‹ Histoire des mathématiquesChapitre 209 sur 334 · CHAPITRE XVI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVI

Principes (Cf. infra) que Newton ne lut point avant son impression ; dès lors, Y action à distance , bien qu'inexplicable, fut admise par les physiciens comme une réalité, jusqu'au jour où Faraday, revenant à l'idée propre de Newton, montra, qu'en vertu de l'impossibilité d'admettre qu'un corps puisse produire une force dans un endroit où il ne se trouve pas, la loi de la gravitation devait être regardée comme purement descriptive. *

À son retour à Cambridge en 1667, Newton fut agrégé au collège et y résida alors de façon permanente. Au commencement de Tannée 1669, ou peut être en 1668, il fit pour Barrow une révision des cours de ce professeur. On sait que Newton a écrit la fin de la quatorzième leçon, mais il n'est pas possible aujourd'hui de déterminer ce qui lui revient en propre dans les autres. Aussitôt ce travail terminé, Barrow et Collins l'engagèrent à préparer avec des notes additionnelles une traduction de ï Algèbre de Kinckhuysen ; il y consentit, mais à la condition de garder l'anonymat. Il commença aussi, en 1670, un exposé systématique de son analyse par les séries infinies. Il voulait donner l'expression de l'ordonnée d'une courbe au moyen d'une série algéT brique infinie dont chaque terme pouvait s'intégrer par la règle de Wallis ; il avait communiqué dès 1669, 'es résultats auxquels il était arrivé à Barrow, à Collins et à d'autres. Ce travail ne fut jamais terminé : l'ouvrage incomplet a été publié en 171 1; mais dès 170/1, il avait été donné en substance, comme appendice, à son « Optique ». C'est pendant ses heures de loisirs que Newton produisait ses travaux ; la majeure partie de son temps, durant ces deux années, était consacrée à des recherches sur l'Optique.

Au mois d'octobre 1669, Barrow abandonna en faveur de Newton la chaire « Lucasian », dont il était titulaire au Trinity Collège. Désormais, Newton entrait dans la carrière du professorat. Pendant de longues années, il devait faire à ses auditeurs un cours semestriel d'une leçon par semaine, durant une demi-heure on une heure à peu près.

Son cours comprenait 9 ou 10 leçons commençant chacune 1 Tendroit où s'était arrêtée la précédente.

Il dictait probablement de telle sorte que ses auditeurs puissent

aisément prendre les notes nécessaires, car jamais il ne reprenait les sujets déjà traités. Chaque semaine, il consacrait 4 heures aux étudiants désireux de discuter avec lui.

On a conservé les manuscrit des cours qu'il professa pendant les 17 premières années de sa carrière.

Lorsque Newton fut agréé à la chaire Liicasian, il prit l'optique comme sujet de ses leçons et de ses recherches, et se borna à enseigner cette branche de la physique pendant les années 1669, 1670 et 167 1. Dès avant 1669, il avait découvert que le prisme décomposait la lumière blanche en rayons de différentes couleurs. II tira de ce phénomène une théorie remarquable de l'arc-en-ciel.

Les principaux résultats, inconnus jusqu'alors, auxquels il parvint, ont été exposés dans un mémoire communiqué en février 1672 à la Société Royale et furent publiés, par la suite, dans les « Philosophical Transactions ». Le manuscrit de ses leçons originales a été publié en 1729 sous le titre Lectiones Opticœ. Cet ouvrage est divisé en deux livres dont le premier comprend quatre sections et le second cinq. Dans la première section du premier livre, il expose le phénomène de la décomposition de la lumière solaire au moyen d'un prisme, comme conséquence de l'inégale réfrangibilité des rayons qui la composent, et il fait la description de ses expériences. La deuxième section contient l'exposition de la méthode qu'il avait imaginée pour déterminer les indices de réfraction des différents corps. Il y arrive en faisant passer un rayon à travers un prisme constitué par la substance dont il cherche l'indice, de telle sorte que la déviation soit minimum ; il démontre qu'en désignant par i l'angle du prisme et par 0 la déviation du rayon, l'indice de réfraction est donné par l'expression

sm - 1 + û cosec - 1.

La troisième section traite des réfractions produites par les surfaces planes ; il montre que si un rayon traverse un prisme avec le minimum de déviation, l'angle d'incidence est égal à l'angle de sortie ; presque toute cette partie est consacrée à des solutions géométriques de différents problèmes. La quatrième section contient la discussion de la réfraction sur les surfaces courbes.

Page 1