversaire, et Torére ftit si bien exécoté, que le beaupré de la Cléopâtre s'engagea sur 1 arrière des haubans de misaine de la Nymphe : malheureusement il se brisai et les deux bâtiments s'ab«rdèrent de long en long, en ma ODDtraire. Le feu contioiia sans interruption.

MqUod reçQt un coup mortel sur son banc de quart; presque tous noe olfideiB forent tués ou blessés. Les matelots, un peu démoralisés par la mort de leurs cbefs, ne surent pas organiser la défense, et les Anglais, envahissant le pouL de laCléopâtre, s'en rendirent iiunires (i).

Nous eûmes 63 hoiimies tués ou bless(^s, et nos ennemis 23 tués, 27 blessés, suivant l'historien James.

Ce dernier a rendu pleine justice à la valeur de MuUon.

On dit que ce brave officier, au moment d*ezpirer, avala ta liste des signaux de c6te qu'il avait à la main , pour que les Anglais ne pussent en prendre connaissance.

Les deux frégates étaient armées, dans J a batterie basse, de canons du calibre de

Le loogre le Hook, cap. Pitot«

Ce lougre, de 16 canons de 3, 2 obusiers de 8, 4 pierriers, avait été armé à Hoscoff, et se trouvait au mouillage de Camaret.

Pitot s'empara d'un canot expédié par le capitaine d'un aviso anglais, qui , prenant le Hook pour un bâtiment de sa Bation, voulait inviter son collègue à diner. Le lendemain, 3 septembre 479S, Pftot ayant pris la mer, pour aller la

recherche de celui qui, par eneui , avait, voulu l'inviter à sa table, ne tarda pas à reconnaître un cotre anglais, qu'il poursuivit à la voile et à l'aviron : l'ayant rejoint, il l aborda résol ùment et s'en rendit maître, après un combat opiniâtre à l'arme btenche.

L'enseigne auxiliaire Douarin sauta le premier à Fabor**

(1) L'historien James dit que Mulloii fut ♦^ntrrr^ en Angleterrer Nous n'avons pu trouver le rapport des ofiiciers de la Ciéop&tre.

dage; )e inatelat Baoïnaie, Taspimi Le BoseCf le mait^ DonDîer Penot, l'e&fleigpe Le Huby, le soivirent imc intré-

I>idité.

On dit (|ue le soldat Doré reçut, pendant la lutte, une pique dans le c6té| qu'il l'arracha d'une main e( tua son ennemi de Tautre*

Le cutter ennemi » qui s'appelait leBoop^ portait 8 obuBîeis de 12, S de 6, 8 de 4, i espingoles.

La Convention décréta que les marins du Hook auraient tous un avant ornent extraordinaire, et recevraient trois mois de solde supplémentaire.

La Réunion, 36; cap. Deniau.

Ce capitaine, qui remplaça Mnllon dans son commandement, appareillait ordii^airemenL de Cherbourg dans la soirée, croisait en Manche pendant la nuit, puis regagnait le mouillage avec les bâtiments qu'il avait capturés.

Le SO octobre 4793, ayant pris la mer par une belle brise de sud-est et cinglant vent arrière, il aperçut par tribord une frégate anglaise, le Crescent^ 36, dont il s'approcha pour la reconnaître, tout en fàisant ses préparatifs de combat.

Bientôt le feu commença, les deux bâtiments courant bâbord amures, l'anglais au vent , à portée de fusil , manœuvrant avec habileté pour se maintenir toiyours par la Uancbe de bâbord de la Réunion.

Malheureusement, pendant tout le combat, qui dura plua de % heures avec acharnement, Deniau ne put garder son ennemi par le travers, parce que le phare de Ternère fut très-a varié par les premières volées.

Lorsque le vent mollit, la Réunion, arrivant vent arrière, présenta sa poupe aux boulets anglais pendant plus d uue demi«heure. Plus tard, une petite fraîcheur d'ouest ayant masqué les voiles, la position devint plus critique encore»

Le Cretcent courut au nord, bâbord amures; la Réunion, abatunt, au contraire, surhèbord, présenta son avant aux bordées de son adversaire.

Enfin le pavillon de la République fut amené, après que 80 hoQimes eurent è\A tués ou blessés. La vergue de misaine était coupée, les voiles en lambeaux, la cale pleine d'eau , trois pièces démontées.

