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CHAPITRE X. INTRODUCTION DÉS OUVRAGES ARABES l

Les conclusions auxquelles il était arrivé ainsi dans cet ouvrage et dans ses autres écrits sont à peu près conformes aux idées modernes, mais à l'époque où il vivait, elles étaient trop avancées pour être appréciées ou peut-être même pour être comprises, et il fut donné aux générations suivantes de reprendre son œuvre et de lui accorder la réputation, dont il ne jouit pas de son vivant. En astronomie il posa les principes pour réformer le calendrier, expliqua le phénomène des étoiles filantes, et observa que le système de Ptolémée resterait peu scientifique aussi longtemps qu'il demeurerail basé sur la supposition que le mouvement naturel d'une planète est un mouvement circulaire, et aussi, que la nature complexe des explications qu'il entraînait rendait peu probable l'exactitude de la théorie. En optique il énonça les lois de la réflexion de la lumière et, d'une façon générale, celles de la réfraction ; il les utilisa pour donner une explication approchée de Tarc-en-ciel et des verres grossissants. La plupart de ses expériences en chimie concernaient la transmutation des métaux et ne conduisirent à aucun résultat. Il donna la composition de la poudre, mais il est certain qu'elle n'est pas de son invention, bien que ce soit lui qui en ait fait mention pour la première fois en Europe. D'un autre côté, quelques unes de ses conclusions semblent être des conjectures plus ou moins ingénieuses, et certaines de ses affirmations sont sûrement fausses.

Dans les années qui suivirent immédiatement la publication de son Opus Majus il écrivit de nombreux ouvrages pour développer les principes qu'il avait formulés. Beaucoup d'entre eux sont publiés aujourd'hui, mais nous n'avons pas connaissance d'une édition complète de ses œuvres. Ils concernent uniquement les mathématiques appliquées et la physique.

Clément ne prêta aucune attention au grand travail qu'il avait demandé ; il obtint cependant pour Bacon l'autorisation de retourner en Angleterre. A la mort de Clément, le général de l'ordre des Franciscains fut élu pape sous le nom Nicolas IV. Les recherches de Bacon n'avaient jamais reçu l'approbation de ses supérieurs, et on lui ordonna alors de retourner à Paris où, nous dit-on, il fut immédiatement acecusé de magie : en 1280 il fut condamné à un emprisonnement perpétuel, et on ne lui rendit sa liberté qu'un an environ avant sa mort.

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Campanus. — Le seul autre mathématicien de ce siècle qui mérite d'être mentionné est Giovanni Campano, ou Campanus pour employer la forme latine, chanoine de Paris. Une copie de la tratraduction d'Àdelhard des Elémenls d'Euclide lomha entre les mains de Campanus qui la publia comme étant de lui (!) ; il y ajouta un commentaire dans lequel il discutait les propriétés du pentagone régulier étoile. Outre quelques autres ouvrages d'importance moindre il composa la Théorie des planètes, qui était une traduction libre de VAlmageste.

Le quatorzième siècle. — Le Tait dominant dans l'histoire du quatorzième siècle de même que dans celle du siècle précédent est l'introduction et l'étude des livres classiques mathématiques arabes et des ouvrages grecs connus par l'entremise des Arabes.

Bradwardine (2). — Un mathématicien de cette époque qui eut p2ut-être assez de réputation pour que nous puissions le mentionner ici est Thomas Bradwardine, Archevêque de Canterbury. Bradwardine naquit à Chichester vers 1290. 11 fit ses études à Oxford, au Collège Mer ton et ensuite professa à cette université. De

I $35 jusqu'à sa mort il s'occupa principalement des questions politiques intéressant l'Eglise et l'Etat : il prit une part importante à l'invasion de la France, à la prise de Calais et à la victoire dcCrécy.

II mourut à Lambeth en i34j). Ses œuvres mathématiques, écrites probablement lors de son séjour à Oxford, sont le Tractatus de Proportionibus, imprimé à Paris en iiig5 ; Y Arilhmetica Speculativat imprimée à Paris en i5oa ; la Geomelria Speculativa, imprimée à Paris en i5i 1 ; et un traité De quadratura Circali, imprimé à Paris en 1/195. Tous ces ouvrages donnent probablement une juste idée de renseignement des mathématiques dans les universités anglaises.

Oresme (■). — Nicolas Oresme a eu une certaine influence sur le développement des mathématiques. Il naquit à Caen en i323t

(*) L'ouvrage fut imprime par Radolt, h Venise, en ifôn. Voir J. L„ Us

le ZeiUchriftfûr MtUhemalik, vol. XXXV, 1890. (*) Voir Cajitou, vol. II, p. 103 et suivantes.

(*) Voir Die mathernatischen Schriften des Xicotc Drame, par M Ccrtz* Thorn, 1870.

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