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LA. VIE ET LES TRAVAUX D 1SAAG NEWTON

gravitation était le suivant. // supposait que la force qui retient la lune dans son orbite était la même que la gravité terrestre. Voici comment il procédait pour vérifier cette hypothèse. Il savait qu'une pierre abandonnée à elle-même, dans le voisinage de la surface de la terre, parcourt sous l'influence de l'attraction terrestre, (c'est-àdire de son poids) une distance de 10 pieds par seconde. L'orbite lunaire est sensiblement un cercle dont la terre est le centre. En la considérant comme telle, il pouvait calculer la longueur du chemin parcouru par la lune, connaissant sa distance à la terre ; sachant aussi que la lune décrit son orbite dans l'espace d'un mois, il lui était facile de déterminer la vitesse de cet astre en un point quelconque de ■sa course, tel que M. Il pouvait alors calculer la longueur MT du chemin parcouru dans l'espace d'une seconde par la lune supposée soustraite à l'influence de l'attraction terrestre. Or, à la fin de cette seconde, sa position réelle étant M', il en résultait que, dans l'espace d'une seconde, l'attraction terrestre déplaçait la lune de la distance TM' (en supposant constante la direction suivant laquelle agissait la

terre}. Newton, qui partageait les idées de plusieurs physiciens de l'époque, admettait, d'après la 3° loi de Kepler, que l'attraction exercée par la terre sur un corps devait décroître à mesure que le corps s'éloignait, et qu'elle variait en raison inverse du carré de la distance au centre de la terre (!). Si donc cette loi était vraie et si la gravitation était la seule force faisant décrire à la lune son orbite, le rapport de la distance TM' à 10 pieds devait être égal à l'inverse du rapport existant entre le carré de la distance de la lune au centre de la terre et le carré du rayon de la terre. En 1679, lorsque Newton reprit ses recherches, il trouva pour la longueur de la distance TM' une valeur en concordance avec l'hypothèse d'où il était parti, et la vérification était dès lors complète. Mais en 1666, l'estimation usuelle de la distance à la lune n'était pas exacte, et

ig. 1.

(■) Nous donnerons plus loin, le raisonnement conduisant à ce résultat.

lorsqu'il fit ses calculs, il trouva que la valeur de TM' était moindre-

d'environ « que celle qu'il aurait dû obtenir.

Cette différence ne paraît guère avoir changé la conviction où il était que l'effet de la gravité s'étendait jusqu'à la lune et qu'elle agissait en raison inverse du carré de la distance ; mais suivant lesnotes laissées par Whiston, et relatives à une conversation qu'il eut avec Newton, il semblerait qu'il en ait conclu que d'autre» forces — probablement les tourbillons de Descartes — faisaient sentir leur action sur la lune en même temps que la gravité. Ce fait est confirmé par le récit que nous a laissé Pemberton desrecherches de Newton. Il semble d'ailleurs que Newton croyait déjà d'une façon absolue, à la vérité du principe de la gravitation universelle, c'est-à-dire que tous les points de la matière s'attirent mutuellement, et qu'il soupçonnait que cette attraction était directement proportionnelle au produit des masses des points en présence, et inversement proportionnelle au carré de leur distance ; mais il est certain qu'il ne se rendait pas compte alors de ce quepouvait être l'attraction d'une masse sphérique sur un point extérieur quelconque, et vraisemblablement il ne pensait pas qu'ua point matériel était attiré par la terre comme si toute la masse decette dernière était concentrée en son centre.

* C'est le propre des grands hommes d'être défigurés par leurs* admirateurs. Aristote l'a été par les diseurs de bonne aventure du moyen-âge et Newton par les physiciens qui ont imaginé 1' a actio* in distans ».

Newton avait découvert que les mouvements des corps célestes et la chute des corps à la surface de la Terre avaient lieu comme si tous les corps s'attiraient mutuellement avec une force exprimée par la formule

Il ne chercha pas à déterminer les causes de l'existence de cette force ; son assertion hypothèses non fingo, le prouve.

Côtes, élève de Newton, employa le premier le mot malheureux <T« actio in distans » dans la préface de la deuxième édition des

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