De leur les Anglais éprouvèreDt des pertes sérieuBes : le Crescent fat démâté de son petit mât de hune.

Beniau prodigua des éloges mérités à son second, L*Ainé, à l'enseigne Isaac Folain , qui fut tué, au chef de pièce Daubigny, qui s'écria, en expirant, qu'il était content de mourir pour la Képublique, à laquelle il recommandait sa fenmne et ses enfants.

Nous devons mentionner qœ, depuis le commencement dn combat, une deuxième frégate anglaise était en vue.

Les Anglais étaient supérieurs en force, parce que le Cres^ cent portait des pièces du calibre de 48, et que la Réuaiuu était armée de pièces de 42, dans sa batterie.

La felouque Vigilante, cap. Oletta.

Cet officier, qui croisait au large de la €k>rse, ayant été poursuivi par une frégate anglaise, se réfui^ia dans la baie de Sa in te- Marie, où ii s'enibossa pr<»s do terre, après avoir débaïqué deux canons. 11 se défendit héroïquement contre son redoutable adversaire, qui le canonna, pendant 4 heures, à portée de pistolet. Un boulet anglais ayant abattu le pavillon, Oletta s*élançBit lui-même pour le hisser de nouveau, lorsque malheureusement il reçut une blessure mortelle.

La fille de ce bravo marin rerul une pension de 4 000 fr., et la Convention décréta (jue son acte de bravoure serait inscrit dans les chroniques de la Révolution.

L*Dranie, 40; oap. Tarin.

Ce capitaine croisa d'abord, en compagnie de la Médée, sur Ips côtes d'Espagne, où il aiuaiina un si grand nombre de bâtiments, que 60 hommes furent détachés de la fré-

gite et qu'il n*y avait pas moins de MO pcisonoim è mm boni.

Le 24 octobre 1793, l'Uranie, séparée de sa conserve, cinglait au nord par une jolie brise frOiie^L, quand les vigies siîrnalèrent, par le bossoir de bâbord, un grand navire qui n'était autre que la ThameSy capitaine James Cotes.

Le temps, couvert dans la matinée, s'éclaircit peu à peu, et les deux capitaines» passant à oontre-teid, vers 40 heores du matin, assurèrent leurs pavillons à coups de canon.

Tarin, après avoir envoyé sa première bordée, se mit aux mêmes amures, de bâbord, que son adversaire, et continua la lutte jusqu à 2 heures 30' du soir avec un grand acharnement.

Nos pertes furent sensibles ; notre brave capitaine eut la jambe emportée par un boulet, pendant qu'il animait ses marins ; onze de ces derniers furent, en outre, tués ou blessés.

Mais nos ennemis se trouvaient dans une position plus critique encore.

A bord de la Thames les pompes ne cessaient de fonctionner ; le sang ruisselait par les daiots; le côté de bài>ord clait dans un état indescriptible.

Ne tirant plus qu'à de longs intervalles, les Anglais ma* nœuvrèrent pour s'éloigner du théâtre du combat, bien heureux que les avaries de TUranie eussent mis nos marins dans rimpossibilité de les poursuivre.

Le lieutenantWuibert, d'après les conseils de son capitaine, se dirigea sur Hochefort, parce que les vivres inainiuaient et (jue plusieuiï» voiles suspectes paraissaient à 1 horizon. Poo après, il jeta l'aucre en rade de i'ile d Aix.

Tartu mourut de ses blessures le jour même du combat* et l'on raconte que, sur son lit de mort, il dit à son jeune flK âgé de 10 ans, qu'il avait è son bord :

« Mon filSt je meurs pour la liberté de mon pays. Apprends • à combattre pour elle et sois l'ennemi des tyrans! •

Le iiipiiaine Allemand, qui coniiiKunlaii à celte épn^jiie.dans la Manche, une division de 4 bâtiments, amarina la Thames peu de jours après cette première rencontre; il la prit À la rs' monpie et la conduisit en rade de Brest.

La Convention nationale décr(''ta cjue les marins de ITTranîe avaient bien mérité de la patrie, et que la r/iomei\s'appelierail la Tartu, en 1 honneur du brave commandant qui 1 avait réduite à Tétat le plus critiqae, après une lutte oplaiAire.

Les Anglais eareni 4 4 hommes tuéSy 23 blessés.

Le lieutenant Wuibert.

