RÉVOCATION DE L'ÉDIT DE NANTES
J. nuY AÎNÉ, ÉoiTCun.
Gouvon, la vôtre, mademoiselle de Breil, et de toutes les noblesses, il n'est resté que celle du valet qui servait si gauchement, mais qui, quarante ans plus tard, a sauvé de l'oubli le nom et la mémoire de ses maîtres.
Quand vous passez sur la place du Panthéon, levez la tête et regardez ! La main du statuaire David a fixé sur la pierre du fronton l'immortelle figure de ce laquais, qu'en conscience mademoiselle de Breil ne pouvait considérer dans sa maison comme un homme, auquel le monde doit aujourd'hui le Contrai social, le Discours sur l'inégalilé des conditions , la Profession de foi du Vicaire savoyard. Celte grande figure médite à la lueur d'une lampe , non loin de Voltaire, avec lequel il s'est , pour ainsi dire, réconcilié dans la mort.
Il n'y a rien à écrire de Jean-Jacques après ce qu'il en a écrit luimême.
Nous nous bornerons à fouiller dans les souvenirs de deux hommes de la Révolution. Le premier est Lakanal. « J'ai visité, avec un recueillement religieux, nous disaitil, la vallée solitaire où le grand homme vécut les dernières années de sa vie ; j'ai demeuré plusieurs jours au milieu des agriculteurs paisibles qu'il voyait souvent dans tout l'abandon do l'amitié; »! était bien triste, me disaient-ils, THf((.«! (7 était bien bon. J'ai cherché la vérité dans la bouche des hommes qui sont restes près de la nature. »
Le second témoignage que nous tenons
à invo(|uerest celui de l'abbé Grégoire. « A Chambéry, ditil dans ses Mémoires, je cherchai des détails sur le compte de madame de Varens : elle y est morte en laissant une réputation conforme à l'idée peu honorable qu'on a pu s'en former d'après le récit scandaleux de Jean-Jacques. Je visitai la petite maison que celui-ci habitait aux Charmettes ; mais ce qui paraîtra étrange et qu'on ignore, c'est qu'il y avait une très petite cha|)ellc, au-dessus de laquelle étaient écrits en gros caractères sur une planche (et je l'ai vue) ces mots du psaume o'i- : Eccc elonf/ari fur/iens : et mansi in solitudine ; quoniain ridi ini(iin'lnlem et roniradictiouem in civitate. »
Jean-Jacques Kousseau élait l'Iionnne le plus religieux
de son siècle. Toute sa vie, il a cherché Dieu dans la nature. Cette chapelle, dont il n'a point parlé dans ses Confessions, me touche singulièrement. Là, cette àme, qui avait fait son nid, dans la solitude, venait répandre seule à seul devant le Créateur des sentiments dont les hommes de son siècle n'étaient pas dignes.
Il y a un an que, me rendant à Marseille, je voyageai par le Rhône. Le bateau à vapeur glissait majestueusement sur le fleuve paisible. En passant devant le bourg Saint-Andiol, je me souvins de Jean-Jacques et de madame de Larnage,
au pointd'en être troublé jusqu'aux larmes.
La vie de Rousseau est une des existences humaines auxquelles on s'identifie, malgré soi. Le vertige en fut si fort qu'à la vue de cette belle nature dont l'àme de Jean -Jacques était si amoureuse, à la vue de ces flots rapides dans lesquels le bourg Saint-Andiol trempe toujours, en souriant, ses pieds coquets; à I»
vue du Pont-Saint-Esprit sur lequel Jean- Jacques brûla si héroïquement l'étape qui le séparait à jamais de madame de Larnage, jem'oubliai moi-même et me plongeai douloureusement dans le mystère de ce cœur que Dieu avait rempli d'amour, que les événements et les hommes ont fini par remplir d'amertune.
