‹ Histoire des marins français sous la RépubliqueChapitre 48 sur 71 · MO · texte numérisé non relu

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Le 3 juin, les vigies étirent connaissance des vaisseaux de

Nelson, qu'on aperçut au lai>;e de Gagliari.

Le 7 juin, au point du jour, la flotte arriva devant Malle. BonaiMirte fit demanflf r au grand maître l'entrée du port. Gomme on lui répondu que, d'après les statuts de Tordre, quatre vaisseaux seulement pouvaient entrer pour faire de Teau et des vivres, la conquête de l'ile fut résolue.

Malte ne renfermait que quelques centaines de chevaliers et 5 000 miliciens, de soi le que la l ésistancc ne pouvait être sérieuse.

Les vaisseaux se foraièrent en ligne de bataille et Éiiiériâu entra le premier avec le Spartiate, chef de file, en canonoant les forts*

Les troupes débarquèrent sur quatre point différents (I) :

Le général Reyniers au Goye , Desaix à Touest, Baraguay

d liilliers au sud, Lannes à !*e8t, Bonaparte au centre.

Le 10 juin, nos soldats s'emparèrent des deux îlots. env.i birent le territoire, et s'avancèrent jusqu aux portes de la cité Lavalette.

Le grand maître, ayant capitulé, nous rendit le pays soos diverses conditions, dont quelque^unes ne fùrent pas tenues,

savoir :

Une pension anaueile de 300 000 fr. sur le trésor de la fiépublique ; Une somme de 600 000 fr. pour le mobilier; Une principauté en Allemagne.

On trouva 1200 canons, 30000 fusils, 45000 livres de poudre, 90O 000 fr. en espèces et une valeur de 3 millions eo

lingots.

La flotte s'augmenta de 4 vaisseaux, de 4 galères, et m^me quelques chevaliers, se sentant pris d'une belle passion pour les aventures, entrèrent dans les rangs de l'armée de la République. Le général Vaubois fut nommé gouverneur (te rUe, el on lui laissa 4 000 hommes.

D'autre part, le général Baraguay d'Hilliers reçut Tordre

(1) Le Directoire décréta que les troupes victorieuses i avaient biea mé rité de la patrie.

de partir pour la France, et prit passage sur la Sensible avec les drapeaux, l'argent et les trésors conquis.

fiaooDtons immédialement la triste histoire de cette frégate qui portait le plus clair des bénéfices de la conquête : Qoe valeur de plusieurs inillioDS.

Le 27 juin 1798, vers 4 heures de l'après-niidi , les vi«^ies sijrnah'Tent dans l'ouest un grand bâtiment qu on reconnut ( tro inii [repaie anglaise allant vent arrière par une belle brise de nord<ouest.

Le capitaine Bourdé prit bâbord amures, et Tennemi, exécutant la mémemanceavre, conserva l'avantage du vent. Dans la nuiti la brise varia du nord à Test, la frégate ennemie ne fieinmvait qu*à % portées de canon.

Le 26 juin 1798, à 4 Ikuics du matin, la brise souHla dn nord, et comme les Anglais la sentirent avant nous, la Sea- Horse (ainsi s'appelait leur frégate) se rapprocha d*autaol plus vite que la Sensible était au calme.

Bourdé , pour éviter un engagement désavantageux, se hâta de virer de bord lof pour lof, en prenant tribord amures, iqanœuvre que les Anglais exécutèrent également. Les hommes se rendirent à leurs postes de combat; notre capi* tainc lit distribuer de l'eau-de-vie, descendit dans les batteries avec le général Baraguay d'Hilliers, adressa quelques bonnes paroles aux marins, pour les engager à bien défendre le pavillon de ia République.

Cependant les Anglais manœuvrèrent pour doubler la Sensible de l'avant, et, comme leur frégate ne portait encore aucun pavillon, Bourdé les héla, ce à quoi ils répondirent etf envoyant une bordée terrible de toutes leurs pièces chargées à doubles projectiles.

il lai>aità peine jour, et on assure que des forçats libérés nommés Bonnavoglia^ embarqués en complément d'équipage à Malte, abandonnèrent, en ce moment, leurs postes ée combat en vociférant.

Bourdé, ne voyant pas d'autre parti à prendre, donna For* drede sauter à Fabordage; les marins se présentèrent sur le pont ; quelques-uns firent vaillamment leurs devoirs. Baraguay diiilliers, 1 officier en second Thanaron, les officiers

Barret, Ferra ud se battirent avec intrépidité, tinrent mém lèie à l'ennemi quand il envahit le pont de la frégate. Des maitres, des chefs de pièce, plusieurs passagers se joignirent à eux. Mais il est certain que Dulle dispoailioa n'avtitété ordonnée, li n'y avait à bord que 40 fuBila, 40 fûatolels qui étaient au râtelier non chargé, sans gibernes. Ceux qui montèrent cherchèrent en vain des armes. Les grenades n'a* vaient pas été distribuées aux gabiers; bref, nos ennemis eurent un 1 rlofnphe relativement facile.

L opioioD publique se montra sévère envers Bourdé qu un conseil de guerre déclara coupable de négligence pour ne pas avoir tenté de battre eo retraite, avoir négligé les préparatifs de rabordagOi n'avoir pas prévenu les hommes» distribué désarmes, etc., etc«

Plus tard, un deuxième conseil de guerre Tacquitta, parce que l'instruction pi oin ii que les Bonnavoglia, en lâchant pied, avaient nus trouble à bord (1).

Ce eapitaine fut chaieureusement défendu par Baraguay d'Uillicrs(S).

Notre flotte ayant repris la mer fut poussée» pendant sept Jours, par une bonne brise.