Cet officier, ci-devant second de TUranie, reçut le commandement d'une division de plusieurs bâtiments destinés à croiser dans la mer du Nord sous les ordres siqx rieurs du contre-amiral Vanstabel, et partit de Brest le 4 juillet 4794.

C'étaient :

La Tnrtii,

Le Brutus, 46, cap. Valtoau; La Bellone, cap. Le liozec ainé;

La Naïade, ca{». Jean L»îonard; La Républicaine, cap. Le Bozec

La Montagne, cap. Le Goïc; cadet. «

Nos marins capturèrent beaucoup de bâtiments, mais endurèrent de grandes souffrances pendant lu rigoureux hiver de (793 à 1794. Wuibert mourut laissant le commandement au Ueuteoaut de vaisseau Le Hozec^ qui, étant mort également, fut remplacé par son collègue Le Goïc. Le scorbut causa de grands ravages parmi les équipages, à l'époque du séjour des bâtiments dans les ports de la Norwége.

Las capitaines Ferrée, de Iieisségues, Tiiévenard,

inaolt.

Perrée, qui prit le comniandcnient de la Proserpine, dans le mois de mai 1793, croisa pendant huit mois dans i Océan et s'empara de 63 bâtiments anglais.

De Leissègues, ayant reçu le commandement d'une division de trois frégates, la Surveillante, ia Dryade, la Fraternité, revint de sa croisière à Lorient| dans les premiers jours d*aoùt 1794^ ramenant 420 prisonniers.

Thévenard reçut également le commandement d'une divi*

Danaé. Parti de Brest le 8 mars 4794, 0 croisa dans les en^

virons de Gancale et fit beaucoup de prises.

Arnault partit de Brest le 10 juin 1794, avec TExpériment et l'aviso le Quarlidi pour rejoindre les frégates Médée et Tartu aux euvirons de BayoDoe. Un certain jour, se trouvant sur les côtes de l'Espagne avec la Fraternité et la Tribune, il battit en retraite devant un vaisseau espagnol qu'il jugea de force supérieure.

Lorsqu'il revînt à Rochefort, le 6 juillet 4794, ses marins l'accusèrent devant la Société populaire de cette ville de s'être conduit avec lâcheté. Le rapport fut présenté au représentant, mais l'ailaire n'eut pas de suites.

La Melpomèue, cap. Gay.

Cette frégate, partie de Galvi, à destination de Toulon, et surprise par un calme plat à SI lieues du rivage, fut attaquée par deux frégates anglaises qui s'en approchèrent d'une nianicrc inquiétante, sous l'inipulsion d'une faible brise du large. La position était critique, et Gay ne put échapper à ses adversaires qu'en manœuvrant avec habileté et se faisant remorquer au port de Galvi, à l'aide de plusieurs chaloupes de pécheurs qui accoururent pour lui porter secours.

Nous eûmes, pendant le combat, 4 4 hommes tuéson blessés.

Le capitaine cita dans son rapport, comme s'étant distingués, le lieutenant de vaisseau Guien, les enseignes Massillon, Giraud, Gubert, Laugier, Gravier, le maître canonnier Faucon, le maître cal fat Charbonnier, le maître d'équipage Guillet, le capitaine d'armes Jacquillon, le maître charpentier Guest, le maître voilier Estoumet.

Le capitaine de vaisseau Desgarceau.

Ce capitaine partit de Gancale, à destination de Brest, par une jolie brise de sud-est, avec une division de trois fré*

gâtes et une corvette qu'il commandait.

Le lendemain, 23 avril 1794, cinerlant au nord-ouest et se trouvant à 5 lieues de l'ile de Bas, il aperçut cinq frégates qai ne répondirent pas à ses signaux de reconnaissance, ce qui lui donna lieu de penser qu'elles étaient ennemies. Les préparatifs de combat lùrent foits immédiatement; la brise soufflait toujours du sud-est, et le feu commença pendant que Desgarceaux courait une bord(^e dans Test. Il reprit ensuite les amures à bâbord. Les Anglais imitèrent sa manœuvre en conservant l'avantage du veut, et le combat continua sous l'allure du pins près, en ligne de bataille, bâbord amures.

la Résolue, qui marchait en téte, se trouva souventée dans une position si désavantageuse, que ses boulets tombèrent parfois à bord de l'Engageante. Lorsque Puillon-Villéon reçut l'ordre de forcer de voiles, il totiibn plus encore sous le vent, et quand on lui signala de prendre poste entre l'Engageante et la Pomone, il n'en fit rien, donnant pour raison que sa frégate avait éprouvé de grandes avaries.