Qu'une partie des souftrances de Jean - Jacques ait été imaginaire, je l'avoue; mais, avant que cet homme se fît le bourreau de lui-même, avant que sa cruelle mélancolie versât tout autour d'elle la défiance et les soupçons, il fallait que son cœur eût été remué par des maux bien réels. La société avait blessé cet honnne par tous les côtés sensibles et délicats. L'amour d'une femme, dans lequel il s'était enveloppé comme dans un voile, se déchire et le laisse exposé nu aux passions d'un monde qu'il redoute. — Tour à tour aventurier, laquais, commis, copiste de musique, que sais-je encore? il avait longtemps vécu obscur et rebuté. Ses premiers écrits soulèvent contre lui une gloire orageuse. Une faction puissante, celle des holbachiens, le poursuit de ses injustices et de ses intrigues. Alors le monde prend il ses y(Hix un aspect fanlasliquenicnt triste. Aux maux que sa sauvage imagination cn-e c^mnie à plaisir, viennent
23 FEVRIER t84S.
;ilors sp joiiiiii'c, les poisrcnlii)iis do l'MUlorité. II fuit, pour ainsi dire, de ville en ville, à l<i lueur de ses livres liiùlés par la main des liouireaux. L'enfance qu'il avait aimée à l'exemple (le Jésus-Cliiist (smi7eparL'î(/o.s venirc ad me), l'enfance, pour laquelle il avait écrit un traité d'éducation dans son lùnilc, l'enfance qu'il avait voulu soustraire à l'esclavage des méthodes oi'dinaires, l'enfance lui jette la première pierre.— Oh I ici les entrailles du proscrit frémissent; à toutes les infortunes de l'exil s'ajoute, pour l'accabler, le remords. Des enfants, il en a eu: qu'on a-t-il fait? Cédant à la misère, aux indif>nes conseils d'une société corrompue, aux influences d'un siècle perverti , il les a abandonnés, oubliés, perdus. Les enfants qui lui jettent des pierres, en l'insultant, sont, sans le savoir, les vengeurs de ceux qu'il a fait porter aux enfants trouvés.
De tous les philosophes du xviii" siècle Jean-Jacques est celui qui a eu le |)lus d'influence sur la Révolution française. Il assiste, depuis 91 , à tous les dramatiques mouvemenis de cette grande époque. Se rapprocher du citoyen de Genève, se conformer à ses doctrines, îi l'austérité de ses mœurs inilépondantes, à son amour de la vertu, c't si à cela que travaillent, en secret, tous les hommes de 93. Marat jure par Jean-Jacques, Saint-Just aussi, Kobespierre aussi. La prodii^ieuse tension de ce dernier résulte du désir qu'il a de s'identifier avec les principes du Conlral social, avec les idées religieuses de la Profession de foi du vicaire savoyard II se raidit dans ce grand souvenir.
Robespierre portait aux idées et à la personne de Jean- Jacques une admiration qui tenait du culte. 11 avait élevé dans son cœur, dès l'âge le plus tendre, un autel à l'auteur du Discours sur l'inêgalilé des conditions parmi les hommes Ennemi de la peine de mort, il avait d'abord partagé avec amour les sentiments du citoyen genevois sur la tolérance universelle. Plus tard, quand les circonstances lui curent mis entre les mains une pari de l'autorité populaire, il crut répon<lre aux vœux de son modèle, à ses idées sur Dieu et sur la nature, en célébrant dans le jardin des Tuileries une fête à rÈti'e-Suprème.
On sait que celle solennité lui coûta la vie. De telle sorte qu'en mourant, Robes[)ierre put croire avoir associé son sacrifice à celui de Jean-Jacques Rousseau.
La présence invisible de ce philosophe, le concours qu'il apporta soit à la constitution de 9"), soit aux institutions sociales; son action mystérieuse sur les événements et les hommes, tout cela justifierait celte théorie qui accorde une iniluence aux morts sur les vivants, sur les destinées d'un monde don ils ne sont plus, mais auquel ils demeurent attachés par les liens d'une solidarité universelle.
L'histoire aime mieux, sans doute, y voir l'ascendant très naturelle d'une pensée sur un siècle; l'égalité avait lempli rinlclligence et le cœur de Jean-Jacques ; ce sentiment passa de l'ame du philosophe dans l'àme du peuple.
