DIYERS COMBATS DANS LA M£R DES ANTILLES
L'Embuscade, 36; cap. Bompart.
Ce capitaine, après avoir détruit ou capturé plus de 60 bA* timents marchands, se tnmvait en relâche à New-York, lorsqu'il apprit qu'une frégate croisait au large.
Il s'imagina que c élait la Concorde qui battait la mer dans ces mêmes parages, et chargea 1 un de ses officiel», Américain de naissance, d'aller porter au capitaine des instructions relatives à un corsaire qu'il désirait poursuivre. L'officier soupçonna qu*il se rendait à bord d'un anglais et ne se trompa point, car la frégate en vue n*était autre que le Boston, capitaine Gourtenay. Malgré ses défiances, !1 futfBÎt prisonnier, parce qu'on l induisil complètement en erreur, par Tintermediaire d'un pilote qui parlait le français,
Gourtenay, en causant avec lui, dans la journée du iende- .
main, lui assura, dit-on, qu'il serait enchanté de se mesurer avec TEmbuscadei ce à quoi Tofficîer répondit que Bompart ne demanderait paa mieux. Des lettres forent édiaiigées par la poste de New-York^ et le cartel accepté de part et d'aotie.
Le 30 juillet 4793, nos marins prirent donc la mer, etdat»
la jouniéc du lendemain ils aperçurent la frégate ennemie sous le vent, dans le sud-ouest. Vers cinq heures du matin, les préparatifs du combat étaient terminés, les capitaines avaient arboré les pavillons de nation, et rEmbuacade, courant à contre^Mrd, passait à 3 milles an vent de son «dveraaire le Bostcn.
Le fen commença après diverses raanoaovres; les deuit b4> timents cinglant bâbord amures sous les huniers par une belle brise de nord-est, l'Embuscade au vent. Plus tard, les deux capitaines prirent la panne, sous les mêmes amures. '
Vers 6 heures, les Anglais avaient déjà des avarias miyeures. Le mât d'artimon du Boiixm était Inrisé; son grand mât de hune tombé sur tribord; Courtenay et son second blessés mortellement.
Il faut dire que l'Embuseade avaii aussi beaucoup souffert, de telle sorte que Bompart ne put rejoindre les Anglais, lorsqu'ils s éloignèrent en forçant de voiles.
D'après son rapport, ces derniers eurent 435 hommes tués on blessés ; d'après James, il n'y en eut que 50.
Notre capitaine rapporte également que les dames d'Halîta se cotisèrent pour fêter les héros de la frégate anglaise ; que, d'une autre part, les liabitantsde New-York fireulgraver une médaille d'or en l'honneur des marins français, et qu'il ne l'accepta qu'à la condition de ne pas la porter, parce que la Convention nationale avait supprimé les décorations.
La Concorda, cap. Vandangen.
Ce capitaine, en se rendant au port de Tiburon, sur la côte de. Saint-Domingue» pour remplir une mission que lui avait donnée le Gontre*«miral de Gambis, captura la frégate an^ glaise iaifyéfis.
Lluconfitanie, 36; cap. Riouffe.
Ce capîtaine làisait route pour revenir à Port-au-Prince,
lorsque, le 25 novembre 4793, Il eut oonnaîssance de deux L^ands balinients à l'horizon. On dit que, les prenant pour des marchands, il néelî^rea de faire les préparatifs de combat; aussi quelle ne fut pas sa surprise quand, au milieu de la nuit, deux fortes frégates anglaises, se plaçant de chaque o6té de rinconstante, commencèrent un feu terrible, après les sommations d'usage.
Aux premières volées, tous nos fanaux d'applique tombèrent ; nos marins restèrent plongés dans l'obscurité, si bien qu'il n'y eut qu'une indicible confusion dans les batteries.
Notre infortuné capitaine ne tarda pas à amener son pavillon, après avoir reçu une blessure dont il mourut, peu de jours après, à la Jamaïque.
Nous eûmes 7 hommes tués et 9 blessés, d'après le rapport do l'enseigne Omnés, qui critique beaucoup son capitaine, et 28 hommes hors de combat, d'après l'historien James, qui exagère souvent.
Les deux frégates anglaises qui combattirent la nôtre se nommaient : la Pénéhpe^ dS; Vlphigénie^ 3St.
La Piqae, d6; oap. Gcmseil.
Ce capitaine fut expédié, par Victor Hughes, au devant d'un convoi qu'il attendait de France, et, le 4 janvier 4795,11 rencontra la frégate anglaise la Blanche^ cap. Joiin Faulkner.
Les ennemis semblèrent d*abord prendre diasse ; mais ils se ravisèrent, et, vers 8 heùres du soir, le feu commença au moment où la Blanche^ les amures à tribord, passant sous le
vciil de notre frégate, couiMit à < ontre-bord.
Après diverses évolutions, les capitaines se mirent aux amures de bâbord, pour continuer le combat.
Conseil, qui avait l'avantage du vent, voulut doubler sod adversaire, laissa porter tout à coup, pour le caaoaner en enfilades, mais l'Anglais exécuta la même manœuvre, et les deux frégates restèrent bord à bord.