Cependant» de part et d'autre, le feu continuait avec vlva* cité, et la Pomonei en particulier, soutenait une lutte héroïque.

Après une heure et demie de canonnade, Dcs£?arceaux reçut une blessure mortelle, ce dont les officiers prévinrent immédiatement Puillon-Viliéon ; mais ce dernier, jugeant la position désespérée, força de voiles pour s'éloigner du théâtre du combat, en hissant le signal de suivre son mouvement.

Déjà il- était certain que la Fomone et la Babet devaient succoinljer. parce que ces deux bâtiments étaient cernés par les frégates eniieniies.

Pourtant les marins se battaient avec acharnement; les cris de « Vive la République! » retentissaient dans les batteries. Pévrieux, quoique blessé» ne voulut pas quitter son poste, et ne cessa d'encourager ses hommes. En ce moment, la Fomone était canonnée par VArethusaj qui se maintenait à portée de pistolet ; la fiora^ la Mclampus^ une quatrième frégate ennemie l'écrasèrent de leurs volées; bientôt le grand màt de notre frégate chancela ; la vergue de misaine ayant eu ses suspentes coupées, tomba sur le gaillard d'avant; les

—.tao ^

caronades furent démontées^ 60 hommes toés oq blessés.

Pévrieux onl<mna d'évacoer les gaillards pour compléter les armements des pièces de la batterie. Peu après, an boo* let enflammé de YArethusa mit le feu à la hune d'artimon,

d'où il se communiqua au gréement avec tant de violence, que le mât ne tarda pas n tornl'or avec Irnrn^.

Ce fut alors que 1 intrépide capitaine, ceitain qu'il était abandonné, amena le pavillon national, amarré depuis long* temps aux haubans de misaine.

Cette lutte inégale avait duré plus de trois heures et demie, et les Anglais ont rendu pleine justice à la valeur de nos marins.

L'Engapeante fut réduite également, après une chasse de plusieurs heures. Le lieutenant Le Maître n'amena son pavillon qu*à â heures 30 minutes de Taprès-midi, ayant épuisé toutes ses munitions. Le grand mât de hune, le mât de perroquet defougueétaientbrisés; la cale pleine d*eau; 29 hommes tués ou blessés. Peu de temps après, tous les mâts tombèrent.

Le Maitre, en doiuiant des éloges mérités à ses officiers et matelots, se répandit en invectives contre Puillon-Villéon, qui s'enfuit à toutes voiles en donnant le signal de la retraite, quand il prit possession du commandement| après la mort de son commandant en chef.

La Résolue jeta l'ancre en rade de Mbrlaiz; mais son capitaine fut destitue.

Lu liabct luiiiba au pouvoir des euuemis, au commencement du combat.

11 faut prendre en considération, que les Auglais eurent une grande supériorité dans cette rencontre, puisqu'ils avaient cxsuf fartées frégates contre trois des nôtres et une corvette.

La Volontaire, 36; oap. Papin.

Ce capitaine se trouvant près des Penmarchs fut poursuivi par la division de sir John fiorlase Warren. il ordonna de

^ Itl

clouer în pavillon national au mât d'artimon, donna, dlt-îl, la clef de la cale au maître talfat pour faire couUu la frégate plutôt que de la livrer aux ennemis, gagna la côte, H mouilla ses ancres en a'emboasaDU Malheureusement, la Volontaire, ayant touché sur des roches, éprouva des avaries telles qu'on ne put la renflouer ultérieurement.

Pendant le combat, 4 hommes avaient été tués ou blessés.

yEspion, cap. KageBdie.

Cet officier, poursuivi par celte même division de sir John dont nous avons parlé plus haut, se réfugia dans la baie d Audierne, où il se battit depuis 3 heures du soir jusqu'à

7 heures daufi la journée du 28 août 4794.

Nos ennemis, en tirant a boulets rouges, allumèrent des incendies à trois reprises différentes. Le grand mât, le mât d'artimoD tombèrent ; 3 hommes furent tués. Malgré tout, Magendie parvint ultérieurement à renflouer la corvette.