La i)remière é|)0(|ue de la Révolution française est toute de destruction; elle appartient à Voltaire; la seconde de reconstruction sociale,- elle appartient h J.-J. Rousseau.
Dans les œuvres de Jean-Jacques Rousseau , il en est une qui a frappé son siècle, en dévoilaiit l'homme, nous voulons parler des Confessions. Ce livre n'est pas seulement une tentative haivlie, c'est un retour aux usages de l'Église primitive. La confes.-ioii autrefois était publique. Cet aveu fait il tous les frères rassemblés était considéré comme un moyi^n d'expiation chrétienne. Jean-Jacques se place au point do
vue dos pénitents des [iremiers siècles; sculi'ment. ce n'est |)as à rÉglis (|u'il s'adresse, c'est à l'humaniié Elle seule a reçu de Dieu le pouvoir de lier et de délier. Ce qu'elle pardonne sur la le re sera paidonné dans le ciel. C'est assez dire que Jean-Jacques n'a rien à Craindre des menaces de l'intolérance religieuse: il a été absous par la conscience publique.
Oui, la postérité, d'accordavec le xviii' siècle et la Révolution française, adita Jean Jacques: Relève-toi. les péchés te sont remis ! Relève-loi , homme , qui as été humilié pendant ta vie, méconnu , persécuté , haï, fugitif; loi qui as souffert , loi qui, comme Molière, dans les derniers temps, étais devenu misanthrope par amour de l'humaniié !
La philosophie du xviii" siècle passe pour avoir été une réaction contre le christianisme. Il serait plus juste de dire une réaction contre les dorlrines et les insiiiulions.qui défiguraient le fond des croyances CHtholi(|ues. Jean-Jaccjues surtout a repiis la tradition chrétienne de plus haut que les sectes protestantes; il a régénéré le sentiment religieux à ses deux sources immortelles, l'amour de la natui'e et de l'humanité. Comme Jordano Bruno, il a étendu linslinct de Dieu à tout l'univers Sans coiifondie la matière et l'espiit, l'infini et le fini, il a fuit trêve aux anciennes hostilités qui les divisaient. Sa philosophie est la glorification passionnée de tout ce qui est beau, grand, juste, dans l'âme huniaine, de tout ce qui est divin dans les créatures. On se sent l'esprit plus â l'aise, le cœur pénétré d'une piété nouvelle et indicible, à la lecture de ces pages où l'auieur des Confessions adore le maître de la nature dans une matinée de printemps, dans un rayon de soleil, dans une chute d'eau. Prêtre d'un nouvrau culte, il pense |iour ce qui ne pense pas, il adore pour ce qui ne saurait adorer, et ramène ainsi à l'auteur de la vie universelle les hommages de tous les • êtres privés de raison.
Les doctrines poliiiques et sociales de Jean-Jacques Rousseau condamnaient tous les gouvernements de son époque. Qu'au milieu du calme qui régnailalors, son sur instinct ait démêlé dans les mugissements de l'opinion publique les signes précurseurs de l'orage, ou que sa haute intelligence ait deviné par sa propre force le dénoùmenl des destinées publiques, je ne sais ; mais voici ce que je lis dans une note de VÉmile : « Je tiens pour impossible (}ue les grandes monarchies de l'Europe aient encore longtemps à durer : toutes ont brillé, et tout éclat qui brille est sur son déclin. J'ai de mon opinion des raisons plus p;iriiculières que cette maxime; mais il n'est pas à propos de les dire, et chacun ne les voit que trop. »
Elle est venue celte révolution que Montesquieu, Voltaire, Jean-Jacques Rousseau avait prédile; elle est venue régénérer dans les ruines et dans le sang de ses martyrs une société qui se mourait..
