‹ Histoire des marins français sous la RépubliqueChapitre 33 sur 71 · I . . i. y GoOgI · texte numérisé non relu

I . . i. y GoOgI

aiii]Mn|iié8 daoB un canoti bravèrent le fen d'une corveMe anglaise, se rendirent à bord d'un corsaire français et le saiH

vèreDt, en le dirigeant halnlenient au milieu des passes étroites qui existent eiure les rochers de ce pays. Ces marins, que coniinandait Gucguen, s'appelaient Salaun , Lilès, Floch ainé, Floch cadet, Toulès.

Tous reçurent des brevets de satisfaction. Guéguen devint altérieorement contre-amiral, à la suite des services les plus 6minentS| rendus en escortant de Gancale à Brest» avec uoe habileté* une intelligence remarquables, les convois de la Manche.

La HonfiUlo» cap. Cliarabot.

Ce corsaire, surpris pur une afireuae tempête de nord-ouest, ayant sombré dans la Méditerranée, les matelots s*embar«

quèrent dans leur chaloupe, rencontrèrent un brig anglais

surpris par le calme, l'abordèrent résolùment, parvinrent à 1 enlever» le couteau à la main, et le conduisirent à Marseille.

Le Sans-Culotte nantais, cap. Pluckett.

Ce capitaine, ayant appareillé de Nantes dans le mois de

mars 1793, captura deux navires hollandais et six anglais. 11 ne put en amai iner d autres, car, restant , lui onzième, à son bord , pour contenir 73 prisonniers, il était obligé, pour prendre des ris, de faire monter tout son monde, excepté son second , son chirurgien , le mousse.

Arrivé à bon port à Brest, dout les habitants le reçurent avec des acclamations, il prit le commandement du Patriote de Brest, corsaire brig de 4 4 canons de 6, 2 de 8, l'arma de UO hommes d'élite, et reprit la mer, en même temps que le Sans-culotte nantais, que commandait son ancien second, Tayer.

Us échappèrent fort heureusement à deux frégates qui les

poursuivirent, mais se sépaièient, parce qu'ils firent roule dans différentes directions.

Dans le cours de sa croisière, Pluckett combattit une corvette ennemie, qui força de voiles pour éviter fioa abordage» et soutint, peu de jours aprèsi un autre combat contre un vaisseau de la compagnie des Indes, armé de 80 caronades de S4. Il fàt blessé deux fois, mais n'en continua pas moins à commander. Pentiajit que les deux bâtiments étaient bord à bord , il ordonna de jeter les grappins d'abordage; malheureusement, celui de l'arrière seul tint bon, et, comme l'Anglais mil le vent dans ses voiles pour s'éloigner, il fallut couper Faussière, ce qui mit fin au combat.

Neuf bâtiments marchands furent successivement ania« rinés.

Un jour, pendant une violente terapôte, une forte voie d'eau se déclara. Les matelots du Patriote, effrayés, craignant sombrer, denumdèrent à jeter le navire à la cùle m Irlande, dont on n'était pas loin ; Pluckett déploya une grande fermeté, contint ses hommes, releva leur moral; on jeta des ancres à la mer, on passa des huniers sous la quille pour aveugler la vote d'eau , on força de voiles, et le Patriote atteignit heureusement le mouillage de Ttlede Bas, après avoir soutenu encore un combat de trois heures couLic un grand navire anglais qui n'osa pas s approcher.

Notre intrépide corsaire débarqua 98 prisonniers anglais àEoscoff, et se rendit ensuite à Brest, où il .jeta l'ancre» après une heureuse traversée.

Pluckett , que ses contemporains ont surnommé le second Jean- tort de Dunlrerque, fut promu au ^de de lieutenant de vaisseau par Jean-Bon Saint-André, lequel Tembarqua surleTi^re, qui porta successivement les pavillons des amiraux Nieily et Vanstabel. Ce dernier l'avait en grande estime, et l'employa plus tard» à croiser dans la mer du Nord, ou il fit merveilles.

Étant capitaine de la corvette la Jakmse, dans le courant de l7fNI, Pluckett s'empara de 7 bétîments dans une croisière de quinze jours. Ayant pris la mer peu de temps après, il captura encore trois bàtimentâ, puis, après avoir soutenu,

pendant U heures, un (ombat sanglant contre un navire de guerre anglais trois fois plus fort que lui et qu il eut le bonheur de démâter, il se réfugia dans le port de fiergeo, eu Saède.

Là U reçat du mmistre Traguet uoe lettre de lélicitations.

La lalonse portait 4 S canons de 42 et 4 58 hommes d'équipage, tandis que la Tisiphone qu'il avait combattue étail arniêe de <6 câioiiades de 18 et de 22 canons de \ 2.

En revenant de Beriren, ce vaillant capitaine dut baisser pavilloQ devant la frégate ia VesiaUf capitaine WhitOi mais m sans une longue résiatanoe.

D eut le bonheur de 8*écfaai^ de sa prison.

Capitaine du corsaire le Résolu, il tint la mer pemhmt 78 jours, dans le courant de 4799, et ne captura pas moins de \9 bâtiments ennemis.

Il donna sa démission en 1802, et l'on a calculé que seul il a capturé 48 bâtiments, 54 canons* 501 prisonniers. De plus il brûla 5 bâtiments, en força 3 autres â foire c6te et visita 59 bâtiments neutres. (France maritime^ par Vende* rest.) (Piuckett, Ze Vétéran de la marine )

Le corsaire le Gônéral-Dumoariei.