D*aprè6 les Anglais , Bonaparte, afîn de ne pas laisser de

traces de son passage, aurait ordonné de brûler tous les marchands qu'il rencontra; mais cette assertion est fausse et nous pouvons certifier, au contraire, qu'il rencontra trois bâtiments suédois, qu'il fit donner aux capitaines leur parole d'honneur de se rendre à Gogliari et qu'il les laissa poursuivre leur route, avec la promesse de ne donner aucun renseignement sur ce qu'ils savaient I

Ces capitaines ne faillirent pas à leurs engagements et publièrent le fait à la bourse de Stockholm.

Près de Candie, une frégate qui s'était séparée rallia. Brueys fit gouverner sur le cap d'Arrospour atterrir, et, tout

(1) C'étaient d<^8 volontaires, ancion<- forçats lilj(''rés.

(2) Im SonsibÎM, tl.> portait 4 caronades <lo ;îG. S'a-Horse, de 38, i»ni tait46 pièces dont 14 caronades tle 32. Nouseùuies 12 bomiut^ tués, 40 blessés.

m somtttt le rivage, on déûrâvfltlefl poikita principaux de la

côte et la viiled' Alexandrie.

C'était le 4'' juillet. Le consul de France annonça que Nelson avait paru il y avait trois jours, qu'il ét^ît reparti uns retard et que les habitants de la ville étant hostiles, on serait obligé d'entrer les armes à la main.

L'Orient ne prit son mooillage qu'en abordant deux autres fadtiinents et brisant son mât de beaupré. Les vents étaient frais, la mer grosse, le rivage bordo de brisants ; mais Bonaparte avait une science trop profonde de la guerre pouî nt gliger l'avantage que lui donnerait son arrivée imprévue, et décida que le débarquement commencerait le soir même. Enconséquenoe, les navires dn convoi s'approchèrent de terre à la hauteur de la tour Maraboot.

Au moment où se donnaient les derniers ordres, sur la dunette du vaisseau amiral, une frégate parut à l'horizon, et on assure que chacun dirigeant sa lunette de ce c6tA et pensant que c'était une voile ennemie, on n eut qu'une pensée d'inqraiiétude et l'on s'écria :

« Voilà Nelson, voilà Nelson I •

Bonapaite, pen rassuré lui-même, prononça ces paroles :

« Quoi? pas seulement cinq jonrs I »

C'était une fausse alerte, on ne tarda pas à reconnaître la Justice, frégate française qui ralliait.

Dans cette soirée, 4 500 hommes débarquèrent, et, c<»mmc la mer était mauvaise^ l'accès du rivage difficiley quelques soldats périrent.

Lorsque le général en cbef| quittant le vaissean TOrient, descendit dans son canot, on dit que Bmeys, le conduisant jusqu'à réchelle et cédant à de sinistres pressentiments, lui dit ces paroles qui ne se réalisèrent, bel as, que trop tôt ;

• Générai, ma fortune m'abandonne. »

Le i juillet, Alexandrie fut enlevée d'assaut ; les bâtiments entrèrent dans le vieux port, et Domanoir le Peiley fut nommé commandant de la marine* Bonaparte eiqprima, en même temps, le désir qne sa flotte de guerre se rendit en baie d'Aboukir ou dans le port de Corfou, à l'exception des transports qui devaient rester à Alexandrie.

Pendant le séjour de nos marins au large de ceUe vUle, qb conseil de guerre se réunit, à bord de TOrient, pour s'en* tendre sur les meilleures dif^ositionsà prendre, dans le cas où des forces ennemies se présenteraient.

Blanquey-Ducheyla fut seul d'avis, dit-on, de combattre à la voile. Brueys aurait voulu faire entrerses vaisseaux (I hin le port; mais les sondes faites dans les premiers jours no donnèrent que cinq I>rafi8e8d*eau, et comme l'Orient, de même que les autres vaisseaux de premier rang, calait davantage, l'amiral prit la résolution de se rendre en baie d'Abouldr, ce dont il donna connaissance à Bonaparte.

Brenton faisant, à ce sujet, une remarque judideuse, dit, avec raison, qu'on aurait pu renvoyer à Toulon ou à Coi fou les vaisseaux de premier rang, l'Orient en particulier, alin de m(>ttre les autres à l'abri d'une attaque, dans le port d'Alexandrie.

Dans ses lettres à Bonaparte, Brueys rendit compte que, d'après l'avis de tous les pilotes, il eût foilu, pour franchir les passes, mettre les vaisseaux à quatre brasses et demie do tirant d*eau. Villeneuve et Casabianca trouvaient ces passes dangereuses , impraticables même, et les lieutenants Barré, Vidal donî^»'r<Mit, d'un autre côté, l'espérance de trouver un chenal praticable.

Brueys annonça qu'il préférait le mouillage d'Aboukir, parce que les vaisseaux pourraient mettre sous voiles, tandis qu'ils seraient bloqués à Alexandrie. Il demandait, avec les plus vives instances, des vivres, njouuuu qu il ne lui restait que pour quinze jours de biscuit; les farines, à la vérité, ne uiantiuaient pas, mais les fours à pain se trouvant trop petits , le riz et le biscuit devenaient des denrées de première nécessité.

Le 5 juillet, les vaisseaux appareillèrent et se rendirent en baie d'Aboukir, où la ligne de bataille fut formée provisoirement, en attendant les renseignements certains que Barré et Vidal chargés de sonder les passes devaient donner.

\ oici ce que le rapport de ces deux oibciers disait, cq substance:

• La passe du milieu avait 200 toises de large a la partie

« ift plus resserrée : ob lroavaii6 brasses de profondeur par* « toQl, SBof sur deux poiatSi le premiersîtué à rentrée où ]a « sonde deinnaii 5 brasses, le second situé au milieu, où elle

• donnait 5 brasses et demie. Il y avait passage à droite et à « j;;auche du premier point, de sorte que le second seul res- « lait coniiiK: point difficile. Or les marées rapportent jour-

• nullement % pieds 6 pouces. Donc, en ce lieu» la soude < donnait» au plein de Teau, 1» brasses. >

Barré concluait en disant que tous les vaisseaux pourlaieot entrer, pourvu ({ue Ton prit les précautions nécessaires.

