NELSON A SAINTE-CROIX D£ TÉNÉRIFFE
Nelson nommé au commandement d*une division de 4 vaisseaux et de 3 frégates, ayant reçu la mission de s'emparer des
iles Canaries, arriva dt;vanL SaiiUe-Croix, capitale de l'ilede Terieiiife, le 18 juillet 1797, après une couil'^ traversée.
11 se trouvait toujours sous les ordres supérieurs de lord Jervis et n'était que détaché pour cette mission particulière.
Les Espagnols repoussèrent les sommations qui leur furent adressées, de sorte que, dès le SO juillet 1797, Nelson tenta un premier débarquement ; un vent contraire, un courant violent empêchèrent la jonction des canots et la partie dut être remise au lendemain.
Ce nv lut pourtant quo \o 24 juillet, par une nuit obscure, un temps pluvieux, quil renouvela son alta(}ue.
Vers minuit 700 hommes embarquèrent dans les chaloupes
et canots armos en guerre, 180 montèrent le cutter h Fox^ 70 un autre bateau, et les précautions les plus niiniîtîpuses furent pi i^cs pour un débarquement siniuilané. On allait atteindre le rivage, et iNelson se irouvait lui-même à la téte des envahisseurs, quand, tout à coup, le feu brilla, une grêle de boulete, de mitrailles, d'obus mireot dans les deux diviaioiis un désordre indicible.
Le cutter le Po» coula si bien, que 97 hommes se noyèrent: un autre Lalcau coula de même; d autres lurent chavirés parles vaguts au rnouient d'atterrir; enfin Nelson, ayant reçu lui-même uue cruelle blessure au bras, dut résigoer le commandement.
Malgré tout, noa eDiiemis mettant pied à terre enlevèreot le m6le, quoiqu'il fjitdéfmdu vaîllammeat par 300 milldeos ou soldats, puis le capitaine Troubridge, ayant voulu pénétrer dans la ville, essuya un tel feu de mousqueterie, qu'il fut réduit à mettre bas les anncs, avec 340 hommes.
On assure (|ue da[ib cette atTnire il n'y eut pas moins de 140 Anglais tués ou noyés et 109 autres blessés.
James raconte qu'une centaine de Français .combattirent dans les rangs des Espagnols. 11 aurait pu ajouter que ce furent ceux-là surtout, qui firent payer cber aux Anglais leur tentative audacieuse, car on assure qu'ils organisèrent la défense, se liiLiit donner les clefs de la citadelle et communiquèrent aux miliciens toute i ardeur dont ils ét-uient aniiu" -^.
Ces Français n'étaient autres que les marins de la Mut me et ceux de deux corsaires malouins qui se trouvaieul au mouillage.
La Mutine de la division du contre-amiral de Seroey se rendait dans les mers de rinde et s'éuit réfugiée à Ténériffe
après avoir perdu ses mâts de hune dans un grain.
Là, pendant que beaucoup de matelots étaient absents du bord, elle fiil attaquée de nuit, contre le droit des gens, et réduite par une frégate anglaise.
Nos marins gagnèrent en partie le rivage et se trouvaient encore dans l'Ile quand Nelson essaya d'en faire la conquête*