‹ Histoire des marins français sous la RépubliqueChapitre 53 sur 71 · frégate Carmel, cap. Joiin-Lee · texte numérisé non relu

frégate Carmel, cap. Joiin-Lee

La corvette Ratlle-Snake, cap. Samuel-Gooch ;

Plusieurs baieiniers, tous armés de plusieurs canons.

Notre capitaine, en* sorUnt de la baie d' Algoa, alla croiser sur le banc des Aiguilles, où il éprouva de violents courants

qui drossèrent la frégate de 25 lieues par jour.

Le 9 septembre 1799, vers o heures du soir, par une belle brise d'ouest, une mer grosse, on tenait la cape bâbord amures , quand les vigies signalèrent, dans le sud-ouest, uo grand bâtiment qu'on reconnut bientôt pour un vaisseau anglais, qui n'était autre que le Jupiter^ de 74.

L'Hermitte prit chasse à Test-nord-^est, en se couvrant de voiles, et mal p^ré tout, vers i l heures du soir, l' ennemi se posta par la luuiche do tribord, à portée de cantMi.

La Preneuse fatiguait i)eaucoup, les canons des gaillards labouraient parfois la mer, là cale était pleine d'eau, et toutes les pompes étaient en jeu.

Le lendemain, vers % heures 35 minutes de raprèsHnidî, les cmiernis, se maintenant à demi-portée par la hanche de tribord, a»inniencèrent le feu en venant de temps en temps en travers pour envoyer leurs volées.

L'Hermitte, obligé d'accqpter la lutte, s'y résolut courage»* sèment, cargua les basses %'oiles vers 3 heures 50 minutes.

viiii sur bâbord, et mit en panne, ce que les Anglais firent de leur c6té.

Après une canonnade bord à bord, notre capitaine laissa porter, passa à poiipe du Jupiter et le salua d'une volée en* tîëre en enfilade. Il exécuta ce mouvement une deuxième fais

eu passant si près du vaisseau, que le bout-dehors du foc de la Preneuse toucha le couronnement.

Nos ennemis, se couvrant de voiles, s éloignèrent vent arrière, si bien qu'on leur donna la chasse jusqu'à 5 heures»

Dans son rapport, L'Harmitte cita l'enseigne Bauby qui commanda la manœuvre en remplacement du lieutenant de vaisseau Raymond blessé, et s'en acquitta fort bien»

— ■ Tel fut, dit noire capiUiine, le résultat d'une chasse « d'un jour donnée par ce vaisseau, d'un combat bord à bord « qui dura plus de S heures, d'une poursuite qui ne cessa m qu'à la nuit* > — *

L'Hermitte fit aussi de grands éloges de son chirurgien» major Besnard, qui se montra plein de dévouement pour les marins en proie au scorbut et à la dyssenterie, dans ces longues croisières (1).

Hélas! ils n'étaient pas au terme de leurs épreuves!!!

Le 9 décembre 4799, dès l'aube, les vigies signalèrent rile de France, pois le lendemain, vers 10 heures 15 minutes, la Preneuse doublait la Pointe-aux-canonniers.

Depuis la veille, on avait aperçu un vaisseau qui forçait de voiles pour s approcher, puis on en découvrit encore deux autres dans le nord-ouest. Lllermitte, continuant de ranger de près la terre, à l'aide d'une jolie brise d'est qui soufflait à rafales, doubla le chenal de la baie du Tombeau, vers 1 0 heures 30 minutes. 11 touchait au port, quand mal heureusement le vent mollit, souilla de l'ouest, masqua les voiles. Peu après, la Preneuse toucha sur l'accore du banc.

On déploya la plus grande activité pour la remettre à flot. On débarqua des canots, on élongea des ancres. Le citoyen Duché, capitaine de port, mit toutes ses ressources à la dispo-

(1) Dalbara.ie était second (îola Pronouse. L'enseigne iUvière, l'ospirani Le Breton faisaient parUe de i élat-nifigor.

sition de no» marins. Mais oe fîiten vain qu*OD jeta Unit à ta

mer, qu'on aballit les mâts, qu'on vira sur les grelins.

Les vaisseaux, s'élanl ra}»)»to(.lK's vL'r> C heures du suii, commencèrent le feu en enfilade, et Lliermitte donna des ordres pour l'évacuation des malades, recommanda à ses marins de se sauver, saborda la frégate, disposa tout pour l'incendier.

l'ouï tant, afni de ne pasgôner l'évacuation, il amena son pavillon, et resta prisonnier avec son élat-major.

Les citoyens Duché, Morin, Me-snard tirent évacuer rapidement réquîpage.

UHermttte et ses officiers, transportés à bord de VAdamatU^ furent traités avec les plus grands égards par le eommandant, et remis en liberté. Quant à la Preneuse, elle fut livrée aux llanunes par u«»s ennemis qui ne purent la renflouer.