Brueys le remercia d avoir balisé cette passe , mais il trouva que le résultat des recherches laissait encore à désirer, parce que les vaisseaux de 74 calaient 22 pieds, (juMI faudrait, pour franchir, un vent frais, et que le gouvernail fonctionne mal avec si peu d'eau sous la quille.

On voit qu'à la rigueur tous les vaisseaux pouvaient entrer dans le port.

Cependant, dit Ganteaume, on adopta le parti extrême de rester en baie d'Aboukir. Nul pilote ne voulut prendre la responsabilité de faire entrer les vaisseaux, nul capitaine n osa le tenter. 11 eût fallu les alléger, et sur cette rade folaine, devant ce rivage ennemi, le temps et les moyens firent défiiut. On savait que le fond était de roobe ; on craignait des écfaouages»

D*atttre part, Brueys prit la résolution de combattre à

l'ancre plutôt qu a la voile, en considération de la vétusté de quelques vaisseaux, de la faiblesse des f(|ui]!ai!i's, tUi la supériorité probable des forces eaueuueô qui pouvaieol ëtie bignalées de jour en jour.

La raison majeure de fturede Teau et des vivres, de rester en relations avee l'armée, fit une loi de ne pas s'écarter du rivage, de sorte que, cédant à toutes ces raisons, notre amiral embossa ses vaisseaux dans la baie. 11 accepta d'autant mieux ce parti qu'il avait appris, par des neutres, que Nelson avait fait route à l'ouest, et garda la conviction que ce dernier n'avait pas reçu les ordres nécessaires pour 1 attaquer.

Uelasl il se trompait, il eut fallu, sans retard, se mettre à

Tibri d*ttiie atliqve, mi à CSorino, aoii dai» toot auliv port fermé. Pour comble de mellieQrf cédeot à cette idée ftoeste qu'il n'avait rien à craindre, notre amiral négligea les plus simples précautions que 1 on doit prendre en pareil cas.

Dea centaines de marins travaillaient, comme portefaix, sur les quais d'Alexandrie, débarquant le matériel, les vivres» les approvisioDDements. Ferrée, mwimé capitaine d*une âottille de 45 navires et chargé de remonter le Nil| prit avec lui 4 Md matelote détachée des vaisseaux.

A bord de TOrient, les cabines des passagers ne ftirent même pas démolies, le côté de bàt)ord des batteries fut engagé, parce qu'on supposait qu on n aurait point à combattre de ce cAté.

La baie d'Aboukir, située dans l'est-nord-est d'Alexandrie, à 20 milles environ, s'étend du château du même nom jusqu'à l'emboochofe du Nil à Rosette, dans une direction circulaire. Les vaisseaux mouillèrent à 3 milles du rivage à

cause du peu de profondeur de l'eau, et la flotte fut disposée suivant une ligne en fer à cheval dont la concavité était celle de la baie.

La gauche s'appuyait à l'ilot d'El-ilèquiers; la droite, du cété de la haute mer; une batterie de 4 canons de 42, âmor* tiers de 49 pouces, quelques petites pièces Aironi établis sur cet tloi, où 50 soldats s*apostèrenU

Nos deux plus faibles vaisseaux formèrent l'extrôme gauche que Brueys jugea inattaquable, en pensant que les ennemis se porteraient sur la droite. Dans ce cas, coitiinc les vents soutient toujours du nord-ouest dans cette localité, il donna des ordres pour que les vaisseaux de la gauche, appareillant leurs voiles, vinssent prendre part à U bataille.

Malheuraosemeiit, oomoie nous le verrons, un changement inusité de vent fiivoriea Nelson ; choee extraordinaire dans cette saison etdans ces lieux, la brise varia de quatre quarts, et notre redoutable ennemi attaqua cette gauche que Brueys croyait en sûreté, sans que les auUes divibiuns puisent appareiller pour accourir à son aide.

Les vaisseaux furent aflourchés nord*ouest et sad-eat, au moyen de faibles ancres, et J'amirai donna des ordres pour

les lier, au momonldu combat, par un *rrelirt, re que plusieurs r;ïpi(<iinps néglighrent de faire. Un second grelin <iiîl lierl'arrit re au câble; un troisième dut être frappé sur ce cable, à pi6d8 «iKdessom 4e la floUaiflon, pour obvier à sa ruptare.

Le Guerrier mouilla, par dncf brassée, à un mille de rilot,

les autres vaisseaux à 444 nicircs 1 un de l'autre. Les frégates se placèrent en dehors de la ligne de bataille, et tels furent les préparatifs faits, quand un événemenl inattendu vint enlever l'espéraiice illusoire que l'oo ne serait pas attaqué.

Le 91 iuillet, les vigies stgnalèrenldeiii frégates anglaises, leS0o-J7or90 et le Terpnckofre^ qui se présentèrent avec pavillons français, couvertes de nos propres signaux.

Lorsque l'amiral éfrivit a Bonaparte pour lui donner fonnaissancede cette grave nouvelle, il disait qu'il était si dénué de vivrss, qu'il ne pouvait même pas en fimmir aui fl^gates pour croiser au large, que depuis un mois les matdots n'avaient pour ration que 6 onces de pain et de riz (\),

Le 30 juillet, ne se trouvant pas en sûreté dans la baie d'Aboukir, il donna des ordres pour baliser la passe que Wm'w avnit sondée v[ [rndii compte à Bonaparte de l'intention qu'il avait de faire entrer les vaisseaux , après quoi il devait partir pour le Caire.

Mais revenons en arrière et voyons ee qu*avail Mi Nelson depuis le départ de notre flotte de Toulon.