La haine des holbachiens contre Jean-Jacques Rousseau m'annonce la haine des Girondins contre les Montagnards. Ce sont les mêmes principes en lutte, les mêmes intérêts, et, à quelques nuances près, les mêmes hommes. Voltaire et sa coterie croyaient qu'il y avait beaucoup à re|)ren(lre dans la sjcii'té de leur temps; ils auraient voulu ébranler les privilèges, détruire les bénéfices <le l'Eglise, inaugurer la liberté religieuse; ils auraient admis volontiers l'égalité devant la loi ; mais là s'arrêtait leur /.èle pour les réformes. Jean-Jac(|iies prenait les choses <le plus haut; il voulait nonseulement l'égalité devant la loi, mais l'égalité dans les cou-
diiions sociales, c'est-à-dire l'égalité devant la terre et devant rinslruinent de travail.
On. le voit, la [)hilosoi)liie se reproduit dans la Révolution française avec toutes ses nuances; jamais rinlluence directe de l'idée sur le l'ait, des doctrini s sur les événements, n'a été plus sensible.
Ce que Jean Jacques communique à la Révolution française, c'est le seniimeiit religieux.
L'erreur du cler^ié est de croiie que la pliilosopliie du xvnr siècle ait détruit sa puissance. Ce qui a déiruit sa puissance, c'est lui -même, c'est son ailacliement aux choses et aux iniérélb d'un monde qui di'vait Unir Si les [tiiilosoplies oliiinienl tout d'abord du succès dans l'opinion publique , ils le durent a l'injusiice des préjugés et des institutions qu'ils veiiiiient combattre. Ils attaquèrent dans la religion ce que les convoitises humaines y avaient introduit d'étranger aux croyances primitives: sous ce ra|)poit, ils reiiiiirent un inmiense service au clirislianisme et au clergé caliioli(iue. Le matérialisme était dans l'Eglise. L'esprit sacerdotal avait tellement intéressé le ciel dans ses calculs, dans ses and)itions, dans la possession des biens temporels, que rien ne n^ssemblaii moins à Dieu que Dieu même.
.Nous avonsécrit ailleurs ce tristcet grand martyrologe de la Révolution française. Il est inutile d'y revenir. Nousavons tous pleuré sur ces héroujucs tètes auxquelles la guillotine n'a point pardonne l'ardeur d'une conviction inébranlable; nous avons tous pleuré sur ces apôtres de l'égalité, qui ont mêlé leur sang au sang des gémM'ations sacrifiées; nous avons tous phuré sur ces victimes de la foi politique, dont ledpinier soupir, sur les champs de bataille ou à la tribune, a été poui' la France et poui' l'humanité.
Nous ne suivrons ici dans l.i Kévoluiion française que le mouvement des campagnes et celui des armées.
Qu'était avant 89 l'état de nos campagnes de France? La stérilité, la désolation, la mort L'agriculiurc languissait; ni bras, ni capitaux. La leiie ne voulait plus produire, elle avait resserci' ses entrailles. La sinistre vision des sept vaches maigres |)assait et repassait sur nos sdlons stériles. On semait l'oisiveté et on recueillait la famine; Les institutions avaient tout fait pour amener ces résultats lamentables: le travailleur agricole appartenait à la terre , la terre appartenait à quelques famdies noi)les qui achevaient de disperser à la cour fie Versailles, dans le jeu et la débauche, le patrimoine de leurs ancêtres La France avait conclu avec la faim un pacte diabolique. Pouravoinlécouvert et révdé ce pacte, un honmie fut j(!lé dans 1(!S cntiailles de la Bastille, d'où il sortit, connue Jonas du ventre île la baleine, non après trois jours, mais après vingt-st-pt ans (1).
La première alliance de la Kévolutioii française fut une alliance contractée avec la terre. Après la déclaration des Droit} de l'homme et du citoyen, après le développement des idées pliiloso|)liiques , après surtout l;i vente des biens nationaux , tout change, tout renaît dans les campagnes :
(l)Noiis avons raconti' aillPiirs les soiiffrancps de col Klie do liciiimrini; vi'ici quelques extraits de ses Mémuires (>cri|s par lui-uicnie : «J'avais déjA, à ceUe époque du 10 février 1/74, p.|$^é irijie cri)( qiialir-vinj!ls jours dans lis (achols, el liuit cents sur le l'iiniiir d.s t;i.il.al^ (Hi'on avaii mis dans tes cachots. .. Les solilats cii.v-inciues umi!innronl dans la prison de tant île lonrinems envers un liomme qui n a point commis de ciiroes. mais qui peut en d^i.oncerdeirès giands. » On ne renjne pas &'iiia rrHject C' s p.iges froides cqmn)K I9 (Jalle som8 ctiacnno desquellos repose une larme ou un sanjjlut.