L'Alerte eut le même sort, et l'historien James prétend que 50 hommes furent tués ou blessés à bord de ces deux corvettes. Or, Magendie ne mentionne, dans son rapport, que 3 hommes tués.

On voit que cet historien est toujours tr6s-oxagéré sur ce triste sujet de pertes. Un capitaine américain rapporta, d'un autre côté, qu'à bord d'une des frégates anglaises il y eut 60 hommes hors de combat.

Les capitaines Canon, VUlOBiandrin, Ferrée, Pitot.

— Gaoon fit une croisière heureuse, avec une division de 3 frégates, qui revinrent au port , surchargés de prisonmers

avec 26 prises.

— Villemandrin fut nommé aucommandemcntd une division

composée du vaisseau rasé le Flibustier, à bord duquel il

arbora son guidon, des frégates la Ciiarente, la Sémillante,

des corvettes Jean-Bart et Fapilion.

S'étant rendu sur le banc Terre-Neuve, il d^^tniisît S2 navires marchands, et jeta l'ancre à firest , après une croisière de 2 mois, avec son vaisseau rasé et la Charente.

Le Flibustier prenait tant d'ean , qu'on était obligé de pomper oontinuelleinent pour le maintenir à flot; la frégate était encombrée de malades et de prisonniers.

ViUdicL de Juteuse, jugeant sévèrement la conduite do Villemandrin , parce qu'il avait coulé toutes ses prises, ren- • dit compte de ses impressions au ministre, dans un rapport défavorable.

Aussi ce capitaine, qui s'attendait à être récompensé des fatigues qu'il avait endurées pendant sa pénible croisière, ne reçut même pas une lettre de Paris. Il se plaignit de ce silence dont il ne connaissait pas la cause.

La Sémillante et les deux corvettes avaient fait route pour New- York. Le Jean-Bart, en leveiianten France, fut capturé par deux frégates anglaises, le 28 mars 1795. Le capitaine Neel, avant d'amener son pavillon, ordonna de jeter à la mer des papiers importants, dont il était porteur, et qui concer** naient Saint-Domingue. Malheureusement, les dispositions habituelles furent si mal prises pour cette opération, qu'un matelot auL^lais les repécha.

Neel fut acquitté par le conseil de guerre qui le jugea.

— Perrée ayant été noiuoit aucommandementd'unedivision coniposée des frégates la Minerve, TAlceste, la Courageuse, TArtémise, des corvettes la Brave, la Badine, du chebec le Jacobin, reçut la mission de remettre au bey de Tunis une somme de 360000 piastres qui furent embarquées à bord de ses frégates.

Parti de Toulon le 45 novembre 4794, il revint le 27 décembre 1794, ayant heureusement accompli sa mission, et rapt 11 [ ( 25 bâtiments anglais. 11 ramena 560 prisouoiers qui provenaient de ses prises.

— Pi tôt prit la mer avec une division composée de la frégate la Tamise, des corvettes Bépublicaine, Citoyenne française, Alcazar, Eugénie, Montagne.

U captura, dans sa croisière, 38 bâtiments, dont plusieurs furent coulcb uu bi ùies.

lie cap» L'Hennitte.

Cet officier ayant été nommé au commandement d'une division composée des frégates la Seine, la Galatée, des avisos le Soulileur, le Requin , fut chargé de remplir une iiiissioD importante d<ins la mer du Nord.

Parti de Brest le 40 juillet 4794, il contourna 1 Irlande par le nord , captura plusieurs bàUments anglais, coula S5 pécheurs hollandais et jeta l'ancre au port de Dunkerque, après une traversée pénible, pendant laquelle les marins souffrirent beaucoup du scorbut. L'Herniitte fait le tableau le plus iiavraut de toutes leurs misères, dans le rapport qu'il adressa au ministre.

11 reprit la mer avec la Républicaine et la Galatée, atteignit le port de Gbristiansand , en Norwége, donna des ren* forts d*équipage à tous les bâtiments qui s'y trouvaient, et revint à Lorîent avec 49 navires chargés de grains.

La Galatée, en effecLuaiit ia traversée de retour, se perdit sur les Penmarchs.

Le Requin fut capture^ par uno frégate anglaise.

La ïartu , capitaine Villeneuve, qui se trouvait aussi dans les mers du nord, arriva sur rade de Brest, sans mésaventure.

Une division de frégates.