En mai 4798, cet amiral avait reçu de lord Jervis la mission (ift surveiller, avec trois vaisseaux, les armements qui sr faisaient dans les ports du Midi, et, peu de temps après, l'amirauté enjoignit au commandant en chef des forces ne-» vales dans la Méditerranée de mettre à sa disposition, dans

(1) Guérin dît que Bonaparte, n'ayant pas oonflance dans la missive do Dnipys, envoya un de ses aides de camp lui donner Tordre de faire ontnT les vaissoaux h Alexandrin et de ne revenir qu'après s étn' a<«nrt'' pur hii-mAme que cet ordre important était exécuté* Maib«Mireubeitteul, vet uHicier fui« Uitrou, aî>s««6iaû eu.roale.

ce même but de surveillaooe, doiue vaisseaux, les meilleuis voiliers de raitnée.

Des ordres particuliers presiiivirciit de considérer comme hosUles tous les ports où les officiers anglais n'auraient pu trouver de Teau, des vivres ou autres approvisionnements.

Le 31 mai 4798, Nelson revenait devant Toulon, avec sa division, dont il avait feit réparer les avaries avec une incroyable activité. Nous avons dit que ce même coup de vent qui favorisa le départ de nos marins avait éloigné la division anglaise, même que le vaisseau le Vangimrd^ que montait Nelson, déniàla de ses trois niàts de hune.

Cet amiral, en revenant de Saint-Florent, où il s'était rendu pour réparer ses avaries, put s'assurer que notre flotte avait pris la mer. Du reste, à la date du 5 juin, le capitaine Hardy communiquait la bonne nouvelle de Tarrivée des 41 vaispcaiix d< tachés de l'armée navale de lord Jervis, et ces i)àluiietits ayant rallié le lendemain, Nelson se montra si pressé de remplir sa mission, en se lançant à la poursuite de Bonaparte, qu'il dédaigna d'inquiéter un convoi de 45 bâtiments espagnols richement chargés, qui traversèrent sa route.

Il partagea, dit-on, son escadre en trois divisions, puis, prévoyant le cas où il rencontrerait la Hotte de la République, il décida ([ue les deux premières attaqueraient nos vaisseaux de guerre, que la troisième se jetterait au milieu du convoi et coulerait ou détruirait les transports.

Le \% juin, il était à la hauteur du cap Corse, d'où il gagna l'ile d*Elbe, après avoir dépêché Hardy sur Hessioe pour prendre des renseignements. 11 longea la cAte de Toscane, aperçut l'ile de Gonetti et rcEieunUa un bâtiment neutre qui lui apprit que notre flotte avait élé vue devant Syracuse.

Ck)mme Hardy revint sans apporter de nouvelles, Nelson fit route pour Naples. On lui assura, dans cette ville, que nos vaisseaux avaient été vus fàisant route au sud, et plus tard, à Messine, il apprit que nous avions pris Malte, que nous devions y être encore.

Le iijuin, à M lieues au sud du cap Passéro, Hardy apprit

d'un oipiUine génois que notre armée navale avait appa* reiDé è la fliveur d'vne belle brise de nord-ouest. Nelson mit

immédiatement le cap au sud-esl, et, se couviaut de voiles, fit route vers l'Égypte.

Il savait bien dit James, que Texpéditiou ne devait pas se rendre dans l'Océan, parce qu'où avait embarqué beaucoup de chevaux à Toulon et à Marseille, remarque très-judicieuse qui prouve que nos ennemis étaient parfaitement renseignés par les espions qu'ils entretenaient sur notre territoire.

On a dit que, dans l'après-midi du ^ juin, les deux flottes de France et d'Angleterre passèrent à petiU^ dislance Tune de J autre; chose extraordir)airc dans <'e< pni,iL;es où le ciel est ordinairement d'une grande sérénité, un brouillard épais couvrait la mer^ de sorte que les gabiers en vigie ne purent rien voir à rhorizon.

Bonaparte, heureux comme il Fa été si souvent, passait inaperçu, comme protégé par la Providence.

On s'est demandé ce qui serait advenu des destinées de la France, si la rencontre avait eu lieu; voici ce qu'on lit, à ce sujet, dans le Méttionul de Sainte-Ilélene^ et ce qui prouve que notre illustre général en chef avait tout prévu, tout combiné à l'avance.

> L'escadre française, estnl dit, profitant du grand nombre > de bâtiments légers qui suivaient, s'éclairait très au loin,

• de sorte que le convoi n'avait rien à craindre et pouvait,

• aussitôt cju on aurait reconnu renticnii, prendre la position

• la plus convenable pour rester éloigné du combat. Chaque « vaisseau français avait à tord 500 vieux soldats, parmi les* « quels une compagnie d'artillerie do terro. Depuis un mois

• qu'on était emïtarqué, on avait , deux fois par jour, exercé « les troupes de passage à la manœuvre du canon.

« Sur chaque vaisseau il y avait des généraux qui avaient

• du caractère, 1 h iliitudc du feu, et étaient accoulamés aux

• chances de la guerre. L hypothèse d'une rencontre avec

• les Anglais était l'objet de toutes les conversations.. Les ca-

• pitainesdes vaisseaux avaient Tordre, en ce cas, deconsi-

• dérer, comme signal permanent et constantfOeluideprendra « part au combat et de soutenir ses voisins. »

Vailài genbla-te&i quols fiireot les pltOB deBontpuiey et si betux qu'ils pmûiseiit de , prime abord, te réeultai n'eo resUtit pes moins ton problémetiqDe.

Qui ne connaît la supériorité des marins anglais pour manœuvrer, et particulièrement pour réparer leurs avaries. Nelson avait des capitaines coDSomméâ dans 1 art de diriger leurs vaissesuxy et iàfut toi^cNira la pins iieUe cfaaooe de nos ennemis.