Ainsi fut ruinée cette belle divisioii du contre-amiral Seroey, qui aurait certainement làit plus de mal aux Anglais, si l'assemblée coloniale n'avait pas toujours agi contraire» ment aux intérêts de la Métropole.

Il eût fallu approvisionner, armer, équiper convenablement ces huit frégates, et non point les renvoyer en France, les disperser.

Repassons en revue ce qu'il advint de chacune d'elles, pendant les quatre années qui venaient de s'éoouler :

La Bonne-Citoyenne, la Mutine furent capturées peu de temps après le départ des ports de France.

La Gybèle, la Vertu, la Régénérée furent renvoyées en France.

La Seine, renvoyée de même, se perdit après un combat fameux.

La Prudente, la Forte tombèrent au pouvoir des ennemis. La Preneuse, échouée sur les récifs de Tlle, fut incendiée

par les Anglais qui s'en étaient rendus maîtres.

A la hn tle 1799, le contre-amiral de Sercey n'avait plus sous ses ordres que la Bruie-Gueule.

CORSAIRES

Le capitaine SurcoufT prit ]e commandement de la Clarisse, à la fia de l'année 4798 , et partît de Nantes pour retouhier dans les mers de Tlnde, le théâtre de ses anciens exploits. Le

navire était monté par 420 hommes d'équipage et son armement ccmsistait en 4 canons de \ 2 et 10 de 8.

Ohomin faisant, le lendemain du pansai^o do réijualeur, ayant rciK o[itré un grand bâtiment qui faisait route au noid par une jolie brise de sud-sud-est, il manœuvra pour se mettre aux mêmes amures^ et gouverna sur lui.

G'étaientdes Anglaiset, commeilsrentrèrentleurs bonnettes en carguant leurs basses voiles, Surcouff s'en rapprocha vite pour engajïer le combat imtm diatement.

Nos marins se disposaient à aborder, (luaiid, malheuretisoment, la Clarisse fut démâtée de son petit mât de hune, ce qui permit aux adversaires de s'éloigner en forçant do voiles.

Surcouff, continuant son voyage, jeta Tancre à la Réunion

le 5 décembre, après avoir amariné un seul bâtiment au sud du cap de Bonne-Espéranec.

Notre corsaire reprit la mer en 1799, et se rendît dcvanl la petite ville de Sussoa, du royaume d'Acheni, sur la céte de Sumatra.

Là, deux grands navires anglais, armés chacun de 20 pièces de canon, se trouvaient au mouillage en train de charger défi poivres, et lui, venant mouiller son ancre à petite distaiu e, ouvrit sur eux le feu de sa batterie. 11 le fit cesser, npi s quelques minutes, préférant employer le mode e\p( ditil de l'abordage, et chargea son frère Nicholas de faire le hardi coup de main, avec tous les canots de la Clarisse, armés en guerre.

Après une lutte sanglante, 40 de nos marins escaladèrent^

en effet, les deux bâtiments, l'un après i autre, et s'en rendirent maîtres.

Surcuuiï, aprbs cette belit* capture, reprit la mer et revint à l'ile de France en juin 4 .

11 partît de nouveau, le 16 août, avee cette même Glarâie,

se reiidiL d'abord à la Ul'uihou, ])uiif rcrueUre au coiaaiaauaal de cette île des dépt^ches iaiporiantes de M. deMalarctic, puis se dirigea sur Java, atiu de renouveler sa provision d eau.

Un jour que ses marins se livraient, sans défiaoce, à cette opération dans une des baies de cette lie, ils furent cernés tout à coup par des sauvages armés , qui semblaient animés d'intentions très-hostiles. On raconte que Surcoufif, par son san^;-froid , sa présence d'esprit, en imposa si Lica à celui qui semblait (Hre leur ciief, que celui-ci doiuia des ordres pour laisser en paix les marioSt qui déjà se croyaient perdus.

Peu de temps après avoir quitté cette baie, nos corsaires prirent un grand bâtiment' à bord duquel se trouvait une somme de 446000 piastres. Dans la journée du 5 novembre, sur les bords du Gange, ils en amarinèrcut un autre chargé de sel. Puis entia, à quelques jours de là, ils eurent la bonue fortune, après une canonnade de uuit , de faire amener un vaisseau de la compagnie des Indes, armé de %Q canons et cbargé richement.

L'heureux Malouin, après ces exploits, relâcha dans le port deMerguy, se débarrassa des nombreux prisonniers qui encoiabraienl son bàLiiaent et acheta des ravitalilernents.

Ayant repris le large le iO décembre, il se dirig^it sur la côte d'Orisca, quand il rencontra le MalarctiCt que commandait Jeatt Dutertre, un des corsaires les plus renommés de Saint-Halo. Tous deux naviguaient de conserve ^ quand ^ peo de jours après, ils furent poursuivis jiar uae Ire^ate anglaise, à laquelle ils n'échappèrent qu'à î?rand'peine . en manœuvrant avec bonheur et habileté. SurcouH jeta par-dessus le bord, pour alléger sa Clarisse, 8 canons, vida l'eau de sa cale, fit décoincer les mâts et lever les épontilles.