Les frégates la Vertu, la Gloire, la Gentille, la Fraternité partirent de la rade de Brest, le 20 mars 4795, pour aller croiser dans TOcéan ; mais une division de cinq vaisseaux anglais obligea les capitaines à prendre chasse, dans les environs de Tile d^Ouessant, en prenant Taliure favorable et cinglant dans différentes directions.

La Fraternité, qui marchait supérieurement, oi liappa. Le capitaine Florainville assure, dans son rapport, qu il ne gagna sur son adversaire qu'après la démolition des fourneaux à rougir les boulets*

La Gloire fut réduite, vers H heures 30 minutes du soir, après un combat acharné, par VAsiréa, qui fut démâtée de son grand mât de hune. Nous eûmes 40 hommes hors de

combat, et, suivant Jaiiios, les Anglais n'en eurent que 8.

Qu'on juge malotenanl de la partialité de cet histurien. Il établit avec un grand soin le parallèle des forces respectives des deux frégates, prétend que noe marins eurent la supériorité d'artillerie, et ne compte pour rien le voisinage de deux vaisseaux qui s'approchaient, toutes voiles dehors, du théétre du combat.

La Gentille fut amariuée par VAnnibal de 74.

Lw capitaines Bohiiii Foucault, Môultson, Mjïïjm.

^Robin, ayant reçu le commandement d'une division composée du vaisseau rasé le Flibustier, de la frégate la Vertu ,

des corvettes la Décade, la Bonne- Cituyenne, la Société populaire, appareilla de la rade do l'île d'Aix le 20 août 1795, et ramena dans le port de Kochefort, après une ac^ Uve croisière, du cap Saint-Vincent à l'ile Madère, 44 navires capturés sur les ennemis. 11 ne revint qu'après 89 jours de mer, les hommes exténués de fatigue, les vivres consommés, le gréement rendu , le Flibustier cintré, coulant bas d'eau.

Au commencement de sa ( roisière, il avait coulé 15 bâtiments auprès des îles S m lingues.

— Foucault commandait une division couiposée de la frégate la Vestale, 36, qui portait son guidon , de la corvette la Brune, capitaine Deniéport, des brigs Alcezte et Soowt.

Le S9 septembre 1795, comme il se rendait de Gènes i Toulon , escortant un convoi de 95 navires chargés de Mé, îl rencontra, vers 10 heures du soir, la frégate a ni; lui se le ^outlaimpiun , 32, vl la corvette la Moselle. Ayant fait bonne contenance, en battant en retraite, pendant que le convoi cherchait un refîige dans le port de Fréjus, il démâta la frégate ennemie de son mât d'artimon. Nous eûmes S hommes tués, 44 blessés* La Brune ne prit aucune part à cette rcn-

contre à ia suite de laquelle Foucault lut oommé capitaine de frégate.

—Moullson, nommé au commandement d*UDe division qui se composait des frégates la Néréide, la Forte, la Tartu , du brig rÉveîllét partît de Brest le 20 août 4795, avec des instructions pour tenir la mer pendant 4 mois, et rallier Tescadrc du cnntr»^amiral Kichcrv.

11 captLU"a 48 i>âtimeatâ du convoi de la Jamaïque (jui avait été dispersé par une tempête, et regagna le port de ftochefort, après deux mois de mer, en échappant avec bonheur aux poursuites des croiseurs ennemis. Plusieurs coups de canon furent échangés, dans la nuit du 45 au 46 octobre, et le brig l'Eveillé fut capturé.

Au nombre des bâtiments amarinés se trouvait le Sîra/i, de 4 4 canons, qui faisait route pour Londres avec les dépêches de lord Qarvey et que montaient quatre personnages de distinction , de la suite du comte d'Artois.

Le ministre de la marine adressa des reproches à Moultson , pour avoir regagné la France sans remplir la mission dont il avait été chargé.

— Meyne rendit de i^ninds services dans la mer du Nord, où il commandait, sous 1( s ordres supérieurs du contre-amiral Vanstabel, une division de plusieurs bâtiments, leT^andour, la Naïade, la FraterDilé, la Jalouse» le Subtil , le Poisson- Volant.

U est incontestable que, durant tout le cours de la guerre,

nos ennemis surent allier la ruse à l'audace, à riiabiteie, a la force. On no lira pas sans intérêt les détails suivants, consiiine» dans une lettre que le vice-amiral Yillaret de ioyeuse écrivait au ministre de la marine.