Le capitaine de ce corsaire amarina un galion espagnol à bord duquel il trouva une somme de 5 000 000 de francs. Malheureusement il fut repris par un vaisseau de 1 armée navale de l'amiral liowe. BreiiLon raconte que In seule part de cet amiral montait à 50 000 livres sterling. Nos ennemis démolirent le navire pour fouiller partout.

La Citoyenne (i), cap. Dubédat.

Ce capitaine, parti de Bordeaux pour croiser dans le golfe de Gascogne, rencontra, le 43 mars 1793, la h^égate anglaise

(l) La Citoyenne était une ancienne frégate de 82. Ultis poi^t 26 canons de 12, fi de 6 et des caronaUes.

r/m, de as, oapitijne Georges Lambetisne, dont il e'appiedit

très-audacieusement. Bientôt la canonnade s'engagea avec un grand acharnement. Dubedat reçut un coup niurlel, 45 autres hommes furent tués, 27 blessés; mais, malgré ces pertes cruelles^ le pavillon de la République ne fut pas amené.

Le combat cessa parce que la frégate anglaise, trop née pour se maintenir par le travers dn corsaire, s'tioigna.

La Convention décréta qu'une somme de 1 900 francs serait donnée à la veuve du capitaine Dubedat, et autorisa, par exception, les arma leurs de ce navire à choisir les meilleura marins de Bordeaux pour en faire Tarmemeat (4).

Nos ennemis, suivant James, eurent 34 hommes tués oa Ueasés.

La Eéfttblique'Fraiiçaiie, cap. Hordeille.

Ce capitaine, capturé, malgré une vive résistance, peu de jours après son départ de Marseille, par une frégate espagnole, fut mis eu prison, avec ses compagnons, au château d'Alicante.

Après plusieurs mois de captivité, ayant réussi à scier les barreaui: de leur cachot, ils s'évadèrent au nombre de SO,

prirent possession, au moyen d'une chaloupe, d'un bâtiment mouillé sur rade, et gagnèrent le port de Marseille.

Le capitaine TruUet.

Trullet, à son retour de la Grèce, se trouvant au mouillage des lies d'Hyères, avec un petit bAtiment ,qu*il commandait,

(i) MonUeur witiwrMf, 12 juin im On lit dans la Ftanee morn time que l'on se battit pendant deux heures targua à Tergae, qm

la frégate ennemie perdit son màt de misaine et de beaupré, que le

combat n'* rfssa que parce fp^Mlle prit la fuite et que nos marins la poursuivi reni avec des cris de joie. Rigal était second de Dubédat. C'e^t uii des })oaux faits d'ai'mes de nos marins. (Marine française sous la Képul>iique. France marUmUt vol. II, page 202.)

fut attaqué, (leDdant une nuit sombre, par uo canot chargé de iDonde.

Surpris peodant sou sommeil, il se leva en sursaut, saisit les premières armes qu'il troava sous sa main, et smla sur le pont, suivi de plusieurs de ses marins.

Une affireose mêlée coomiençB : plusieurs Anglais turent tués ou blessés, d'antres jetés à la mer, et les nôtres restèrent enfin vainqueurs, après une lutte héroïque, dans laquelle Trullet se distia^'ua particulièrement. La Gouveutiou uatiunale fit grand cas du ro beau fait d'armes.

< Des marins grecs, dit un représentant, assaillis inopiné- « ment au milieu de la nuit, au mépris des nationalités, « forent saisis d'une indignation généreuse; sachant qu'ils « avaient à leur tète un républicain français, ils se rappet lèrent que leurs ancêtres avaient été républicaine eux-

« moines. •

On décréta que Trullet serait nommé commandant d'un vaisseau de guerre, et le ministre, en le nommant enseigne provisoire, lui donna le commandement d'un brig.

A cette occasion, de singuliers débats s'élevèrent au sein delà célèbre assemblée ; quelques représentants se plaignirent que le ministre n'eût pas exécuté le décret, puisque Trullet n'était pas nommé au commandement d'un vaisseau.

Dalbaïadc doima toutes les explications que cette question comportait :Jeau-Boii Saint-André, qui cuiiuuissait parfaitement l'organisation de la marine, prouva qu'il n'était pas possible de donner le commandement d'un vaisseau de ligne à un simple caboteur, parce qu'il avait été brave; le boucher Le Gendre, qui avait été mousse et matelot, pendant dix ans. expliqua très-clairement l'affaire en litige, en faisant preuve d'un grand bon sens.

En dctinitive, sur sa proposition, Trullet fut nommé en i>eigue entretenu, et promu au commandement d une corvette (1).

(1) Le 19 ventôse an II, la Convention décréta (jue TruUet, le capitaine grec et les marins du bdlimeut avaient bien mérité de la pUfia.

La corsilre l'AiDl-des-Lois, cap. Sconfarry

Ce capilnine, après avoir fait de nombreuses prises, parvint à capturer, à l'abordage, un brig anglais qai avait l&O homioes d'éi^ipage. L'Ami -dee-Lois n'avait que 40 hommes d'équipage et était armé de 8 canons.

Le canonmer Jateauz.

A bord d'uDe prise , ce brave soldat eut le bras fracassé, la

figure brûlée, un œil emporté. Il appela le capitaine et lui dit, sans manifester la douleur que ses blessures devaient lui causer :

« Prenez soin de ma pièce, car je ne puis la servir, mais il « me reste un bras, je m'armerai d'un piatolet et je défeodru « le pavillon de la République. »

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