Le l*' janvier 4800, 11 amerina un grand bAtiment chargé de riz, et, deux jours plus tard, les gabiers en vigie signa* lèrent deux navires aruiés chacun de 46 caronades, qui naviguaient en ligne, beaupré sur poupe, les basses voiler carguées, tout prêts à combattre.

Nous avons déjà dit qu'à bord de la Clarisse 8 canons avaient été jetés à la mer; de plus, 60 hommes, qui avaient

été répartis sur les prises pour leur amarinagc , manquaieot aux effectifs de l*équjpage. Mais le fier Malouin n'était pas homme à refuser la lutte sanglante qui lui était offerte, et

manœuvra pour se rapprocher de ses terribles adversaires, en arborant le pavillon rouge, sigûal d'un combat a outrance, sans quartier pour le vaincu.

Bientôt la caDonoade fut engagée entre le serre^file, qui tirait de ses pièces de poupe, et la Clarisse, que Suroouff tâchait de maintenir habilement dans la hanche du vent. <

Profitant de sa marche supérieure, il doubla son adversaire, puis cargua ses basses voiles, aûn d'en venir à un abordage.

En ce moment, le bâtiment de téte, ayant essayé de virer de bord pour mettre nos marins entre deux feux, reçut une volée entière de la batterie de bâbord.

Bientôt Surcouff aborda le serre-file la Louisa, le beaupré de la (^lai isse s'engagea dans ses haubans de bâbord, mais il se rompit, parce que les ennemis laissaient arriver vent arrière.

Déjà ces derniers, se croyant sauvés, jetaient des cris de joie, quand Nicolas Surcouff, sautant à l'abordage avec trente hommes résolus, en se servant du tronçon du mât, leur fit

mettre bas les armes.

Quant au second bâtiment, il ne put être rejoint.

Surcouff donna le commandement de la prise à son valeureux frère et^ se dirigeant sur Tile de France, y jeta l'ancre après une heureuse traversée.

Peu après, il laissa la Clarisse, qui avait besoin d'un radoub complet, et prit le commandement de la Cuiiliancf.

Dans le livre suivant, nous continuerons le récit des exploits qui l ont rendu célèbre dans les mers de l'Inde.

Mallerousse, qui commandait TAmphytrite, corsaire de

^8 canons, partit de l'île de France à la On de 1798, et alla croiser dans la mer Rouge pour courir sus aux navires anglais qui transportaient, chaque année, les pèlerins de la Mecque.

Il captura 1 un d oux, la Perle^ de 24 cauous, d(^barqu;i les Arabes pour qu'ils pussent continuer leur voyage, et put à son bord les objets les plus précieux.

Peu après, il Ait obligé d acoepter qm lutte inégale cooUe a corvette anglaise le Trinquemalé , à laquelle iJ ne put échapper en forçant de voiles. La canonnade dura pendant toute la journée, sans dontit r de résultais décisifs. La corvette était acooiupaguce d une goëlette qui se battit coulre la Perle.

Le soir, Mallerouaae, ayant vu tomber le niài d'artimon de son adversaire, essaya de s'éloigner à la fiiveurde robscurité, lorsque, malheureusement, le mât de misaine de l'Amphitrite

étant également tombé peu de temps après, nos marins se trouvèrent obligés de l oiiiinucr la lutte.

Vers minuit, le Tnnquemalt perdit son grand mât de hune, et les deux bâtiments, dérivant l'un sur l'autre, s'abordèrent de long en long«

Alors sur le gaillard d'avant de la corvette anglaise commença une lutte corps à corps, sanglante, acharnée, à la suite de laquelle les nôtres, vainqueurs, refoulèrent les Anglais daus leurs batteries.

Ces derniers n'en continuaient pas moins une vive fusillade, et tiraient même des coups de canon, quoique nos marins eussent coupé les itaques des sabords pour les fermer.

Tout à coup on entendit des cris d'épouvante, une immense clarté illumina le pont du TWn^ruema^.Nos hommes effrayés retournèrent à leur bord, une effroyable détonation se fit entendre, le Trinquemalé 3nu{a, et tous ceux *iui se Lruuvaieul à bord furent ensevelis sous ses ruines tamantes.

Peu après, notre corsaire sombra par suite do ia commotion, et à peine si quelques-uns de nos braves corsaires purent sauver leur vie, en gagnant, dans une chaloupe, la prise la Perle, avec laquelle ils revinrent à l'Ile de France.

Quant à Mallerousse, il se noya pour avoir voulu, dit-on, retourner à bord de son navire chercber des pa^jiers qu'il y avait oubliés...

^ 451 ^ Là GUADELOUPE.