Il y avait 500 soldats sur chaque vaisseau, dit ie Méimrial; il y avait des généraux qui avaient do caractère et l*ha-

i»iiade du feu, ajouLc-t-ii. Ce ii'est rien pourtant si l'on n'en peut venir à l'abordage, et si, ce qui est probable, les marins anglais avaient primé les nôtres par leurs manœuvres, ukôœ seulement dans les répacatioQS des premières avaries toujours inévitables, le combat pouvait se transformer en une affreuse boucherie, en un désastre tel qu'on peut se rimaginer en lisant le combat de rAfricaine contre la Phœ^ (4).

Nl)us revenons ici sur une idée {}ue nous uvons déjà émise, à propos du coiiibaldu Ça-ira en 1795. Il y avait, à Lnjrd des vaisseaux4elaRépubUqtte,eal795, et àborddeceujLde Tescadre d'Égypte, beaucoup trop de soldats, et pas asuos de bons matelots , errement ftmeste que suivit rordonaateur Najac, qu il préoouiiaf diton, et que nous avons sinobrement blâmé.

Le 28 juin, iSclson arriva devant Alexandrie, devançant notre flotte, qui marcbait lentement en raison de l'immense convoi qui la suivait. On ne put lui donner la moindre nouvelle de Bonaparte, de sorte que» remettant le cap au large, il s'éleva jusqu'à la c6te deNatoUe.

Le 19 juillet, il entra dans le port étroit de Syracuse, en manœuvrant avec audace et habileté, dans Timpérieuse nécessité de renouveler son eau et ses vivres.

il déploya ie plus i^ande acùviié (^)| put reprendre le large ■ ■ •

(1) Nous eûmes 127 tués, 176 blessés, et l'Africain»» Tut prise. (*?) Quoi' fil »^ le roi de Naples en paix avec la France, il laissa Kelbuii l'ai ri", t'n Sicil«, des vivi t"? et de l**'au dont il avait le plu^

graud li^âQiui io débours t^t dû .|>turUcuiiàr«iBeal aux wuif utf»

apiès mz jours de immx îocasaftiito, et dngler, uratee voiles aa vent, vers la Morée, où ud gouverneur uire lui rendit compte qu'on avait vu nos vaisseaux près de Candie, gouvernant au sud-est, ce qui lui tit supposer qu iis devaient décidément se trouver en É^^ypte.

Il força de voiles sur Alexandrie, et le 4*' août 4798 | 2 heures 30 minutes de raprfes-midi, les gabiers m vigie, à bord du vaisseau THeureux, signalèreut son escadre à rhoriaoB,

levenona I nos marins.

Dana la journée^ dus dtHac henienls s étaient rendus à terre suivant la coutume. Ops uiaielots déployés en tirailleurs sur les falaises iiminLeuaieiu les Arabes à diatanoe, tandis que d autres s'occupaient de recueillir une eau saumâtre dans des trous creusés dans le sable (4).

Dès que Nelson eut été signalé. Brueys ordonna de rappeler las cbakNipea. Les capitaines des frégates reçurent Tordre de Tcner une partie de leurs équipages à bord des vaisseaux. A3 heures on fit le branle-bas de combat, et bien incomplètement, comme je l'ai dit.

Sur ces entrefaites, les vaisseaux de Nelson s'approofaaient lapidcment, toutes voiles dehors.

Vers 5 heures du soir, notre amiral, ayant la certît»de d'être attaqué sans tarder, fit le signal à chaque capitaine d'élonger une ancre dans le sud^. et de foire passer, d un vaisseau à Tautre, un grelin d'embossage.

En même temps, les bi igs l'Alerte et le Railleur appareil- Itreol pour aller en recoimai.ssaiic e ; ils s'approchèrent à portée de canon d( s Anglais, puia, se couvrant de voiles, firent route sur les hauts fonds qui entourent Tilot d'AbouIdr.

kàf HamiUan, taama da rambaiMdoar d'Angleterre. Anssi Noison limant daUMlyHaiiaUoB,a441 iniM, mteie sar aon lit (i« mon sur les services que cette femme rendit dans cette oiioonstance et sans lesquels il n'eût pas pu mener à bonne fin sa miastoa. '

(1) Peu de Joora aupuuTant, onxa miteloto avaient été massacrés par les Aiabea.

Mais UQ Mal bâliment leur doona la chaaseï puis, dédaignaoi de l€8 prendrey lee abandoniia.

On vit une hèrqfte du pays se diriger vers le vaitteau de

Nelson.

Enfin ce dernier, parvenu à la hauteur de l'embouchure occidentale du Nil, par l»* travers des ruines de Caiiope, forma ses vaisseaux en ligue de bataille, et s'avança sur notre gauche.

On dit qu'il n'avait aucun plan formé à Tavance, qu'il re* commanda à ses capitaines de se soutenir les uns les autres, de se tenir prêts à mouiller une ancre de l'arrière, a6a

qu'elle pût servir à l'embossage, si lesvaisseaux n'évitaient pas.

Lorsqu'il reconnut notre position, il sienala de serrer le vent tribord amures, d'attaquer la gauche et de mouiller de telle façon que chacun de nos vaisseaux serait attaqué par deux des siens, Tun battant en hanche, l'autre battant en joue.

Ce fut alors que les vents, adonnant de quatre quarts, par un hasard étrange, permirent aux vaisseaux anglais de passer au vcnl de notre ligrie.

Le Goliath^ doublant notre chef de file vers 5 heures 30, jeta l'ancre à terre de lui. Elle chassa, il dériva par le travers du Conquérant. On assure que le capitaine Folley avait suivi, pour exécuter cette belle manœuvre, sa propre inspiration, et, dans ce cas, Nelson serait redevable, à ce hasard heureux, du commencement de sa gloire. VAtmwl Begitter de I79B rs- ( onte le fait de la même manière; et, si telle est la vérité, il faut la redire encore. Elle n'amoindrit pas la célébrité du héros populaire des mai iiis anglais, et prouve qu'il avait l'honneur de conunauder ù des otticiers consommés dans l art de leur profession.

