‹ Histoire des marins français sous la RépubliqueChapitre 9 sur 71 · I-e comité de marine ayant appuyé la demande des corn · texte numérisé non relu

I-e comité de marine ayant appuyé la demande des corn

mîssaîres, l'Assemblée nationale abrogea les articles dont nous avons parlé.

Malgré tout, les désordres continuèrent, etaiM.deSouilhaCi chef d'^cadre, ni Bougainville, qui le remplaça, ne parant rô* lablir la discipline. On avait compté sur ce dernier, en raison de la grande estime qaediacan lui témoignait, du prestige de gloire qui s'attachait à son nom.

Bans le mois de décembre 1790, sur la demande du comité de marine, les vaisseaux furent désarmés, les équipages licenciés.

£o juillet et en aoèt, les forts de la Rade et da Gontet reçurent un armement complet de pièces d'artillerie. Malheureusement, dans le mois d'octobre de cette même

année, se passa une scène déplorable qui vint rappeler à tous que la haine coutre les officiers nobles était loin d'être calmée.

La nonvelle de la nomination de M. de la Jaille an commandement du vaisseau le Duguay-Trouin causa une trèsvive effervescence. Des forcenés cernèrent Thôteî m 11 dinait; on le somma, sous peine de mort, de quitter la ville, un l'escorta même en dehors des portes pour assurer sa retraite, et, malgré tout, assailli, hué, maltraité par une foule en délire, on croit qu'il eût infailliblement péri sans l'intervention courageuse du citoyen Lauveijat, de Trouille, commandant de la milice , qui prêta main*forte au précédent, et de plusieuib auU es pciâouned qui se dévouèrent pour le sauver.

Le vicomte de Marigny remplit les fonctions de commandant de la marine après le départ du comte d'Heclor, et on dît qu'il ne les accepta que sur les vives instances du roi luimême, qui savait que cet honorable officier était plein de dévouement pour lui.

En revanche, les démaeo^ues de Brest l'avaient en grande antipathie et ne manquèrent aucune occasion de lui marquer leurs sentiments.

On raconte qu'un malin ii aperçut devant sa poi te une potence que ses ennemis avaient dressée pendant la nuit.

Peu de temps après, oû vint lui dira ^se trois mille marins révoltés demandaieot sa tète à grands crîs. Il levéiil en grande hâte son uniforme de grande tenue et se rendit près d'eux dans leur caserne.

• Voici ma tôle, » dit-il, « je viens vous l'apporter... »

La figure imposante du vieil amiral fil rentrer dans le de- .voir oee hommes égarés, et les plus mutins tombèrent à ses genoux en demandant leur grAce.

A cette ^Mque, les citoyens de Srest accusèrent Bertrand de Holleville d'avoir prodigué des congés eux officiers, toléré leurs absences illégales, favorisé leur émigration.

L'Assemblée législative décida nu' une enquête sévère aurait lieu, et. quand le ministre eut donné des explications suffisantes sur les actes du ministre, on reconnut, à la majorité de S08 voix sur 493, qu'il y avait lieu de rejeter lee accusa» lions.

Le citoyen Malassis démentit Bertrand de Holleville quand ce dernier, en se justifiant, assura que les officiers n'avaient

pas quitté leurs postes.

On décréta , en même temps, qu'une revue générale des officiers serait passée dans chaque port, et les résultats prouvèrent que beaucoup d'entre eux étaient absents.

Dans l'été de 179:2, deux divisions comprenant dix vaisseaux , sous les ordres do Latouche-Tréville et du chef de division Landais , prirent annemeut. Ces divisions devaient se réunir dans la Méditerranée à Tescadre de Truguet, pour favoriser les opérations de nos généraux sur les cétes de ritalie.

Le contre-amiral Latouche-Tréville montait le vaisseau le Languedoc, à bord duquel le bonnet rouge fut inaufïuré avec un grand cérémonial dans la journée du i^l août iîi)i.

HoDB se savons |M8 il la cérémonie se ûimc la même solemiilé dans tous les ports de mer, mais on raoeole qn'à Toulon ce bonnet rouge fut promené triomphalement dans les raes , porté en rade à bord du vaisseau amiral le Tonnant, placé sur un autel dressé à l'arrière elbéoipar raumùaier qui célébra la messe.

On anna le vaisseau le Vengeur & cette époque. Mais oe dernier se perdit sur les o6tes de la Corse Tannée suivante et n'a aucun rapport avec le Veilgeur du Peuple (ci-devant te Marseillais), qui fut armé à Kochefort et est devenu célèbre.

ROGHEFORT, LORIENT, GRERB0UR6.

L'hiver de 4788 à 4789, qui se fit sentir si cruellement dans toute la France, fut particulièrement rigoureux à Rochefort.

On commit la faute de suspendre les travaux de l'arsenal, la ville devint le rendez-vous d^une foule de vagabonds qui provoquèrent des désordres, et la force armée dut s'interposer plusieurs fois pour sauver des boulangers que Ton

voulait pendre coniinr accapareurs.

Le ijjajor de la marine fut lui-même assaîll! chez lui par plus de deux mille ouvriers, sous prétexte qu'il voulait suspendre les travaux du port pendant les jours de"^ pluie, et ce oe fut qu*en montrant beaucoup de calme et de fermeté qu'il • parvint à leur faire entendre raison, c*est-à-dire à échapper à la mort.

La liiUiiicipalile, ayant acheté des blés, réduisit le taux du pain, jusqu'au moment où 1 abondante récolte de rameua les choses à leur état normal.

Lorsque le roi décida l'armement de quarante-cinq vaisseaux de ligne et de plusieurs frégates, la part afférente au port de Rochefort fut de cinq vaisseaux, six frégates dont les travaux d'armement furent poussés avec activité.

Le club des aniib de l'égalité, à Toccasiou do la morl de

Minèeaa, décida que bbb membreB preodraieni le deuil pendant huit joniB* n ae mit en relation avec le clob des jacobins à Paria, demanda que des congés fussent reiiisés aux

officiers de marine et s*ingéra d'une faç^n analogue dans les affaires de la municipalité.

Feu d événements importants se passèrent à Lorieut, À

Cherbourg ou dans les autres villes mahtimes.

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