Nous avons donné le récit des exploits à la suite desquels Victor Hughes conquit la Guadeloupe et la régit en mailre. Nous avons dit (|uo ce tyran ombrageux se ch'barrnssa de tous ceux qui glanaient son autorité personnelle, qu il (il partir pour la France beaucoup de braves otlicicrsqui l'avaient aidé dans sa conquête, entre autres le général Pélardy.

Gomme par sa manière de faire il avait soulevé contre lui Findlgnation générale» ses ennemis ne manquèrent pas de raccuser près du Directoire. Ne tenant nui compte du bien qu'il avait fait, ils le représentèrent comme ini tm ban heureux, dans une ileoù i on ne voyait plus ni planteurs, ni cultivateursy ni usines, ni bâtiments, où tout allait de mal en pis.

Le général Pélardy, à son arrivée à Paris, ne manqua pas de surenchérir sur tout ce qui se disait de son ancien gouverneur, et le fit d'autant plus volontiers qu'il savait bien tjue c'était lui, Pélardy, qui, en vaillant capitaine, avait conquis rile de laquelle Victor Uugbes l'avait renvoyé pour se trouver plus à son aise.

M. Lacour rapporte qu'en 1795 la population de la Guadeloupe ne se composait que de 5993 haHtants, dont <099 blancs. En 4790, cette même population était de 9731 habitants, dont 1 645 blancs, d'où on peut conclure que, depuis le commencement des hostilités, 4 508 habitants avaient disparu, se trouvaient émigrés, bannis, ou étaient tombés sous les balles des ennemis, ou avaient péri sur les échafauds.

La Terreur avait donc régné véritablement dans l'ile, par suite des révolutions et contre-révolutions qui s étaient succédé.

Dans le mois de mai 4797, lorsque son collègue Le Bas partit pour la France, Victor Hughes resta seul de nouveau peut l^uvemer, et le Directoire ayant désigné, pour lui succéder,

le général Desfourneaux, celui-ci partit de Lorient sur la Yo-

lontaire,en compagnie de Pélardy. Une seconde frégate, Tin* sorgente, disait partie du convoi.

Le nouveau gouverneur arriva le 9% novembre 1798, et,

avanl (]u il ne desrondît sur !e r ivîiL'o, il apprit, h tort ou à raison, qu'il existaii uu complut pour s opposer à son debarqueiiiciit.

Il pria Victor Hughes de venir le voir à bord de sa frégate, ne dissimula point ses craintes, et le mit dans TobligatioD de descendre immédiatement à terre pour lui rendre ses pouvoirs.

Ne voulant même pas qu il allât revcHir son costunu' de gouvernenr, iî le tit prendre par «n de ses domestiques.

Maigre ces procédés singuliers, Desfourneaux et Viclor Hughes vécurent en bonne intelligence pendant un mois. Ce dernier, en raison de l'état de grossesse de sa femme, oonli^ nuait de résider dans Tlle comme un simple citoyen.

Malheureusement, Desfbumeaux s'imagina de nouveau que celui qu'il avait supplanté était l'àme des complots qui, disait-oii, se tramaient contre lui, et il résoiul de le faire nartir, parce qu'il lui devint insupportable de penser à uu td voisinage. 11 eut le tort d'employer encore, dans cette circonstance, un procédé déloyal. Ayant, un jour, invité Victor Hughes à diner, à bord de la frégate la Pensée, qui était pr^te à partir, il lui déclara au moment où il embarquait dans soo canot, pour revenir à terre, qu'il ne \ oulait plus qu'il habitât la Guadeloupe, et que la fréiiate allait prendre ioimédii' tement le large pour se diriger vers la France.

Le tigre, pris au piège, n*est pas plus furieux que ne le fiit, en ce moment, Victor Hughes. 11 trépigna de colère, et, passant sa téte entre deux des haubans du grand mât, il vomit ( uiiini sou hùte déloyal tout le vocabulaire des injures provençales qu'il avait apprises dans sa jeunesse.

Ajoutons qu'il aborda heureusement en France ; qu'à son arrivée à Paris, ayant répondu victorieusement à tous ses ennemis, il détruisit toutes les accusations qu'on avait formulées contre lui.

On avait dit qu'il n'avait pas rois la Constitution en vigueur dans son Ile, et, à ce sujet, il émit les opinion:) les plus sensées :

« — Dans ces pays» dit*iU la terre n'est rien, le travail de « rhomme est tout. Le nègre ne travaillera jamais que par • la contrainte, parce que ses besoins sont très-bornés. La

t paresse est son suprt^nic tionheur; il sait qu*en travaillant c seulemeiU pendant dix jours chaque année il peut se pro- « curer des vivres en quantité suffisante. »

Il concluait qu'il ne lui avait pas été possible d'appliquer la Ckmstîtution, et qu*il avait dû forcer ses administrés à tra* vailler.

