‹ Histoire des mathématiquesChapitre 183 sur 334 · V ■'• EL A ■ A H · texte numérisé non relu

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ilet de canon se meut en ligne droite

jusqu'à épuisement de sa vitesse et qu'alors il tombe verticalement, Tartaglia (i537) compose la trajectoire du projectile d'un segment de droite, d'un arc de cercle qui s'y raccorde et enfin de la tangente verticale à celui-ci. Il sait qu'en toute rigueur la trajectoire est courbe partout, puisque la pesanteur provoque en chaque point une déviation, mais il ne parvient pas à une analyse plus complète du phénomène. Rivius (i58a) exprime encore plus clairement la même idée. La portion initiale de la trajectoire fait aisément croire à une destruction de la pesanteur par la très grande vitesse ; nous avons vu que Benedetti a commis cette erreur. Le segment de courbe ne présente pas de chute et nous oublions la petitesse delà durée de celle-ci. En négligeant cette circonstance, nous pourrions encore aujourd'hui regarder un jet d'eau comme un corps grave suspendu dans Pair, si nous faisions abstraction du mouvement rapide de ses particules. La même illusion est produite par le pendule conique, par la toupie, par la rotation rapide d'une chaîne solide (Philos. Mag. 1878), par la locomotive qui détruirait un pont délabré si elle reposait sur lui, mais qui, lancée à toute vitesse, parvient à le traverser sans encombre, grâce à une durée de chute et de travail insuffisante. Une analyse plus approfondie montre que ces phénomèmes ne sont pas plus merveilleux que les phénomènes les plus ordinaires. Ainsi que le croit Vailali, la diffusion de l'emploi des armes à feu, au xiv" siècle, a énormément réagi sur toute la mécanique. Il est vrai que ces phénomènes se présentaient déjà dans les anciennes machines de jet et aussi dans le jet à la main, mais leur forme nouvelle et imposante peut avoir forcé l'attention d'une manière particulièrement efficace.

20. — La reconnaissance de l'indépendance des circonstances déterminantes de mouvement (ou forces) qui se rencontrent dans la nature est d'une importance capitale. Elle fut découverte et exprimée à propos de l'étude A «— , "

du mouvement des projectiles. Supposons a^^*--^ \

qu'un corps se meuve suivant AB (fig. 48) C\___I^k D

pendant que le champ du mouvement se Fi ^8

déplace suivant AG. Le déplacement du

corps est alors AD. Mais cela n'est vrai que si les circonstances qui, dans le même temps, déterminent les mouvements AB et AC n'ont aucune influence l'une sur l'autre. Dès lors on voit sans peine que la construction du parallélogramme donne non seulement la composition des mouvements simultanés, mais aussi celles des vitesses et des accélérations.

Galilée envisage donc le mouvement du projectile comme un phéno-

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mène composé de deux mouvements indépendants l'un de l'autre. Cette conception ouvre tout un domaine de connaissances analogues fort importantes. On peut dire qu'il est de la même importance de reconnaître l'indépendance de deux circonstances A et B que la dépendance de deux circonstances A et C, car ce n'est qu'après avoir reconnu le premier de ces points que nous pouvons poursuivre, sans être troublé, l'étude du second. On peut comparer à la découverte de Galilée celles du parallélogramme des forces par Newton, de la composition des cordes par Sauveur, de la composition des mouvements de propagation de la chaleur par Fourier. Ces derniers chercheurs firent pénétrer dans *out le domaine de la physique mathématique la méthode de composition d'un phénomène à l'aide de phénomènes partiels indépendants les uns des autres, méthode analogue à la représentation d'une intégrale générale par une somme d'intégrales particulières. P. Yolkmann a donné à cette méthode de décomposition d'un phénomène en parties indépendantes les unes des autres et de composition d'un phénomène à l'aide de parties de ce genre, les noms très justes d'isolation et de superposition. Ces. deux procédés nous permettent de comprendre par fragments et de reconstruire dans la pensée ce que nous n'aurions pu concevoir en une fois.

« Ce n'est que dans des cas très rares que les phénomènes se présen- « tent à nous avec un caractère parfaitement unitaire ; le monde des « phénomènes offre tout au contraire un caractère entièrement com- <( posile... Notre connaissance doit alors résoudre le problème de discer- « ner dans les phénomènes tels qu'ils se présentent les séries de plié- « nomènes partiels qui les composent et d'étudier d'abord ces phé- « nomènes partiels dans leur pureté. Nous ne nous rendons maître de « l'ensemble qu'après avoir démêlé la part que chaque circonstance « particulière prend au phénomène composé.»... » Cf Volkmann : « Erkenntnisstheoretische Grundzûge der Naturwissenschafi, 1896, p. 70, « et mes Principien der Warmelehre, p. 123, i5i, 45a. »

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