‹ Histoire des marins français sous la RépubliqueChapitre 51 sur 71 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

LIS C0IUIA1II£S.

Le capitaine LéveiUé, parti de Dimkerque sur le Vengeur, amarioa 3 bàUmeDls anglais, sur lesquels il lit prisoDoiers 75 soldats et 55 marins. Poursuivi, peu de jours après, pir

un corsaire de \S canons et i cutter de 16, il s'en fit aban» donner en se défendant va il la m ment, et combattit ultérieurcjiient encore 3 autres cutters. Il prit, dans celte prcniit're croisière, 21 bâtiments dont il coula quelques-uns. Dans uw seconde sortie, il en captura encore 44. .

Le Vengeur fut commandé plus tard par le capitaine Denis qui fit merveilles, au dire des ennemis eux-mêmes. Ces der* niers louèrent son humanité, paice qu il LraiLa fui t bien ses nombreux prisonniers.

Le corsaire rEntrq|>ri8e croisait sur les c6te8 d*Espagne,

quand une corvette anglaise mouillée à la Gorogne s-onH pour l'attaquer. Les nôtres se jugeant perdus s'en aller debout au rivage et se sauvèrent, après avoir allumé une mèche au-dessus des poudres.

Les Anglais sautèrent avec le bâtiment pendant qu*iis pi^ laient les cabines, et 13 d*entre eux fùrent tués. Us avaiflot. dans cette circonstance, agi contre le droit des gens, car une cédule du roi d'Espagne portail que leurs bâtiments de guerre ne devaient pas sortir des ports pour attaquer ie^ nôtres.

Carry, (jui coninuiiKlaii rUiiilé de ficanonsdo 4, apn*> avoir capturé plusieurs bàtiiuenls sur les coleâ d Angleterre, a tu

revaoaii à fiduiogne, en remorquant un sloop, quand les vigies signalèreni une voile suspecte. G*étalt le Swan^ grand eutter de 14 caronades, devant lequel nos marins prirent

< basse en larguant leur remorque et forçant de voiles. Les Anglais gagnaient.

Garry, calculant que sa seule chance de salut était de leur faire éprouver des avaries, vînt en travers et commença un feu nourri qui dura plus de trois heures ; mais l'Unité fut réduit à un tel état qu'il ne restait qu'un dernier espoir « Tabordage et la victoire. *

« Aboi dons, dit Carry à ses marins; nous laisserons-nous prendii' pour allt r {lourrir sur les pontons anglais? »

« Abordons, abordonsl > répétèrent les hommes de l'équipage.

Un coup de barre porta rUnitésor le Swan^ et noemarinsi sautant sur son pont, s'en rendirent maîtres après, une lutte

sanglante.

Ils entrèrent triomphalement au Havre avec leur prise, et le Directoire lit décerner une hache d honneur à leur capitaine (1).

I-rumciiliii qui commandait le Rusé de 8 canons, et Dnchesne qui coTTirnanHait l'Espicgle de 10 « ;inon8, ayant pns la mer, au couimeucement de décembre i797, eurent connaissance d'un grand convoi qui naviguait sous l'escorte de f corvettes, ils s'y mêlèrent dans Fespour qu'un vent contraire ou violent en séparerait quelque navire.

Dans la nuit du SI an 29 décembre, Duchesne, ayant aperçu ruii d eux assez éloigné des autres, se dirigea de son côté. C elait un fort brig armé de caronades de 48 et de 32. Lnrsqu il eut reconnu la force de son ennemi, notre capitaine jugea qu'il n'avait que deux chances, celle de succomber en résistant vaillamment, ou celle de l'enlever à l'abordage. 11 adopta ce dernier parti, et le combat commença par des coups de fusil.

(1) L'Unité portait 7 canons di» 3, 4 pierri»?rs, fi e-]>in«j:ole*i -, îl y avait 4ô hommes d'équipjijrt*. — Lo Swan portait t> cauons de 1*2, 2 de 9, et 16 hommes d équipage.

Peu après, Fromentin s'étant dirigé de ce côté, son coofrère Duchasne aborda le brig anglais.

Od racoDie que le lieuteDant Tack, suivi de 44 braves, se précipita sur son pont, où il fut mortellement frappé.

Ses camarade*^ offrirent à ses mânes une vengeance éclatante, car le capiuiiif anglais et sou second tombèrent sut des monceaux de cadavres.

Ce brig enlevé si audacieusement à 1 abordage dans tes eaux des 2 corvettes élait le GrowUr de 40 caronades de 48 et 2 canons» capitaine John HoUingworth, monté par 68 hommes d'équipage.

Les vainqucuis furent reçus à Dunkerque avec mille acclamation«) et le Directoire écrivit une lettre de félicitatioQâ aux braves marias des deux corsaires (4 ).

Les marias du coi^aire le Chéri, de 28 canons, combattirent avec acharnement la frégate la Pamone^ et sombrèrent peu de temps après avoir amené leur pavillon.

Le capitaine de la Betsey, de 46 canons de 6, rencontra le sloop ennemi le Kingfisher, vers lequel il se dirigea en laissant porter et contre lequel il se battit depuis 9 heures du

malin jnsqu à 10 heures 30 minutes. Les Anij;lais s'éloignèrent parce que 1* ur bout-dehors de foc Mnh brise; mais, après avoir réparé cette avarie, ils reviureat à la charge dans la soirée, et, après un nouveau combat qui dura plus d'une heure, les nôtres durent se rendre, écrasés par leurs adversaires bien supérieurs en (broes.

