CHAPITRE XVII. — ££YCLOPPEMKXT UE i/A3ALYSE, ETC. 6l
Comme suite h cet ouvrage, il publia en 1754 des Tables de la Lune. Clakaui composa en outre différent* nénsdires sur l'orbite lunaire, et sur ilnfUwnce perturbatrice des planètes sur le mouvement des comètes, et en particulier <sur le passage de la comète de Halley* L'un deux obtint le grand prix proposé 1 ce sujet pot l'Académie de St-Pétersbourg. Sa grande popularité dans le monde entrava ses travaux scientifiques : « engagé, dit tBosaut, a des -soupecs, à des veilles, entraîné pnr un goût vif po«r le* Sommes, -voulant allier le plaisir à ses travaux ordinaires, il perdit le repos, la santé, enfin la vie à l'âge de cinquante deux ans. »
D'Alember* (J). — Jean-k-BoitdifAlemhert naquit à Paris le 16 novembre 17 17 et mourut dans cette même ville le 39 octobre 1 783. Fik naturel du Chevalier Destouches, * général d'artillerie, et de Mmo de Tencin, chanoinesse et sœur du futur cardinalarchevêque de Lyon *, il avait été abandonne par sa mère, qui avait réservé à son père le moyen de le retrouver, sur les marches de la petite église de Saint-Jean-le-Rond, située à cette époque à l'angle septentrional du grand porche de Notre-Dame. Recueilli là, il fut porté chez le commissaire paroissial qui, suivant l'usage adopté pour les cas semblables, lui donna le nom chrétien de Jean4e~Rond. Nous ignorons pourquoi il s'annoblit par la suite* La paroisse le confia aux soins de la femme d'un vitrier ayant un petit fends de commerce non loin de la cathédrale, où il semble avoir trouvé un intérieur agréable bien que modeste. Son père, paraît-il, s'en serait occupé A un certain moment ; il aurait fait les frais de ses études; il reçut dès lors de bons principes mathématiques. *U lui légua en mourant, d'Alembert était alors âgé de neuf ans, une pension de 1 200 livres et le recommanda à ses proches, qui ne le perdirent jamais de vue.
Tout enfant, on le plaça dans le pensionnat de Bérée, au faubourg St- Antoine ; il profita beaucoup des leçons de ce maître qui, dès l'âge de dix ans, déclarait n'avoir plus rien à lui apprendre.
(') Cotoorcet, Beimuuro et S. Bastie» ont laissé de» esqtmses de la vie de d'ALEMurar : ses oeuvres littéraire* ont été publiées, mais il n'existe pas encore une édition complète de ses écrits scientifiques. Quelques notes et lettres découvertes i une époque relativement récente, furent publiées par G. Hctrt à Paris, en 1887.
Agé de 12 ans, il fut admis, par grande faveur, au collège des Quatre- Nations fondé par Mazarin; on n'y recevait que des boursiers choisis par la famille du cardinal, de préférence de familles nobles, et originaires de Tune des provinces récemment annexées à la France. Jean Lerond y fut admis comme gentilhomme.
Ses études y furent brillantes, mais il n'y apprit point Téquitation, l'escrime et la danse, comme l'eût voulu Mazarin ; l'Université de Paris refusa toujours de se conformer sur ce point aux volontés du cardinal. Et d'Alembert, qui n'apprit pas les belles manières dans son enfance, ne les connut jamais.
A la fin de l'année 1735, le jeune écolier, alors âgé de 18 ans, fut reçu bachelier ès-arts. Il était devenu excellent latiniste, il savait assez le grec pour lire plus tard dans le texte Archimède et Ptolémée, il savait tourner une phrase en excellent français... sans plus : là se bornait l'instruction des « honnêtes gens » de son temps.
Ses maîtres, presque tous prêtres, et jansénistes fervents, auraient voulu l'enrôler sous leur bannière ; il s'y refusa, effrayé qu'il fût d'une pieuse ferveur qui n'engendrait que la haine, et se livra tout entier aux études qui l'attiraient, médecine, droit et surtout mathématiques qui devaient bientôt l'absorber tout entier ( !) *.
Un essai qu'il composa en 1739 sur le calcul intégral et un autre sur les ricochets, paru en 17/10, attirèrent sur lui l'attention, et deux ans plus tard, il entra à l'Académie des sciences, grâce en partie à l'influence de sa famille. Trait qui lui fait honneur, il refusa absolument d'abandonner sa mère adoptive, avec laquelle il demeura jusqu'à sa mort, en 1707. Sa mère adoptive ne voyait pas d'un bon œil ses succès car, lorsqu'il fut parvenu au faite de la renommée, elle lui reprochait de perdre ses facultés dans des recherches inutiles : « vous ne serez jamais qu'un philosophe lui disante elle, et qu'est-ce qu'un philosophe ? c'est un fou qui se tourmente « pendant sa vie, pour qu'on parle de lui lorsqu'il n'y sera plus ».
Il produisit presque toutes ses œuvres mathématiques au cours de la période qui va de 1743 à 170/1. La première fut son Traité de dynamique publié en 17^3; on y trouve énoncé le principe qui porte son nom, à savoir que « les forces internes d'inertie » (c'està-dire les forces qui s'opposent à l'accélération) doivent être égales et opposées aux forces produisant l'accélération. Il pouvait être
(*) Nous empruntons ces détails à M. Bertrand. Loc. cit.