c'est un mouvement tel qu'on n'en avait jamais vu. Une nouvelle classe de travailleurs propriétaires sort, pour-ainsi dire, du sol occupé jusque-là parla fainéantise, la misère ou le privilège. Les charges tracassières qui pesaient sur l'ouvrier des chamjis tombent, du moins en partie, avec les derniers lambeaux d'un passé qui se déchire. Quand des économistes qui parlent sans cesse de la funeste inlluence des mouvements populaires sur le bien-être des classes ouvrières ou agricoles, viendront maintenant vous demander: Qu'est-ce que la Révolution française a fait pour vous? répondez : Elle a donné du pain à la France.
Sous l'empire des idées du temps empruntées à la philosophie de Jean-Jacques Rousseau, le rustique génie du xvin'' siècle, le moral des poi)ulations agricoles, s'élève; leur position grandit. La Révolution française voulait célébrer dans le momie les noces de la lerre et du travail. A cette fêle, elle convie toutes les pompes de l'esprit national. L'économie politique retourne alors à la cabane, à la nature. Ce n'est pas la faute, des Montagnards si l'on mit le couteau de la guillotine en ti'avers de leur route. — Ce couteau, direz-vous, ils s'en étaient servis les premiers. — Oh! nous y voilà !
La Révolution française avait commencé par l'amour : elle a d'abord aimé le roi, les prêtres, les nobles même, si plus tard elle a tîiii par la haine, c'est qu'elle y a été poussée, entraînée, sollicitée par d'implacables ennemis. Elle avait commencé par la liberté; elle a fini par la dictature. A qui la faute? Soixante départements détachés par l'esprit royaliste ou girondin, des révoltes partout, des résistances partout, voilà sous quelle nécessité les partis lui ont mis le glaive à la main. Cette nécessité, on peut refuser de l'absoudre; nous défions de ne pas la reconnaître. Que fut d'ailleurs cette dictature? Un éclair, un coup de foudre; elle a brillé entre deux échafauds. Vous la condamne', elle s'est condamnée elle-même; lesvioleijces que vous lui reprocln^z, elle les délestait. La Terreur (c'est un fait historique) n'aspiiait qu'à s'éteindre dans la modération et dans riiumanité. .\u milieu de ses fur' ars, la Convention regardait aux granges et aux chaumièies ; elle cherchait à ramener l'abondance dans nos campagnes désolées par la guerre civile.
93 une idylle tachée de sans, s'écriera l'auteur de l'/Zisloire des Girundins! Mais de quel sang? Le sang des conspirateurs. Ah 1 nous regrettons que celui-là même ait été versé. Faut-il cepi-ndant condamner pour ce sang vil toute une époque, sa gloire, ses principes, la rénovation du vieux monde? AL <le Lamartine lui-même ne l'a pas osé.
Disons-le hardiment : ce qu'il y avait à faire après le 24 fi'vrier, c'était de continuer l'o'uvre de 93. Mais priMiez garile! Quid était le rêve des hommes éminenls qui subjuguaient la Convention, cette assemblée |)oltronne cl réaclionnaire? Leur rêve , c'était d'abolir dans le monde, une fois pour toutes, le règne de la force Pour abolir la force ils ont eu recours à la violence. Au glaive ()artout levé, ils ont opposé le glaive, au couteau le couteau. Ils ont voulu tuer la dictature par la dielaluic;, la mort par la mort. .\ celte France féodale el monarchique, armée encoie de toutes pièces pour la domination du fort sur le faible, ils ont imposé une liberté tyrannique, implacable. Ils ont traîné la nation par les cheveux vers le sentiment de ses droits. Outils eu tort ou raison de coinlialtre la guerre [/ar la guerre? Pnt-il.'j ç^ tort ou raisyn d'i^pi)liquer, dans les premiers