Nos vaisseaux hissèrent le pavillon de la République vers 5 heures 30, les batteriea trop faibles de Tllot ouvrirent leur feu, et malheureusement les vaisseaux de notre gauche n'sn

6rent pas autant, quand la téte de Tescadre ennemie s'appro>

cha. En efîel, ils auiaiciii pu canonner en enfilade les preniiers vaisseaux, en désemparer quelques-uns, jeter la confusiou ùaub leur ligne.

Diaprés jfilQsieurs relations françaises, le OmIMm, chef de file des Anglais, se jeta sur des hauts-fonds en runioui nant l'îloL (l Ahoukir; son matelot d'arrière laissa poiLti , j)uîs revint sni' tribord suivi (oute resi atlrc, sur l'assuraoce donnée par le pilote que Teau ne manquait pas.

James raconte ce fait autrement. Il dii que le Culloden était le douzième vaisseau de la ligne, et noD le chef de file, qu'il ne s'échoua qu'après le commencemént du oembai, et que les déni vaisseaux qui le suivaient laissèrent seuls pMer pour ne pas s'échouer égalament.

Cette divergence d'opinions, sur un fait insignifiant à tout prendre, a suscité une polémique acerbe entre les auteurs du fameux ouvrage Histoires et Conquêtes, et des hiftlorians anglais.

Le Goliath^ en doublant le Guenrier, lui envoya de terribles bordéesi ainsi qu*à la Sérieuse, et à la bombarde l'Hercule. Le ZeaUmSy doublant égileinent, mouilla par la hanche de

bâiwrd du Guerrier.

En ce moment, le soleil était sur le point de disparaître à l'horizon ; les deux vaisseaux le Zealuus et le Guerrier se battaient seuls, et ce dernier ayant été démâté de son mât d'artimon, les Anglais poussèrent des hourras de joie.

L'Orûm doubla eomme les deux premiers, canonna la Sérieuse mouillée sur les hauts*fonds, et s'embossa sous la hanche de bâbord du Peuple^Souverain.

Le JA^^eu^, suivant la même route, mouilla par bâbord du Spartiate. VAudacioui;^ passant entre le Guerrier et le Conquérant, jeta l'ancre à 45 mètres de ce dernier, par bâbord.

Le Vanguard^ qui portail le pavillon de Nelson, s'embossa par triboid du Spartiate, à 72 mètres environ.

Le Minotaur se plaça par le travers de l'Aquilon ; la Defeme par le travers duPeuple^Souverain; du côté du large le BelUrophon^ le Majestic manœuvrèrent pour combattre le centre de notre ligne.

. Pour évîLer la confusion, chaque capitaine anglais lit hisser à la corne quatre f^inaux horizontaux, et l'enseigne blanche de Saint-Georges, avec la croix rouge au milieu.

^os vaisseaux de TavaDt-garde et du centre gauche étaient

'donc canoÉiDèB des deux bofds, et à portée de fuûl ou de pistolet.

Qu'on réHéchiiee que les betteriee n*étueat poe dégagées

du cAlé de ia lerie, que les équipages étaient loin ti être au complet, que les vaisseaux de la droite ne douuèreol pas, et l'on comprendra qu'un désastre était ioimiDeiiL

Ce ftti une horrible scène que cette canonnade aobaniée oeniiDeiiçwt à U tomtiée de U Biiii ai durant, sans lion, jusqu'au jouri da&s des eîmastaiices si ttcheuaee.

Nos marins fkirent mitraillés de tous eôtés, à kxnii portsat, sans pouvoir riposter d'une manière efficace.

Les deux derniers vaisseaux anglais arrivèrent sur le i hump de bataille, et prirent poâte, ¥er& 7 k. ^ nûn., au ceiUre de notre ligne.

Voioi la oomposîtion des don escadres :

Escadre française.

Le Guerrier, 7'i ; cap. Trullfi-TiuiQUiéo.

Le Conquérant, 74; cap. Dalbarade jeune.

Le 8}iai*tiate, 74; cap. Émùnuu, chef dediv.

L'Aquilon, 74 ; cap. Tbévenard.

Le Peuple^Sonverain, 74 ; cap. Raccord.

Le FniikUn, 80; oap. <ïilsl»e. a. âUin quey^Smktjfia.

L'Orient» 1SÛ| cap, Cauahianfla, t. a. iTruiHf.

Le TOnn&nt, SO; cap. Dupetit-Tboiiars, chef de div.

L'Heureux, 74; cap. Étienne, chef de div.

Le Mercure, 74 ; cap. Gambon.

L43 Guillaume-Tell, 80; cap. Sauhiier, o. a. VUlkmmm,

Le Généreux, 74; cap. I^e Joilie, chef dediv.

Le Timoléon, 74; cap. Trullet Joano.

La Sérieuse, 30; cap. Martin.

L'Artémiso, 40; cap. Steindelet.

La .histice, 4U; cap. Villeneuve.

La Diane, 40} caj>. Soleil, o. a. Dêcrés,

Le vice-amiral Brueys, les capitaines Casablanca, Thévenard, Gilet| Dupeùt-Thouars ]>erdlrent la vie. Le cootreamûral filanquey-DoebeylSi les eifitsiMoÉiieniMt» Osibsiidi, Emériau, Baoooid, Gambon fnrsni Wes^és; 90M Fnoçûs liirsnl tués, noyés on blessés.

41 vaisseauxi % frètes furent pris, ooulés ou brûlés I

Escadre angkùie.

Le Goliath, 74; cap. Georges Jardine.

Le Zealous, 74; cap. H^nrv Wilbey.

LOrion. 74; cap. James Barker.

L'Audacioiis, 74-, aip. Thomas Wlnte.

T>; Tlieseus, 74; cap. Ru liar<i RRwkinf».

