A BOULOGNE
Éoheca de Nelson.
Les Anglais ayant nommé le fameux Nelson commandant CD chef de l'escadre qoi défendait le Pas^ «Calais, cet tmi^ ral, dans le but de détraire notre flottille et de brûler la ville
de Boulogne, se présenta devant ce port, au commencement du mois d'août, avec une Ootte de 40 voiles, sans comptetbeaucoup de brûlots.
Latouche-Tréville, en amiral habilct se tint prêt à le recevoir et rangea ses bateaux sur Tavant du port, de manière à former ane belle ligne d'emboseage qui comprenait 6 brigs, 2 goélettes, 90 chaloupes canonnières.
Nelson jeta l ancre à 3 milles du rivage, fil rallier tous ses bâtiments, reconnut In position des nAlros, essaya la portée de ses bombes, et forma son plan d'attaque de ma* nière à incendier nos chaloupée.
Le 4 août 4801, sea bombardes se rangèrent à l'ouest de notre ligne d'embossage, hors de portée des batteries situées à Test de Boulogne, et à l'abri de celles de l'ouest, par la nature même du terrain.
Los crands bâtiments placés derrière ces bombardes se rapprochèrent de nos bateaux au moment du flot et leur lancèrent des boulets, en courant des bordées, par une jolie brise de nord-est. Diantre part, les bombardes lancèrent plus de mille bombes qui eurent pour seul effet de couler une canonnière et uo bateau plat.
l«toiicfa6*TréviUe et le général Savary, nidc de camp «ht premier consul, reatèreDl sana cesse au milieu du feu.
HeureusemeDt pour les Anglais, le temps élait maavais, car, sans cela, nos marins et soldais anraJent enlevé toutes
les bombardes à raburdage.
En résum(^, Nelson, désappointé de son succès, regagna le mouillage des dunes, et nos ennemis, au comble derétoone* ment, formèrent les conjectures les plus diverses sur ces bateaux plats qu'il avaient méprisés, dont Us avaient ri, et qu'ils considéraient maintenant comme un danger sérieux.
I/escadro dos dunes reriit des renforts importants; It presse des marins fut décrétée; 4000 soldats d'élite furent embarqués sur les bAtiments de Nelson.
Ce dernier, ayant rois à la voile, dirigea d'abord sa roate sur Flessingue, afin de donner le change ; mate notre amiral, loin d'être dupe de cette ruse, augmenta, de jour en jour, ses moyens de défense, fortifia sa ligne d'embossagc, no négligea rien pour tenir téte à son redoutable adversaire, prit les précautions les plus minutieuses.
Trois bataillons d'élite des 46% 57% 408" demi-brigades embarquèrent sur les bateaux pour coopérer à la défenss. De nouvelles batteries furent construites, de nouveaux mortiers disposés.
Dans les lignes d'embossage, les canonnières furent placées en première ligne, les bateaux plats en seconde. On disposa des filets d'abordage, on doubla les câbles avec à» chalnesi pour que les Anglais ne pussent pas, en les coupant, entraîner au large les bateaux , et enfin les bommes reçurent Tordre de coucber à leurs postes de combat.
Nous verrons combien furent sages ces diverses prescriptions.
Nelson revint inopinément jeter 1 ancre dans Test de Boulogne, et, à une heure avancée de la nuit du 45 août, quatre divisions de canots s*avancèrent lenteinent vers notre ligne d'emboBSsge, tandis qu'une cinquième prit position, pour jeter
des obus destinés à occasionner des incendies. Nos canots de grande garde, attaqués les premiers^ doa-
nèmt ralarme fort à propos, quoique l'on d^eux eût été
surpris.
Tout à coup, les deux lignes s'éclairèrent de feux : une affreuse tiataille s'engagea entre les marins des deux nations, et les TÎTerBiDg^ les sol<bit8 de la grande armée , assemblés SOT la plage, attendirent avec anxiété que le soleil vint éclairer la scène, tout en faisant mille coojecuires sur Tissue
du coiiibal.
La première division de canots anglais, que commandait le capitaine Sommerville, chassée dans l'est par les courants, ne pat| dit-on, donner suivant les prescriptions de Nelson. Bile attaqua, dans la matinée, un brig mouillé en téte du môle.
Sommerville l'enleva, dit James, après une lutte sanglante, mais ne put le traîner au lar^rc, parce qu'il était amarré par une chaîne et qu'une iusillade meurtrière partit de la plage et des navires voisins. Le brig devait être le Volcan, capitaine Gnéroult, à bord duquel fut tué Taspirant Lacombe, en se défendant vaillamment.
La deuxième division, sous les ordres du capitaine Parker, avant commencé le feu, vers minuit et demi, attaqua l'Etna, qui^ montait le capitaine de vaisseau Pevrieux, et qui se trouvait à l'ancre, près du mêle.
On assure que Pevrieux tua, de sa main, les deux premiers ennemis qui se présentèrent, que les marins anglais s*embar« Tassèrent dans les filets d'abordage , essuyèrent un terrible ft!u de mousqueterie et ne se retirèrent qu après avoir subi de cruelles pertes.
D'apr(*s James, il y eut dans les trois divisions 470 hommes tués ou blessés. Parker lui-même fut mortellement atteint.
Nous n'etoes, de notre cété, que 10 hommes tués, 30 blessés!
Latouche-Tréville assure que .)00 Anglais furent mis hors de combat, chîiFre très- vraisemblable, puisque James en avoue 470.
11 cita dans son rapport le lieutenant Garrau, qui coula 4 péniches ennemies autour de la canonnière la Surprise qu'il commandait.
Ainsi, Ton en était venu à Tabordage, et Tattaque tentée sur toute la ligne avait été repoussée vaillaninioiit. Gefctune victoire éclatante, une preuve de rinteiligeuce avec laquelle Lâtoache-TréTille avail prévoi combiné toutes choies, da magDÎfique courage des msrtiis et soldats sortant vaiiiqi^ d'une lutte corps à corps engagée, de nuit, par les homns d'élite de 1 escadre des dunes!
On jxuiVBit avoir confiance désormais dans celte Uottiilesi bien organisée.
Admirons aussi le sang-Innd des Ang^s, voulanienlenr, : à Tabordage, des canonnières que montaient des bomiMS énergiques aflsistés de leurs Tsleureux camarade, les soldais de la grande ai niée.
De même qu'à Al>oukir la division des canots obusi^er» ^ avait voulu passer à terre de la ligne d'embossage, mais ks i batteries du rivage l'avaient foudroyée.
Enfin, dès Taube, Nelson, vaincu et désespéré, signais ét baUic eu retraite.
^ Latouche-Tréville, ayant donne une grande féte, distribua solennellement, par ordre du premier consul, 4S haches d'armes, <1 fusils, 4 grenades à ceux qui s'étaient partîcaliè> rement distingués.
Les aspirants Baron , Littré reçurent des armes d hoih neur. |