Le Directoire, par un arrêté du 28 floréal, approuva sa conduite pendant le temps de son administration.

Revenons maintenant au général Desfourneaux , qui ne tarda pas à se trouver en présence des plus grandes difiicultés :

Contrairementau système de son prédécesseur, qui n'avait

pas affcimô les domaines nationaux, mais avait forcé les nègres soldats à les cultiver, sous la condition qu'ils auraient droit à une solde fixe et à une quote-part dans les revenus, le général donna ces domaines à bail» établit des inspecteurs de culture, et décida que les nègres travailleurs auraient le quart du revenu net des récoltes.

Du temps de Victor Hughes, les corsaires de l'île avaient capturé un grand nombre de bâtiments niarchands, nuiis ils attaquèrent aussi les Américains, avec lesquels, du reste, la République s'était trouvée en guerre pendant quelque temps, et le président des États-Unis ayant donné des ordres sévères pour bloquer notre colonie, celle-ci se trouva privée de toutes relations extérieures.

Desfnurncatix, pour mettre fin à cette situation regrettable, supprima les lettres de marque, rapatria 900 matelots prisonniers dans File, restitua plusieurs bâtiments capturés, et se mettant en relation avec le gouvemementamérîcaîn, parce que la guerre était finie, pensait-il, demanda que les bâtiments de cette République vinssent approvisionner Tîle.

Mfilheurensement, le premier anrté qui obli^^eait les pruprk'Laires a payer aux nègres travailleurs un quart de leur revenu aliéna au général les blancs de la colonie*

Les mesures prises à Tégard des corsaires ne donnèrenl pas un meilleur résultat.

Un jour que l'Insurgenle croisait au large, son capitaine, qui avait des ordres formels pour ne pas attaquer les Américains, rencontra tout à coup une frégate de cette nation bieo supérieure en force.

De notre côté, aucune disposition de combat n'était faite, soit pour attaquer, soit pour se défendre. Le capitaine se conduisit avec une bonhomie qui le fit accuser de lâcheté par ses officiers. 11 ne voulut point croire qu'on l'attaquerait en pleine connaissance de cause, et amena son pavillon poor cette frégate la Omstellaiionf après quelques bordées terribles reçues par le travers, à petite portée.

Apr^s cette dure leçon, Desfourneaux ordonna de courir sus aux bâtiments américains.

Malgré cela, tout alla bien pendant quelque temps. Le gouverneur était jeune encore; il avait conquis tous ses grades sur le champ de bataille; on le savait probe et intègre ; eo ud mot, il plaisait aux habitantS) malgré sa vanîtéi sa fotuîté, ses prétentions exagérées, ses allures de muscadin, et Ton oe pouvait prévoir qu'il était à la veille de subir une niésaveiiture.

il parait qu'il ne sut ou ne voulut pas plaire aux soldais et officiers des corps qui formaient la garnison.

Toujours estr-il que les républicainsi anciens partisans de Victor Hughes, tramèrent un complot pour le destituer et le

renvoyer eu France. 11 est à peu [)rès certain que le général Paris, bcau-frcre de ce dernier, fut l'instigateur de ce mouvement séditieux, et on a rendu par un mot expressif la situation difficile de Desfourneaux, en disant qu'il fut écrasé par la queue de Victor Hughes.

On savait, dans Tile, que des agents du Directoire devaient arriver de Franco, et cinq officiers accusèrent le gouverneur cl'a\ oir dit qu'il s upjiosrraît à leur débarquement. Soii5 a' prétexte, on monta contre lui les têtes faibles et facile» exalter des nègres et des mulAtres; on lui tendit un piégt: comme celui qu'il avait tendu lui-même à son prédéoesseor,

Tannée précédente, et on Texpédia en'Europe sur un navire danois {\],

Ce qu il y eut de singulier, ce fut de voir les généraux Paris ol Pélardy se concerter pour faire le coup. CcLle conduite naturelle au preiiiier, bt'au-frcK^ rie l'ancien gouverneur, s'explique moins facilement pour Pélardy. Au reste, C6lui-ci| ayant eu la bonne idée de ne pas prendre le titre de gouverfteur, se contenta de conserver ses fonctions de commandant militaire.

Un gouvernement provisoire administra les affaires de la colonie. A Paris, une commission d emiuèlc s'ctant réunie sur Tordre du Directoire, après l'arrivée de Desfourneaux, on rechercha en vain la preuve certaine de la culpabilité des généraux. Us se défendirent en disant qu'ils avaient pris la direction du mouvement insurrectionnel dans le seul but de le maîtriser, et d'empêcher que la colonie ne retombât dans les horreurs du ne autre guerre civile.

A la suite du conseil d'enquête, le uiinistre demanda que trois agents fussent envoyés à la Ouadeloupe. et l'on désigna le général LaveauXi fiaco et Jeannetyqui partirent de Boche* fort, le 16 novembre 4799, sur la frégate la Vengeance et le Berceau. Deux mulâtres de la Martinique, Delgrés etMagloire Pelage, dont les noms devaient avoir de la célébrité, partirent en nii^me temps.

