‹ Histoire des massacres de Syrie en 1860Chapitre 14 sur 22 · I^B LIBAN · texte numérisé non relu

I^B LIBAN

l'ardeur des exécuteurs des hautes-œuvres du fanatisme. Si les populations de la Syrie sont féroces, leur bravoure est fort peu dérelopioée» et l'idée d'un tontliL avec les Francs ne plaisait ' ni aux Dru ses ni aux musulmans.

Ën même tempsi les pertes au prix des* quelles avait été achetée la prise de Zahleh , faisaient ju ire r aux ennemis de la croix ce qui leur en coûterait s'ils voulaient compléter Ta» néanlissement projeté, dans le cas où les chrétiens se décideraient enân à se défendre par-

touty au lieu de se laisser égorg«r comme des^ agneaux.

Khourchid-pacha, dans le plan qu'il avait conçu y plaçait bien Tinvasiou du Kesraouau et la destmctioD des établissements que ce distriet renfermait, ai)rès la ruine Je Déir-el-Kamar, comme le couronnement suprême de l'entreprise contre les chrétieiiB« Mais ee n*était pas une chose facile que cette invasion , et au bout de quelques jours elle devint même impossible. L'imminence du danger fut plus forte chez les Maronites que les divisions intestines si habi» lemcnt excitées chez eux depuis deux ans.

Qs se réimifent, parvinrent à une entente.

Yousef Eharram se mit à leur tête, et par ses habiles dispositions, par sa conduite à

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la fois résolue et prudente, fit perdre aux mosulmaDs ei aux Drum Tespoir d'au prétexte pour attaquer le Kesraonan et la eonyielion d'un succès au cas où cette attaque aurait lieu.

La réunion des eirconiltticet que nom Tenons d*énuniërer préserra le nord du Liban

des désastres qui en ataient ravagé la partie méridionale, et sauva les survivants des boucheries précédentes, réfugiés dans les villes de la cote ou derrière les fortifications naturelles du Kesraouan. A partir du 20 juin les massacres cessèrent dans le pays des Maronites pour se reporter à l'intérieur des terres, là oii les chrétiens ne pouvaient pas opposer de résistaneof et où le bras des paissanees européennes ne faisait pas sentir sa force. Depuis ce moment jusqu'à l'arrivée des troupes françaiaesi il y ont bîm encore dans le Liban des meurtres indivîdiiele assez mnlti[4iés9 des se^ ms de pillage et de dévastation. Mais la série des grands égorgemeats était terminée. Si nom Toulions eontinaer l'exposé des faits dont le Liban fut témoin après l'émeute de Beyrouth , il nous faudrait consacrer un grand nombre de pages à des crimes hwaax qui perdent tonte importance à cote des crimes énormes que

nous avons racontés, et à côté du crime encore plus grand de Damas , dont le récit nous reste à fiiiie* ^

Nous nous arrêtons donc à cette date , nous réservant de dire dans notre épilogue quelques mots des incidente f ai se sont produits depuis le 30 juin dans la montagne arrosée de torrents de sang chrétien.

Nous ne Tonlons cependant pas terminer la portion de notre récit qui se rapporte aux événements dont le Liban a été le théâtre, sans faire une sorte de récapitulation du nombre des Tictimes et des désastres matériels.

Nous l'avons déjà dit dans notre préface, ce n'est pas du roman que nous faisons , c'est de rbistoire. Mais cette histoire est tellement invraisemblable à force d*étre odieuse , qu'il est nécessaire de placer des chiiires sous les yeux du lecteur pour lui prouver que nous n'avons rien exagéré.

Les nombres des morts da 30 mat au

20 juin, dans l'étendue du Liban et de la Célésyrie» sont :

Dans les districts du Metn» du Ghourb et dans

les environs immédiats de Beyrouth 400

A Sayda, Djezzin et dans le pays alentour. . . 1800

Dans les districts de Hasbeiya et de Rascheiya . 2500 '

A Zahleh 250

A Déir-el-Kamar 2200

A Beit-ed-Din 121

Dans le Beiad-Baalbek 500

En tout, 7771 personnes de tout âge et de tout sexe, égorgées dans l'espace de 22 jours j Quant aux dévastations , en Toici le relevé :

360 villages détruits.

560 églises renversées.

42 couvents brûlés.

28 Mm détruites, lesquelles comptaient 1830 ' élèves.

II faut ajouter à ces ruines la perte totale des

récoltes dans toute la région où se sont étendus les massacres et les dévastations. En supputant d'après le produit des récoltes dans les années ordinaires, en y ajoutant la valeur des maisons détruites, du mobilier pillé, des bestiaux enlevés, des marcbandises anéanties, un rapport consulaire, publié dans le Moniteur du

48 sepleml)re 1860, évalue ainsi les pertes éprouvées par les chrétiens :

Dans le Metn, le Ghourb et les pays autour de Savda et de ûjczziii.., 30 000 000 fr.

A Déir-el-Ramar 25 000 000

A Zahleh 25 000 000

. A Hasbeiya et Rascheiya 6 000 000

Bans le Belad Baalbek. 5 000 000

Total 91 000 000 fr.

En outre, la perte causée aux négociants des villes d|i littoral par rinterruption absolue de toute affaire de commerce pendant deux mois, est évaluée à 4 000 000 de £rancs.

C'est donc 95 millions qu'a coûté aux chrétiens de la côte de Syrie, du Liban et de la Célésyrie, raccomplissement du complot infernal conçu entre musulmans et Druses, sous la direction des deux pachas de Damas et de Beyrouth.

Ces chiffres ont une telle éloquence que Ton ne saurait rien y ajouter*

Et cependant les massacres du Liban n'approchent pas de riiorreur des scènes de Damas qui nous restent à raconter.

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