Le corsaire la Revanche, de 46 canons, fut réduit, après un combat acharné, par le cutter anglais le Marquis-de-Coboury,

(1) Fromenliû, pour aller au secours de sou camarînle, al>an<lonna iiu bâtiment qu'il avait (l« jà capturé. Nous eûmes 6 hommes lues ou blessés. Les ennemis en eurent 11.

Le Growler élaïi armé de 2 canuus Ue36, 10 de 18, 10 petits cauons. Il était monté par 52 hommes. Le Rus«!^ portait 8 cauous de 2, et avait im cquipago de 52 hommes. L'Espiègle élait armé de la même minière.

mais il ooula peu de temps après, sous les pieds de nos marins, lesquels purent à peine sauver leur vie.

Le capitaine du Vautour captura un navire portugais iiu'il conduisit à Ténérillc et qu'il vendit pour la somme de 45000piastres. Celte prise ne fut amarinée qu'après deux corn. batsacharnés,dontrun dura une heure et demie et l'autre trois hetu^. Il y avait & bord 5 moines passagers qui se battirent comme des lions, si bien qu'il y en eut trois tués, deux blessés.

houx, qui commandait THeureux-Marius, se trouvant dans le port d'Alicante, se porta un jour au secours d'un brig espa* gnol que deux corsaires anglais avaient réduit en vue de la c6te. Ayant mis en fuite ces derniers et sauvé le brig espagnol , il fut acclamé, à son retour, par les habitants qui avaient été témoins de su brillante action.

Vandezande, qui commandait le Prodigue, de 1 4 canons, fut très-heureux dans une première croisière. Le 2"^ j i l i M , se trouvant, pour la deuxième fois, en mer, il

aperçut dans le nord-ouest une tlottille de 1) bâtiments sur lesquels il mit le cap. Ces derniers, au lieu de prendre la fuite, mirent en panne et formèrent une ligne de bataille présentant plusieurs caronades de 48 et 44 canons de 4 ou de 6. 11 y avait même comme un pavillon d'amiral à bord d*un troia-mâts.

Vandezande, s'étant idacé un peu au vent, wvs \ heure 30minutes,( ujiiiM( iiça un feu violent, qui fui si bien servi que deux des bâtiuicnls furent amarines après une canonnade de 6 heures. Gomme le vent mollit pendant la nuit, tous les autres se trouvaient encore massés en peloton, au point du jour.

Nos corsaires armèrent leurs avirons de galère, rejoignirent leurs ennemis et reconmiencèrent la canonnade.

Après un combat acharné, plus sanglara que celui de la veille, trois autres bâtiments furent encore capturés, quoique le Prodigue eût été entouré. Le brave et heureux Vandezande

revint au port de Dunkerque âveo ses 5 prises el fui acclamé comme il le méritait par ses compatriotes.

i^s capitaines Audibert, du Uusc, et Fromentin, du Furet, croisaient au large de Boulogne, lo i juillet 4799, quand ils rencontrèrent le sloop anglais le Wolverinej contre lequel ils engagèrent un combat sanglant et qu*îls voulurent enlever à rabordage. Ils furent repoussés parce que leurs ennemis étaient nombreux et avaient à leur disposition une artillerie forniidalilf.

Fromentin perdit la vie, et le Directoire en exprima officiellement ses regrets à sa famille.

Quant à Audibert, il fût promu au gracie de lieutenant de vaisseau.

Le Wolverinef comme les autres sloops anglais ^ était une espèce de corvette armée de 18 canons de 18 et de 4 caronades de 36.

Poupeville, qui commandait la Rantuiic, enleva à rabordage un brig de guerre anglais dç 40 canons et reçut du iiirectoire un sabre d'honneur.

Le capitaine du corsaire la Mouche, de Bordeaux, capima un corsaire anglais de 16 canons de 12, après uo combal remarquable qui dura plus de trois heures.

Limousin, qui commandait la Vengeance, enleva à l abordage le brig de guerre anglais I^Ârgug^ de 14 canons.

Avant de faire cette capture importante, il avait déjà amariné 6 bàUments marchaiids. Le brig de guerre était commandé par le lieutenant Glarke.

Beek croisait sur les côtes de Tlrlande avec le Gourageui et y captura 6 bâtiments. Il enleva ensuite , à Tabordagf »

une corvette de guerre, et les ventes de toutes ces prises rapportèrent, dit-on, trois millions de francs.

PeuaprèSy le Courageux, commandé par un autre capitaine, fut amariné par la firégate Alcmène^ capitaine Henry Digi)y*

Ce corsaire était armé de SS canons de 42 et de 9.

Dans une première sortie, le Magnifique, corsaire bordelais,

portaot 46 canons de 12» 8 caronadeâ de 36, monté par â02 hommes d'équipage, s'empara de 39 bâtiments.

Mais, le l*' octobre 4799, il fut réduit par la frégate la Bé* voluiimnaire, capitaine Thomas Taysden.

Dambouyer, qui commandait la Victoire, s'empara du corsaire anglais VAfniral'Haiokey de 44 canons de 84 et de 48.

Les habitants de la Ciota aperçurent, dans la journée du 45 juin 4799, un corsaire anglais en train d'amariner 3 bâtiments français. La chaloupe canonnière en station dans le port se porta immédiatement à leur secours. Deux patrons de bateaux se joignirent à elle, et le prud'homme des pécheurs Cuzin, ayant également pris la mer avec sa chaloupe, se dirigea sur reAneaii.Mais la mer était si grosse, que Guzîn seul poursuivit son entreprise et la mena du reste à bonne fin, puisque non-seulement il sauva les bâtiments compromis, mais même amarina Tanglaîs.

CHAPllKE VI.

GBMKIQDBS lIBS COLORIES.

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