Les agents furent, dès leur arrivée, divisés par la jalousjo.

Le général Laveaux ayant voulu en appeler au peuple, c'est^-dire aux nègres et aux mul&tres, ses deux collègues rarrétèrent et le tirent partir pour France.

Peu après, Baco mourut, et Jeannet, resté seul, eut besoin de f(Tmet€, d'adresse, de conciliation pour se maintenir jus* qu'au consulat.

Quant au général Laveaux, jugé à Paris par un conseil d'enquête, il fut déclaré non coupable.

(1) \ canots anf^lais atiaquèrciil cr n.ivire. Deâfourneaux se battit comme un vaillant soldat et les repoussa.

SAIHT-VIHCEHT. — LA GBBMADB

Ces iles, qui avaient été conquL-cs sur les Anglais par Victor Hughes, nous furent enlev ées de nouveau dauâ le mois de juin 17*J(j, non sans de sanglantes luttes.

A Saint-Vincent, sulvani James, il y eai 34 Anglais tués et 4 15 blessés; et, à la Grenade, il y eut 9 tués, 60 blessés.

Elles ne nous furent paiat restituées à la paix d'Amiens.

LA GUTAHE.

Cette colonie sentit de lieu de déportation pendant les années 47d7, 4798, et l'on y lit passer plus de 500 infortunés qui, pour la plupart, moururent de chagrin, de misère, de maladies.

Les Anglais, ayant pris possession des îles du Salut, à la fin

de 1799, le gouverneur Burnel déclara le pays en état de siège, et organisa des bataillons de noirs. Mais ceux-ci, s étant révoltés et ayant annulé tous les arrêtés (jui les obligeaienlâ travailler, rendirent la liberté aux anciens esclaves. Dans cette circonstance, un officier et quelques grenadiers firent preuve d'une grande énergie en dissipant des attroupements hostiles.

Le gouvernement consulaire nomma, en qualité de gouverneur de cette colonie, le fameux Victor Hughes, dont nous avons longuement parlé dans la chronique de la Guadeloupe, et 1 oti peut dire que par la seule terreur de sou nom il réublit l'oitire.

SAINT-DOlUlfGnfi.

Nous ne pouvons raconter que succinctement les événements à la suite desquels cette belle Ile fut à jamais perdue pour ia France.

Nous avons vu que le général Laveaux, nommé gouverneur par Santhonax, maintenu en cette qualité par un décret de la convention» lutta héroïquemeot contre les eanemis de la Aépublique.

Le mulâtre Villate^ général de brigade, mettant à exécution, dans la journée du 20 mars 1796, un plan qu'il avait conçu

de longui' main, arréla Laveaux dans sa maison et l'enferma dans une prison, après quoi ses soldats commirent mille désordres.

Des chefs nègres qui donnèrent} dans cette circonstance, des preuves de dévouement et d'énergie prirent heureusement le parti du gouverneur, lui rendirent la liberté et forcèrent Yîllate h chercher son salut dans la fuite.

Peu après, ces nègres libérateurs se mirent eux mcmes en état d'insurrection contre le représentant de la Képubliijuc qu ils avaient délivré et, cette fois, il ne dut son salut qu'à l'intervention directe de Tousaaintr-Louverture.

Depuis cette époque,Villate, augmentant de jour en jour le nombre de ses partisans, se déclara en révolte ouverte.

Sur ces entrefaites, le Directoire ayant décidé que des agents seraient envoyés dans la colonie, Santhonax, Giraud, Le Blanc, Roume, désignés pour former un directoire, partirent de Rochefort le 21 septembre 1796, sur les bâtiments de la division du capitaine de vaisseau Thomas. Cette division portait aussi un corps de 4 200 hommes, sous les ordres supérieurs du général Rocharobeau et du général Desfoumeaux.

Elle se composait de 2 vaisseaux, 2 frégates, 8 transi)orls.

Le Blanc succomba aux atteintes de la fièvre jaune. Rounic se rendit dans la partie espagnole de i lie pour eu négocier la cession, et les autres restèrent pour administrer la colonie.

On les accueillit avec enthousiasme, et leur premier soin fut de mander le mulâtre Villate, qu'ils sommèrent de licencier ses bandes. Mais le rusé rebelle, ayant appris vite que les agents n'étaient suivis que de i 200 [lomnifs de troupes, se garda bien d'obéir, et recrutant de nouveaux partisans, disposa tout pour résister.

Desfoumeaux, brillant officier qui avait conquis tous ses grades sur le champ de bataille, jouissant du plus grand cré-

dit près de Santhonav^ dont il avait sauvé la vie à Port-an* Prince, défit Villate en plusieurs renoontres, s'empara de sa personne et le livra aux agents qui rembarquèrent pour la

France.

