B. — Tome II
â/| *• HISTOIRE DIS MATHÉMATIQUES
menti corpulent, mais de belle prestance, avec le bas du visage carré, les yeux bruns, un front large et une physionomie intelligente. Il devînt gris avant trente ans et conserva jusqu'à sa mort une chevelure épaisse et blanche comme de l'argent.
Pour ce qui est [de ses habitudes, il s'habillait d'une façon peu recherchée, était lent dans ses mouvements, et souvent si absorbé par ses propres pensées que sa société n'était parfois rien moins qu'agréable. On a conservé maintes anecdotes au sujet de ses distractions. Un jour, revenant de Grantham à cheval, il avait mis pied à terre pour soulager sa monture pendant l'ascension d'une colline assez raide. Arrivé au sommet, comme il se retournait pour remonter en selle, il s'aperçut que sa bête profilant de sa distraction, s'était dégagée et enfuie. Parfois recevant des amis a sa table, s'il lui arrivait de les quitter pour aller chercher du vin ou quelque autre chose, une fois sur deux on était sûr de le retrouver a bsorbé dans la recherche de quelque problème, ayant oublié ses hôtes cl ce qu'il était allé chercher.
Il ne prenait aucun exercice, ne se livrait h aucun amusement, et travaillait constamment, passant dix-huit ou dix-neuf heures sur vingt- quatre à écrire.
Newton était religieux, d'une moralité irréprochable ; il avait, dit l'cvéque Burnet, « l'âme la plus pure » qu'il ait jamais connue. Il fut toujours droit, honnête, mais, bien que scrupuleusement juste dans ses controverses avec Leibnitz, Hooke et d'autres, il ne s'y montra pas généreux. Il s'offensait souvent d'une expression risquée à laquelle personne n'attachait d'importance. 11 attribuait modestement une grande partie de ses découvertes aux admirables travaux de ses prédécesseurs, et il expliquait un jour que s'il avait vu plus loin que les autres, c'était uniquement parce qu'il avait grimpé sur des épaules de géants. Sa propre appréciation de son œuvre se résume dans celte phrase : « J'ignore ce que je puis bien paraître au monde, mais pour moi, je me figure avoir été seulement comme un enfant jouant au bord de la mer, me réjouissant de trouver de temps en temps un caillou plus poli ou un coquillage plus joli que les autres, tandis que l'immense océan de la vérité s'étalait devant moi en couvrant tout. » Le fait d'être engagé dans des discussions quelconques l'impressionnait au point de le rendre malade. Nous pensons que, exception faite de ses notes sur l'optique, tous ses