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CHAPITRE X. INTRODUCTION DES OUVRAGES ARABES

s'intéressait à la science mais il fît tous ses efforts pour répondre dans l'Europe occidentale les œuvres des mathématiciens arabes. L'Université de Naples reste comme un exemple de sa munificence. Nous avons déjà dit que la présence des Juifs en Espagne avait été tolérée en raison de leurs connaissances médicales et scientifiques ; et en fait les noms de médecin et d'algébriste (') furent à peu près synonymes pendant longtemps. Aussi les médecins juifs étaient-ils admirablement placés pour obtenir des copies des ouvrages arabes et pour les traduire. Frédéric profita de cette circonstance pour s'entourer de juifs instruits chargés de traduire les livres arabes, qu'il s'était procurés ; il n'est toutefois pas douteux que, s'il leur accorda ainsi sa protection, ce fut surtout pour être désagréable au pape avec lequel il était alors en lutte. Dans tous les cas, à la fin du treizième siècle, des copies des œuvres d'Euclide, d'Archimède, d'Apollonius, de Ptolémée et de plusieurs auteurs arabes virent le jour de cette manière et à la fin du siècle suivant elles n'étaient plus rares.

Nous pouvons donc dire qu'à partir de celte époque le développement de la science en Europe se fit indépendamment des Ecoles arabes.

Jordanus (2). — Parmi les contemporains de Léonard se trouvait un mathématicien allemand dont les œuvres restèrent presque incomiues jusque dans ces dernières années. C'était Jordanus Nemorarius, appelé quelquefois Jordanus de Saxonia ou Teutonicus. Nous avons peu et détails sur sa vie, nous savons cependant qu'il devint général de Tordre des Dominicains en 1222. On lui attribue les ouvrages énumérés dans la note qui se trouve au bas de cette page (a)et si nous admettons qu'ils n'ont été ni augmentés ni

(!) Par exemple le lecteur peut se rappeler que dans Don Quichotte, (Impartie, cfaap. xv) quand, une nuit, Sancho Pança tombe de cheval et a les côtes brisées, un algebriste est appelé pour bander ses blessures.

(*) Voir Castor, chap. iliii, xlix où se trouvent réunies les références sur Jordanus.

(*) Le Prof. Gurtze, qui a étudié d'une façon toute spéciale le sujet, estime que les ouvrages suivants sont dus à Jordanus.

Geometria vel de Triangulis, publiée par M. Curtze, eni887, dans le vol. VI des MiUeilungcn des Copcrnicus-Vereins zu Thorn ; De isope rime tris ; Arithmetica Demonstrata, publiée par Faber Stapulensis, à Paris, en i4o,6, seconde

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