Le Directoire décréta que l'arniée du Nord avait bien mérité de la patrie.

Quant au général Hochambeau, ayant reçu la mission de prendre possession de la partie espagnole, il n'en put venir à bout, soit par suite de la mauvaise volonté de nos alliés, soit à cause des intrigues anglaises. Les agents le renvoyèrent eo France après l'avoir destitué, et le Directoire rnaliriua cet acte de sévérité, dont les motifs paraissent vagues.

Il parait, d'aprës un rapport de Pléville le Pelley , que le général avait écrit à Sanihonax et à ses collègues des lettres dans lesquelles il manquait, d*une manière grave, à la subordination et mémo aux bienséances.

Pondant l'année 479G, rien ne fut entrepris contre les Anglais, que décimait la fièvre jaune et qui se maintenaient à grande peine à Nicolas-Môle et à Port-au-Prince, lis avaieiii, l'année précédente, subi un échec sanglant quand ils voulurent s'emparer de Léogane.

Le contre-amiral Parker, qui se présenta devant cette ville avec % vaisseaux et 6 frégates ou corvettes, fat obligé de battre en retraite , après avoir perdu beaucoup de monde (4).

Pendant le temps que Santhonax organisait le Nord, aprè> la défaite de Villate, le général Desfourneaux se rendit aux Cayes, où commandait le mulâtre Rigaud, qui n'inspirait, ditron, aucune confiance, et oii il voulait établir son autorité

supérieure.

Mais ce fut à peine si le général put échappei à une fifi miséiablo, lorsque, jx'u de jours apn's >(in arrivéo, il \oului faire arrêter un homme de couleur; en elVet, tous les gens de cette caste se mirent en état dinsurrealon, et comme, peo-

(I) Le cupitaiue de frégate Marlmot se diàtiugua daas cette circon&tance.

daotce temps, Aigaud était en expédition, on n'a jamais pu savoir ail suacita, poar son compte, ce soulèvement.

Santhonaz en garda la conviction, ai l'en accusa quand il fevJnt à Faria.

Le général La veaux, qui avait été nommé membre du conseil des Cinq-cents, avait clé remplacé, dans ses fonctions de gouverneur, par Desfournoaux, lequel ne cessa rie guerroyer avec succès contre les Anglais, les émigrés, les nèij;res révoltés. Il dissipa les dernières bandes de Jean-l'rançois» ancien allié des Anglais et des ËspagoolSy et, grâce à ses ta<lenis, on put, vers la fin de mars 4797, considérer la guerre comme terminée.

Plusieurs chets fameux, entre autres Toussaint-Louvcrture, M il neveu Moyse, Pierre-Micbal, Christophe, Grandet, le secondèrent efficacement.

Dès lors, une ère de prospérité commença pour tous les habitante* âanthon^K, à son retour à Paris, s'en vanta devant le conseil des GinqHoents. Il dit que 480 sucreries étaient en activité; que, dans la seule province du Nord, les cultures donnaient un produit brut de 25 iiiiUions; que, du mois de juin 1796 au mois d'août 1797, le commerce employa plus de 200 navires neutres; que des corsaires nombreux, qui battaient la mer, enrichirent la colonie par leurs prises.

il n'oublia pas de dire comment Michel Meilhan, monté sur une barque, s'empara de Taviso anglais le Port-Royal, armé de 40 canons de 4 et de 40 honmies d'équipage.

Toussa int-Louverture se débarrassa des agents Santhona\ et Haymoiid par un moyen adroit, en les faisant nommer députés au conseil des Ginq-cents; puis, usant de la plus habile des ruses pour cacher son ambition personnelle, il leur confia ses deux fils, les donnant ainsi comme gag^ à la Eépublique, afin qu*on ne pût douter de son dévouement.

Le général llédouvilh^ ayant reçu du Diioi-loire lu iiussiou de contenir cet anibilicuv nv^j^vv. qne les AfJi^lais rluMcliaicnt à détacher de uotre parti, arriva dans l'ile suivi d une simple escorte d'honneur. II manda immédiatement Toussaint et Rigaud, mais ne réussit pas à faire reconnaître officiellement ses pouvoirs.

Ces généraux n'avaieDt pas cessé leurs hostilités contre las Anglais (4). Ces demierS| outre qu'ils étaient déclinés par les maladies, étaient souvent battus, et le moment approchait oà il leur faudrait évacuer les derniers points qu'ils occupaient

encore. On assure que 30 000 d'entre eux périrent par le feu ou |iar les maladies, que le 2:énéral Maillant! lit à Toussaint des ouvertures, et que ee dernier les écoula favorablement| quand on lui donna la certitude que l'Angleterre le reoonnai* trait comme chef de Tile, à la seule condition de signer ud traité de commerce exclusif en faveur de cette puissance. Il est à peu près certain qu'il permit au général Màitland (l'évacuer Port-au-Prince dans un momeiU où il aurait pu l'écraser. Mais celle accusalion esl-elle fondée "/

Ainsi les Anglais furent chassés de Saint-Domingue accablés par le nombre, décimés par les maladies.