Vers 2 heures 30 minâtes, la Pique Ait démâtée de son grand mât et de son mât d'artimon, et peu après, Conseil ayant abordé la Blanche par bàl)ord, nos uiarins firent tous leurs efforts pour sauter à l'alx)! dage. La brise avait cesséde souffler, le temps était beau ; le bruit de la fusillade, des grenades, de Tartillerie troublait, dit James, le calme de la plus belle nuit intertropicale.
Vers 3 heures, Faullonor reçut un coup mortel, au moment où il donnait des ordres pour lier le beaupré de notre frégate au cabestan de la sienne. L'amarrage ayant manqué, la Pique dériva sous la poupe de la Blanche, et les Anglais lièrent de nouveau son beaupré au cabestan.
Us placèrent aussi des caronades en batterie sous la duneite,ouvrirent des sabords en tirant à boulets contre le couronnement, et commencèrent un feu d*enfer qui enfilait notre frégate de l'avant à Tarrière.
Conseil, blessé mortellement, n'amena son pavillon que vers 5 heures du matin, ap^^s ce combat sanglant pendant lequel, suivant les historiens anglais, les équipages semblèrent animés, de part et d'autre, du courage le plus chevaleresque.
Nous comptions 76 hommes tués, 140 blessés, d'après
James, qui dit que ses compatriotes ne perdirent que 28 hommes.
Le rapport de Conseil n'existe pas aux archives de la marine.
Dans une lettre au ministre, Villaret de Joyeuse idhi* lionne que l'arrivée d'un vaisseau anglais décida de la vidoin
des Anglais.
James ne dit mot de ce fait important.
us CORSAIRES LES ARTILLBS.
Ud rapport du citoyen Théric, négociant, à New- York, dé« légué par les corsaires français dans la mer des Antilles, pour Jiure valoir leurs services devant la Convention nationale, a
été conservé aux archives.
Grâce au zèîe de ce mandataire, nous pouvons payer un tribut de reconnaissance à quelques marins français perdus dans ces pays lointaiDS. Le citoyen Théric dit que 38 navires furent armés pour la course, qu'ils capturèrent 72 bâtiments anglais d'une valeur approximative de 17 millions de francs.
Le capitaine Jean Bouteille arma, dit-il, le premier.
Carrin de Marseille, Hervieux, Langlois, Gaillard, Bar, Bolchoz marchèrent sur ses traces.
11 «^numéro , devant la Convention , leurs beaux faits d'armes, parla de leur bravoure, de leur patriotisme, de leurs mérites, se vanta de tirer leur nom de Toubli, assura qu'ils firent souvent passer des secours en vivres et en munitiona de guerre aui généraux qui oombattaient pour la République à Saint-Domingue, et conclut en doniarulant que ces corsaires fussent à même d'obtenir des grades dans la manue de lÉtat.
Nous ne savons si la Convention accueillit favorablement cette demande.
L*Atalante rencontra, le l** décembre 4793, le paquet anglais r Antilope, qu'il poursuivit en forçant de voiles. Le
3 décembre, le vent ayant molli, nos marins se rapprochèrent ei on^apièrcnt le combat bord à boid. Ils en vinrent i Tabordagt^, mais succombèrent apns une lutte sanglante dans la « quelle 30 hommes furent tués, i7 blessés.
James assnrp rjue les passagers de ri4nt»^e firent mer^ veille, que M' Nolin, émigré français, ci-devant aspirant de marine, se distingua particulièrement, et montra un courage de lion pendant la lutte qui a'enga<;ea corps à corps.
X£S ÂJLLIÉS DE LA FMliC£.
Depuis le commencement des hostilités, les Anglais convoitaient la riche colonie du Cap, et le vice-amiral Elphinstone s'y rendit avec une escadre, dans le mois d'août 4795, conformément à ses instructions.
Ses troapes, débarquant dans l'est de la ville, se rendirent maiiresaes des positions dominaoteSi à la suite de quelques escarmouches; puis le général Glarke arriva de l'Inde avec un corps d*année considérable pour poursuivre lesopératione. En même temps d'immenses approvisionnements furent débarqués.
Lep Hollandais, jugeant que toute résistance serait inutile, signèrent une capitulation par laquelle cette belle colonie, qu'ils avalent rendue florissante, devint terre anglaise.
L'île de Geylan, qui appartenait aussi à la Hollande, devint, à cette même époque, l'objet de la convoitise de dos puissants ennemis.
Le contre-aiiiiral Reyniers, ayant jeté l'ancre dans la baie de Trinquenialé, avec une escadre de ^ vaisseaux et plusieurs transports, le général sir James Stuart débarqua des troupes et livra plusieurs combats, à la suite desquels une capitulailion fut signée. Toutes les places de Vile tombèrent successivement au pouvoir des Anglais, qui ramassèrent an butin considérable, d'une valeur de 8 millions de francs.
Le contre-amiral Rryniors s'empara ultérieurement de l'île d'Aiiiboine, où se trouvèrent des richesses telles que chaque capitaine reçut 300 000 francs de part de prise.
Les Hollandais firent un vain effort pour prendre possessien de leurs colonies. Us armèrent 3 vaisseaux, 4 frégates, A corvette; mais l'amiral anglais Keith, qui commandait dans ces. parages une importante escadre de 8 vaisseaux, se rendit audevant de ces forces et les réduisit.