CHAPITRE XVI. LA. VIE ET LES TRAVAUX D ISAAG NEWTON II
tamment comme une hypothèse permettant de prévoir certainsfaits. Bien plus, il semblerait que la théorie des ondes lui parût préférable, et qu'il ne la rejeta qu'en raison de la difficulté qu'il éprouvait à expliquer avec son concours le phénomène de la diffraction : deux siècles plus tard seulement, Fresnel devait vaincre cette difficulté.
La théorie de Newton fut exposée dans des mémoires communiqués en décembre 1675 à la Société Royale et reproduite en. substance dans son Traité d'Optique, publié en 1704. Dans ce dernier ouvrage, il expose de façon détaillée ses théories de la réfrangibilité, de la transparence et des phénomènes lumineux que présentent les lames minces. Il y ajoute (Livre III, part. 4) une explication de la coloration des lames épaisses et (Livre II) des observationssur la diffraction.
* On peut dire que la science, comme l'histoire, est un perpétuel recommencemen t .
Des travaux sensationnels tendent depuis quelques années à faire revivre la théorie de l'émission.
Il semble bien avéré que tout corps, quel qu'il soit, est formé d'atomes, chargés d'électricité positive, et de corpuscules, chargés d'électricité négative, circulant autour des atomes. Les atomes ainsi définis ont été appelés ions et les corpuscules électrons.
La masse de l'électron parait être extrêmement faible ; elle ne dépasserait pas io~87 gramme; ses dimensions, io~13 ou io~u centimètre, font qu'il est au centimètre ce que le centimètre est à 10 fois la distance de la Terre au Soleil. Enfin sa distance à l'atome (ion) autour duquel il circule, est évaluée à io~8 centimètre.
L'atome, lui, est de dimensions relatives beaucoup plus grandes ;. aussi bien, /on /tpu comparer l'atome et les électrons qui circulent autour de lui au système du soleil et des planètes, encore que le rapport de l'atome à l'électron (rapport d'une église de 60 mètres de long, 3o mètres de large et 1 5 mètres de hauteur à celui d'un
des points de r de millimètre de diamètre figurés dans cette page) dépasse considérablement celui du Soleil à la Terre. , Les particules lancées par la cathode d'un tube de Crookes ne seraient autres que des électrons, séparés de leurs atomes, et s*
mouvant à l'énorme vitesse de 3oooo kilomètres à la seconde, ioo fois plus vite que les étoiles douées du mouvement propre le plus rapide, mille fois plus vite que la Terre dans son mouvement autour du Soleil.
Il ne s'agit point là d'êtres de raison créés de toutes pièces par la théorie, car l'étude spectroscopique de l'arc voltaïque, combinée avec l'observation de l'usure des électrodes, révèle un transport effectif de matière aux dépens de ceux-ci. De plus, M. Rowland a montré que, conformément à une idée émise par M. Lorentz, les mouvements des ions peuvent être regardés comme la cause des mouvements électriques.
Voilà donc que l'incessant bombardement d'ions qui aurait lieu dans l'Univers tout entier ressuscite la théorie de l'émission 1 sous une forme nouvelle et différente, il est vrai, et avec l'obligation de concilier cette notion avec celle de l'oscillation périodique qui avait échappé à Newton et dont la réalité est incontestable. Gomment se fera cette conciliation ? C'est le secret de l'avenir (J). *
Deux lettres écrites par Newton en 1676 sont suffisamment intéressantes pour que nous y fassions allusion ici. Leibnitz, qui avait séjourné à Londres en 1673, avait communiqué à la Société Royale quelques résultats qu'il croyait nouveaux, mais qui, ainsi qu'on le lui fit observer, avaient déjà été établis par Newton. Ce fait donna lieu à une correspondance avec Oldenburg, le secrétaire de la Société. En 167^, Leibnitz annonça qu'il possédait « des méthodes analytiques générales reposant sur les séries infinies » . En réponse, Oldenburg lui fit connaître que Newton et Gregory avaient fait usage de séries semblables dans leurs travaux. Répondant à son tour à une demande de renseignements, Newton écrivait le i3 juin 1676 en donnant un bref exposé de sa méthode, mais en ajoutant son théorème du binôme elle développement de arcsina: en série ; de ce dernier, il déduisait celui de sin %f ce qui semble être le plus ancien exemple connu d'une inversion de séries. Il donnait aussi la formule permettant d'exprimer un arc d'ellipse au moyan d'une série infinie.
Leibnitz écrivit le 27 août pour demander des détails complément
(') Pour une première étude de ces questions, voir Science et Apologétique f par À. de Lapparent et les Electrons, par Sir Olivier Lodge.