LES PRÉCURSEURS
Son traité De subtilitate est une encyclopédie fourmillant (l'idée^ingénieuses, d'inventions ou d'appareils intéressants, mais dont la plupart sortent do notre cadre. Quelques-unes des curieuses opinions (prii y émet s(» rattachent cependant à la philosophie mathématique.
Parmi ses élèves, mentionnons Louis Ferrahi, (jui dans sa trop courte carrière, terminée en i565, donna la solution générale des équations du quatrième degré à laquelle nous avons lait allusion ci-dessus, et Raphaël BoMRELLi dont le Traité d'algèbre (157a) clôt dignement la série des ouvrages de l'illustre école italienne du xvi' siècle. On y rencontre très logiquement disposées les découvertes de ses prédécesseurs immédiats accompagnées de commentaires intéressants, de simplifications inattendues et de vues souvent très personnelles. Enfin c'est là que se trouve annoncé d'une façon générale la réalité des trois racines d'une équation du troisième degré, quand elles se présentent toutes trois sous la forme imaginaire.
Pendant que l'Algèbre atteignait un si haut degré de perfection en Italie, les autres contrées del'Europe étaient assez pauvres en mathématiciens.
Adrien Romain, qui professa longtemps les mathématiques àLouvain, déterminait dans sa MetJcodus polygonum (1^90) la valeur de t: avec i5 décimales ; le Hollandais VAN GoLEN dans son De Circulo la calculait jusqu'à la trentième décimale. Metius professeur à Francker, s'appliquait à une détermination encore plus exacte.
En outre, son Canon trianguldruni a une certaine valeur, car il essaye de ramener à six cas généraux les divers problèmes de Trigonométrie sphérique . On regarde aussi un savant allemand de ce temps, Praeto- Rius , comme inventeur d'un instrument géodésique permettant de prendre des angles visuels. Quant à la France, elle semble se recueillir, avant d'enfanter le grand Viète. Passonsdoncvite sur BuTÉoNqui, dans S2i Logis tica{io5^).
loo HISTOIRE DES MATHEMATIQUES
i imita l'exemple de Stifel en représentant dans les équations algébriques les inconnues par des lettres. Son élève Oronge Finp:, un des plus fameux quadrateurs du cercle, s'acquit une grande réputation auprès de ses contem- |)orains, mais aucun de ses écrits ne renferme d'inventions originales. Pierre La Ramée fut le premier professeur de mathématiques au Collège de France. Ses Cours de Géométrie, d'Arithmétique et d'Algèbre eurent assez de vogue. Il périt malheureusement dans le massacre de la Saint-Barthélémy. Mais assez de ces travailleurs de second plan. Avant toutefois d'arriver au grand Maître, constatons que le xvi® siècle ne fut pas uniquement consacré aux arts. A côté des Michel-Ange et des Raphaël nous avons les Tartaglia et les Cardan. Si les immortels chefs-d'œuvre des premiers sont restés sans rivaux tandis que les découvertes des seconds furent rapidement dépassées parcelles des Yiète, des Descartes ou des Newton, cela tient surtout à l'essence même de leurs recherches. L'esthétique a des limites dans la perfection, la Science n'en connaît point. Le Louvre peut à peine soutenir la comparaison avec le Parthénon, tandis qu'un parallèle entre Archimède et Pascal n'a pas de sens, celui-ci disposant de moyens que celui-là ne pouvait même pas soupçonner.