CHAPITRE XVI. — LA VIE ET LES TRAVAUX D'iSAAC NEWTON
résulte que les Principia sont écrits dans un langage archaïque et malaisément accessible.
. L'adoption des méthodes géométriques dans les Principia, n'implique pas que Newton préférait la géométrie à l'analyse Gomme instrument de recherches, car il est aujourd'hui connu qu'il a employé le calcul des fluxions pour trouver quelques-uns de ses théorèmes, spécialement ceux qui figurent à la fin du Livre I et dans le livre II ; en fait, l'une des plus importantes applications de ce calcul est donnée dans le livre II, Lemme 2. Mais il n'est que juste de faire remarquer que, à l'époque de cette publication et presque uu siècle après, le calcul différentiel et celui des fluxions n'étaient pas complètement développés et ne possédaient pas la supériorité qu'ils ont actuellement conquis sur la méthode géométrique. Et «'est un sujet d'étonnement de constater que lorsque Newton employait le calcul des fluxions, il savait en tirer de si grands résultats.
L'habileté dont il a fait preuve en traduisant en quelques mois «des théorèmes si nombreux et d'une si grande complexité dans le langage de la géométrie d'Axchimède et d'Apollonius est aussiv pensons-nous, un fait unique dans l'histoire des mathématiques»
L'impression de l'ouvrage fut lente. Il ne parut que dans l'été •de l'année 1G87. La dépense fut supportée intégralement par Halle y, qui corrigea également les épreuves et laissa même de ■côté ses propres travaux pour en presser davantage la publication. La concision, l'absence de figures et le caractère synthétique de l'ouvrage limitaient le nombre de ceux qui étaient capablesd'apprércier sa valeur, et bien que la validité des conclusions fût admise par presque tous les critiques compétents, il s'écoula quelque temps encore avant que les idées courantes des hommes instruits fussent -complètement modifiées. Nous inclinerions à penser (mai* sur ce point les opinions sont très partagées) que dix ans après sa publication, l'ouvrage fut généralement regardé en Grande-Bretagne, domine donnant l'exposé véritable des lois de l'Univers ; vingt ans plus tard, environ, les théories de Newton furent acceptées sur le Continent, sauf en France où l'hypothèse cartésienne prédomina jusqu'à ce que Voltaire se fût fait, en 1738, l'avocat de la théorie newtonnienne.
Newton termina en 1686 son manuscrit des Principia ; il consa-
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