A cette époque, le général Uédouville capitula lui-même pour l'évacuation de Saint>Nicolas-M6le, et, chose singulière, Toussa in t-Lou ver ture s'en plaignit hautement, disant qu'en sa qualité de commandant en chef des troupes, lui .seul avait qualité pour agir en pareille rirconstance. Les Anglais, ayant consenti à signer une deuxième capitulation, lui donnèrent de splendides présents en l'assurant que l'Angleterre le reconnaîtrait comme chef de l'ile.

Hédouville, voyant ses pouvoirs méconnus, partit pour la France avec 1 800 personnes de toutes couleurs et de toutes conditions qu'il avait compromises pour sa cause, et Rcunio, qui se trouvait encore dans la partie espagnole, fui nouimé, après son départ» agent du Directoire.

Gomme il ne prit pas possession de ce titre, Toussaint- Louverturo n'eut plus d'autre rival que le mulâtre Rigand, qui ne cessa, dit-on, de tenir pour la République avec une constance digne des plus grands éloges.

Le chef nègre, adressant de longs rapports à Paris, rappelait qu'il avait écrit à Roume pour le prier de prendre les rénea du gouvernement de la colonie, et que cet agent ne put

(l) Le Directoire décida fjv.o Tou-e^aint-Louvrrturo avait bica mérité de la patrie et lui envoya des armes d hoimeur.

jamais amener Rigaud à le reconnaître, lui Toussaint, comme

commandant en chef des troupes.

Dt'^s lors, 1rs di'ux partis des mulâtres et des nègres se recrulèrtîiil, au nom de la France et sous son glorieux drapeau, de tous ceux qui voulurent suivre l'un ou l'autre dea deux chefs, et la guerre la plus atroce commença, ou plutôt continua de plus en plus acharnée.

liigaud, a^ant surpris Léogaoe» fit un massacre général de personnes de toutes CDulcurs.

Toussaint-Louverture s'empara de Saint-Nicolas-MAle, et fit subir mille outrages aux mulâtres avant de revenir au cap.

Le premier, chassé successivement de toutes les places

qu'il occupait, fut acculé dans la ville des Cayes. Eniiii iMi vit se pubseï" des choses iniiuai^inabicsl 4 000 personnes que la peur avait rassemblées au bourg de Jacmel moururent de faim I

Le mulâtre Petion, ayant été acculé par Toussaint, ne perdit pas moins de 800 hommes» en se faisant jour, Tépée à la main I

Sur ces entrefaites, Tagent Rouine expédia à Paris le chef de brigade du gcnic Vincent, afin de raconter ce qui se passait et demander des secours qui pussent arrêter l'eUusion du sang.

Les consuls décidèrent que Vincent, Raymond et le général Michel partiraient sans délai pour Tile, apprendraient à Tous*

saiiit-Louvcrlure qu'on le maintenait dans ses fonctions de commandant en chef des forces de la République, et c[u une adresse serait mise sous les yeux de tous les chefs n('<;res ou mulâtres. Us voulurent aussi que sur les drapeaux de la milice fût inscrite cette phrase :

« — La France seule reconnaît rÊgaliié, le Droit des na-

« tiuus. »

Mais Toussa iiil-Louverture arrêta les envoyés, se ht l'Ioïi c du décret qui le nonunait commandant en chef, et ne voulut pas entendre parler de l'inscription.

B'autre part* le mulâtre Rigaud, outré de la nomination de »n rival et se croyant destitué, discrédité près de ceux de sa

caftte, partit pour la France avec Fetion, Boyer et phiskion

autres de ses partisans.

De mi^nie qu'ils accusèrenl le chef nègre, de même celui-ci ne cessa de protester de son dévouement à la République, dans de longues missives dont on ferait des volumes, qu'il expédiait par toutes les occaaioDa , et que les directeurs avaient à peine le temps de lire.

Ainsi se termina cette guerre de 48 mois.

ToussaintrLouverture accorda une amnistie par rintermédiaire de son lieutenant Dessaiiiu s; mais, avant de la proclamer, celui-ci fit égorger, dit-on, 10000 mulâtres.

Nos ennemis les Anglais, qui avaient voulu éire mêlés à ces dramatiques événements, perdirent, dit James, 8 000 hoimnes et 180 millions.

Toussaint eut le talent de consolider son œuvre, en faisant de bonnes lois conformes aux honinips et aux circonstances.

îl attira les blancs dans la t olonie en leur assurant des avantages, il fit comprendre aux nègres que la liberté ii exclut pas le travail| nomma des iospecteura de culture, et devint véritablement le roi de cette île.

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