Le Vanguaril, 74; cap. Kilouard Galway, c. a. NeUim.

Le Hinotaur, 74; cap. Mars Schomberg.

La Dttfeiice, 74; cap. Richard JoDes.

Le Bellerophon, 74 ; cap. Robert Cafhcart.

Le Ibjestic, 71; cap. Bobart Gaiibert

La Ltandir, SO; eapu Wlllte Bkteilmi.

Le Cuiiodeo, 74; cap. XhMm Trwibridge.

L'Alexandcr, 74; cap. John Yale.

Le 8wift8ttfe, 74 ; cap. Jchn Walers.

James dit que les Anglais eurent 218 hommes tués, 678 blessés, ce qui fait un total de 896. Le capitaine Barré, qui se rendit, en parlementaire, à bord du Vimgmird^ apprit, de soD côté, qu'il y avait 4 600 hommes tués ou blessés. Ainsi, la vérité est difficile à démêler sur ce triste sujet des pertes.

James dit aussi qu'en 1797 des ordres de Tamirauté prescrivirent d'embarquer beaucoup de caronades à bord des vaisseaux, de sorte qu'il n'est pas possible d'appréder la force en artillerie des ennemis.

11 ne nous reste plus qu'à raconter les émouvants épisodes relatifs à chaque vaisseau, et comment ils furent capturés, naufragés, consumés par les flammes ou sauvés à grande peine.

Ganteaume, écrivant au ministre, rendit, en termes éloquents, la grandeur du désastre :

• — Obligé, dit-il, de vous rendre compte du plus sinistre < des événements, c'est avec une douleur arnère que jt m ac-

• quitte df ce triste devoir. ^^ vaisseaux pris, brûlés ot per- « dus pour la France, nos bons officiers tués ou blessés^ les

• o6tes de notre nouvelle colonie exposées aux invasions de « l'ennemi. Tels sont les affreux résultats d'un combat naval

• qui a eu lieu dans la nuit du 44 du mois dernier, entre « Tescadre de Nelâou et les vaisseaux de la République. »

Quel Français n'esl point navré, comme Ganteaume, en peoBantàuQ tel désastre? Le chef d'état^major ajoatail qu'oo oe pouvait guère espérer, dans une escadre formée si prédpitamroent, une bonne organisation d*équipage, ni trouver, parmi ces hommes rassembk's au hasard, des matelots, des canonniers habiles, expérimentés !

Le Guerrier cninbattil le /vu Ions, l'Oriofi, le Ihesens.k^ï'hs une heure de canonnade, tous les mâts tombèrent brisés à % pieds au-dessus du pont; daus la deuxième batterie, trois satwrds n'en faisaient plua qu'un ; presque tous les canons étaient démontés; eoin nos ennemis, ayant lancé des artifices, réussirent à mettre le féu trois fois à bord.

Malgré tout, Trullet-Timothée ne consealil à se rendre qu après plusieurs sommations, et quand il n'eut plus les moyens de se défendre. Il était alors ^ heures du âoir ; 350 hommes étaient hors de combat.

Le Conquérant eut à lutter contre 5 vaisseaux anglais. On abandonna successivement la batterie des gaillards et la deuxième batterie, pour compléter les pièces de la batterie basse.

Vers 7 h. 15iMiii., Dalbarade, traversé par une balle et perdant beaucoup de sang, alla se coucher sous la dunette, api ès avoir remis le conmiandement au lieutenant Eoux. On lui denianda, vers 7 h, 30 min., si l'on pouvait cesser le feu. « — fialliez vos gens, dit-il, je n'amène pas. * Le feuoontinua; le grand mât, le màtd*artimon tombèrent; des incendies se déclarèrent en plusieurs lieux, et purent, à grande peine, être éteints. Un brave second maître canonnier nommé Laut^ier se brûla le bras et la figure en jetant à la mer des caisses de grenades qui avaient pris feu dans la carmagnole (1).

. Roux Alt tué. Le lieutenant Néret, qui le mplaça, vint de nouveau consulter Dalbarade, à moitié mort dans la cabine de la timonerie, pour lui dire que presque tous les hwnmes

(t) Sainte-harhe ou soute aux poudrea.

étaient hors de combali et le brave ca[»itaiae, ayant fyermis d'ameaar le pavillon, ne descendit qu'en ce moneiii pour faire panser aaUeflsure. Vers 4 0 heures, lechîrargieQ s'élait randa près de lui pour poser le premier appareil.

A liord de ce .vaisseau, il y eut 430 hommes tués, 90 blessés I

'Le Spartiate combattit le Goliath^ le Thef^eus, h Minotaur, le Vanguardy à bord duquel flottait le pavillon de Nelson.

Avant de commencer le feu, Eiiiériaa» d'après les ordres de fimeysi aidait détaché de son vaisseau on capitaine d*ar«» tilleiie pour, aller prendre le cominaDdemeiit de Tilot d*EI- Béquiers, et nonobstant qu'il avait reçu 450 hommes de la Sérieuse, son effectif n'était, en tout, que de 500. Emérinu iit évacuer la batterie des ^'ailiards pour mieux annrr irs fieux autres, et adressa une courte harangue à ses marins pour leur rappeler leurs devoirs envers la patrie.

Vers 6 h. 30 min., le lieutenant Peridier fut blessé; un autre qui commandait la batterie basse fut tué ; quatre a^iruita eurent le même sort.

A 7 h. 15 iiiio., Emériau reçut un coup de feu qui le contusionna fortement en brisant sa longue-vue; puis, peu de temps après, il eut le bras droit emporté, ce qui lui fit perdre beaucoup de sang. Malgré tout» en traversant les batteries pour aller se faire panser, il ne cessa d'adresser des paroles d^encouragement à son équipage.