• La fameuse division de sir Edward Pellew, qui croisa sur

< nos côtes avec tant de persévérance, était composée des « frégates la Fomoney le Ùtanusnt, V Artois, VAurora.

• Des pilotes français se trouvaient à bord de chacune « d'elles; leurs batteries étaient peintes en rouge, avec une « boidure blanche dessus et dessous. Les marins ani;lais

< etaieui coiûés de booneu rouges, à Tiostar de nos sans*

• culottes. Les statues étdent blanches, avec le bonnet de la « liborlé peint également en rouge. »

Le capitaine Arnault.

Arnault» lieutenaot de vaisseau, commaiidait une division composée d'uo vaisseau rasé, trois corvettes, un brig.

L^Bxpériment, 46, cap. AitULuU, lieutenant de vaisseau; La Vigilante, 24, cap. Pillot ou Perrier; La Mutine, 12, cap. Lefftbre ou Lefébure ; L*Épervior, 22, cap. Golc ou Peponnet, enseigne ; La Félicité, 20, cap. Duchemin ou llartin.

Il partit de Brest le 9 avril 1794, pour faire route vers les cétes occidentales d'Afrique, avec la mîssioo de ruiner le

commerce de reimemi.

li ( a|Uara, chemin faisant, deux bâtiments marchands, et se présenta devant la ville de Sierra-I^nei après vingt jours de traversée.

Les bétiments portant les couleurs anglaises, « se plaçant, « dit James, de manière à commander les rues, canonnërent

• la ville dont les habitants avaient hissé le pavillon pour

• leur faire honneur.

« Le feu (lui a plus de deux heures; plusieurs personnes « furent blessées ou tuées. »

Nos marins, débarquant ensuite, mirent au pillage les maisons que, dans leur sagesse, les propriétaires avaient aban« données.

Mentionnons, cependant, que, cédant aux instances des étrangers, ils ne livrèrent aux flammes que les établissements britanniques.

Us remontèrent ensuite la rivière jusqu'à Tile Darke, dont ils canonnërent le fort que les soldats anglais évacuèrent sans amener le pavillon, pour avoir le temps de se sauver.

Arnault ne fit aucun mal aux coltiires, mais il brftia on» bâtiments de la compagnie et reprit le large, emmenant le Harpy, de iâl canons, de 1,200 tonneaux de chargement.

Il se rendit au cap Mounl, capturai oavires de la cûte de Guinée ) les pilla, débarqua les nègres, ne gardant oomme prisonniers qae les capitaines, pnis les livra aux flammes oa lesomla.

Les bâtiments, gorgés de butin^ revinrent dans les mers d'Europe, après .noir détruit, suivant les rapports, plus de deux cents navires anglais, espagnols ou portugais. Le bulin se composait d'or, de mousseline^ d ivoire. A la suite de cette croisière» quarante négociants firent faillite à Londres. Gha-* con de noe marins reçut 25O0 fr. de part de prise.

Amaulteut le bonheur d'atteindre, sans encombre, le port de Rochefort, où il jeta Tancre le 24 juillet 1795. Il n'entra . qu'en forçauL de voiles et se balLariL contre les croiseurs anglais.

Le capilainc de la Félicité fui même obligé de jeter son bâtiment à la côte. Le chargement fut ultérieurement sauvé.

Le commandant des armes rapporte que nos marins capturèrent 74 bètimente dont ils brûlèrent 70, qu'ils ramenèrent la PrmcesS'Royal^ de 82 canons de 9, et versèrent au trésor la somme de 200 000 francs en espèces.

Telle fut cette expédition, coui uiinée du plus grand succès, qui n'a jamais été bien racontée jusqu'à présent, et (jue tous les historiens, se copiant sans doute les uns les autres, ont attribuée à tort au fameux capitaine Allemand, tandis qu'elle fiit commandée par le lieutenant de vaisseau Amault, d'après les nombreux documents que nous avons eus sous les yeux.

Noos tennineiona en racontant, non point trois combats, mais trois attentats qui peuvent servir de palliatif à ce décret de la Ckmvention, qui défendait de flaire des prisonniers

anglais, attentats qui montreront éloquemment de quelle

iiaiiie uu> ennemis ont été animés contre nos pères. La Modeste elmt au mouillage dans le port de GéneS| où

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