CHAPITRE XII. DÉVELOPPEMENT DE l' ALGÈBRE SYNCOPÉE 2l
qui naquit en i4oi et mourut en 1 464- Bien que fils d'un pauvre
pêcheur et sans relations, il s'éleva rapidement dans l'Eglise et devint
cardinal, encore qu'il ait été « un réformateur avant la réforme ».
Ses écrits mathématiques sont relatifs à la réforme du calendrier
et à la quadrature du cercle : dans cette dernière question sa
construction revient à prendre -. (v^3 -h {/$) pour la valeur de n.
Il combattit en faveur de la rotation diurne de la terre.
Chuquet. — Citons également ici un traité sur l'arithmétique, intitulé Le Triparty (*) écrit en i/»84 par Nicolas Chuquet, un bachelier en médecine de l'Université de Paris. Cet ouvrage montre que le programme des mathématiques enseignées à cette époque était un peu plus développé qu'on le croyait généralement il y a quelques années. On y trouve l'usage le plus ancien du signe radical avec indices pour indiquer l'extraction de racines, f l'indice 2 pour la racine carrée, l'indice 3 pour la racine cubique, et ainsi de suite, il contient également une exposition nette de la règle des signes. Les mots plus et moins sont indiqués par les contractions
/>, m. L'ouvrage est écrit en français.
Introduction (') des signes 4- et — . — En Angleterre et en Allemagne les algoristes étaient moins liés par les précédents et par la tradition qu'en Italie, et ils introduisirent dans la notation quelques perfectionnements, qui vraisemblablement auraient été difficilement imaginés par un Italien. Parmi ces modifications, la plus importante fut l'introduction, sinon l'invention, des symboles encore en usage de nos jours, pour l'addition, la soustraction et l'égalité.
Les plus anciens exemples de l'emploi régulier des signes 4- et — , dont nous ayons connaissance, remontent au quinzième siècle. Jean Widman d'Eger né vers i£6o, inscrit à Leipzig en 1/480, et
(') Voir un article, par À. Marre, dans le Balle tino di bibliografia, de BowcouPAGifi, pour 1880, vol. XIII, pp. 555-659.
(*) Voir les articles par P. Trbutlein (Die Deutsche Coss) dans le Abhandlangen zar Geschichte der Malhematik, pour 1879; par de Morgan, dans les Cambridge PhUosophical Transactions, 1871, vol. XI, pp. ao3-aia ; et par Bongoupagni, dans le Bulletino di bibliografiia, pour 1876, vol. IX, pp. 188-210.
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