Il leur promit même de remonter sur le pont, lorsque ses forces trahissant son courage, il dut résigner le cnniniandonieotau lieutenant Simon, par rintermédiaire du commissaire Caudry. Ce dernier, en revenant d'accomplir sa mission, annonça que Simon, pénétré de ses devoirs, faisant preuve d'une fermeté, d'un courage dignes des plus grands éloges, avait assuré qu'il ne négligerait rien pour sauver le vaisseau.

L'acha ! iiement de l'ennemi était au comble. î.e çrrand mât et le mat d'artimon tombèrent ; la moitié des (fanons étaient démontés ; la cale se remplissait d'eau. Vers 8 heures du soir, Gaudry , étant remonté sur le pont, rendit compte de nouveau que tout allait bien.

A 40 heures, le lau prit à la cambuse, m«ls làt éteint.

A 10 h. M) min., Simon, crièvement Wwîsé apfè^ avmr bien feit son de\'oir, roinil \\t co nnuaniieiiioiit au lientpnanl Laloft^ lequel reçut lui-même une ble^ure« ei ne put, uiatgré tous ses efforts, faim mmmv pkm 4e deux pièces ; l'une d'eUes fut eÉcate ééwiuulftè, ê$ «orte qa'U «rilui cesser le ta.

11 y avait 64 morts, 450 blessés. Le vaisseau éfaitdam an ém «Mnç la Date pièlakéè% pieddi'm. Mmoseinent qu'à«e moutlla^ la sonde ne donnait que 7 brasses d'eau.

L*Aqui1on combattit }e Mimtaur cl la Defence. Vers 7 h. 30 inin., on t va( iia les eaiîlords et la batterie de f2 pour compléta celle de 1^,'etThéveiiafrd eut les deux cuisses emportées par m boulât, pea de temps apiès avoir donné cet ordre.

Le «mritaine de MgfM GoniiuHsi, quf le remplaça, fut blessé è la 4èia, à la p0itriiie,iir<^ianie, et kâssa leeommaii-

dément au lieutenant Kerseaux.

A partir de 9 heures, tous les mâts s'étant aballus, \v vaisseau resta r«s œmme nn ponton; S2 canons étaient dénioniéSf 87 bonmies tués, 2i3 blessés, quand le feu oeasa vers 9 h. 30 min.

tofeupèoNfloawfaio oombatilt rorton et k Ikfènee.

Vers «fb. M min., le «rtnd mftt«t le mât d*artinen tom* bèrant. Baoeoid, griéwemMit blessé, fut porté au poste. A Sibearea, le roét de misaine tmr)ba également, et, au même moment, un boulel < nupa le râble.

l-orsqu'on mouilla, peu do temps après, la grosse ancre de bâbord , le vaisseau s'arrêta par le travers de l'Orient, à terre de ce 46cnier. Jusqu'à 44 heures, ^quelques pîèc^ de la batterie basâe qui paa^raient enesie servir firent lèa, mais oa amoMi le pavillon vefs 4 b. 80 m», du matin ; 96 hoonws étaient tnéSi 4^0 blessés : plesiews gagnèrent le rivage dan leaeaisals.

Le Franklin lut assnilli {^a-r quatre vaisseaux qui passèrent dans le vide laissé par le Peuple-Souverain, lorsque ce dernier dériva.

A 8 heures, Blanquey4)iicbeyla, atteint au visage par un paquet de mitraille, fut renversé 8an80on]ala8anae«Getamiril resta défitfuréd'uM façoefUehaime, etpprdd. ibéme le sens de

fai Voè pendant ptarienn jmm. U dut ranettre ie cDimiMmdeoMI an oipitftiDe Gilet» ^fâ^ peo de tempe eprèe» ra^itliiiaito une bltesoré morleDe. Lecapitawe de Mgete Ifartinet prit ie oemmiBindeinent. A 10 heures, le grand niât et le mAt

d'artimon tombèrent ; puis, peu après, Martinet ordonna de couper le câble, lorsque 1 Orient, tout en flammes et nu iiaçani de sauter, lui parut devoir, comme un brasier ixumeose, s'effondrer sur le Franklin.

Au mtUea de robacurité, diUiaaeai le Swifisure venant se plaeer à pétfte dlatniioe par eoB tnnrera de trii)onl, oemaieiiça un iau d'eiBlèr. Le LmndttBe plaça de même au poste du Peuple-Souverain, de sorte que notre vaisseau se trouvait cerné do toutes parts. Les deux tiers des hommes « talent hors de combat; tous les canons démontés, h rext eption de trois. Martinet, réduit ainsi aux dernières extrémités, cessa le feu peu de lempa après Texploaion du vaisseau amiral.

L'Orient canonna vigomosemeiit le BsUmp^ et le Iftifetliey puis il eut à lutter eontre qiaM cutrss vaisseaux.

Bn elfet, les nôtres de l'avant^rde ayant amené leurs pa* villons, ceux de l'ennemi traînant une ancre a jet de l'arrière et dérivant avec les huniers hauts, se laissèrent aflaiw vers h oentre.

Ce fiit le présage certain d'un désastre complet.

A bord de notre vaiesean amind» les partes fàreni cruelles. On déuama la batterie des gaillards pour oomplélër les autres, etBrueys» entouré d*un nombreux é(ât*major, ne garda sur le poBt avec lui qu'une vingtaine de tirailleurs.

Blessé une première fois, il refusa de desc^^ndre el, fiappc de nouveau, on assure qu il dit à ses amis qui lusisiaieot pour qu'il allât se faire soigner :

« — Non, non, laissez-moi ; un amiral français doit mou- « rirsursonbancdequart(4). •

il y mourut en effet, et cette fin hén^ïque a lait pardonner toutes les finîtes qull avait commises. ' <

Tout à coup, un événement sinistre; dont*nous raconterons les faits eu deUiii, compliqua la situation. ^ ( .

(1) L'amiral fut blessé d'abord au eou et à la jambe. (BerUn.)

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