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CHAPITRE XVIII. IIÎTRODUCTIOTf DE l/ ANALYSE, BTC

L'Ecole analytique de Cambridge. — Vers la fin du dernier siècle, les membres les plus éminents du Collège mathématique de Cambridge commencèrent à reconnaître que l'état d'isolement dans lequel ils se maintenaient à l'égard de leurs contemporains du continent, présentait de sérieux inconvénients. Le mérite du plus ancien essai tenté en Angleterre pour expliquer la notation et les méthodes du xalcul telles qu'elles étaient employées sur le Continent revient à Woodhouse, qui doit être considéré comme l'apôtre de ce mouvement. Il est douteux qu'il eût pu, de lui-même, mettre en vogue les méthodes analytiques ; mais ses idées furent adoptées avec enthousiasme par trois étudiants, Peacock, Babbage et Herschel, qui réussirent à faire triompher les réformes qu'il avait suggérées.

Woodhouse. — Robert Woodhouse naquit à Norwich, le 28 avril 1773 ; fit ses études au Collège Caius, à Cambridge, en devint membre par la suite, occupa la chaire Plumian à l'Université et continua à vivre à Cambridge jusqu'à sa mort, qui survint le a3 décembre 1827.

Le plus ancien ouvrage de Woodhouse, intitulé Principles of Analylical Calculation, fut publié à Cambridge, en i8o3. Il y expliquait la notation différentielle et en recommandait fortement l'emploi, mais il y critiquait sévèrement les méthodes employées par les écrivains du Continent et l'usage continuel qu'ils faisaient de principes non évidents. Cet ouvrage fut suivi, en 1809, d'une trigonométrie plane et sphérique et, en 18 10, d'un Traité historique sur le calcul des variations et le problème des isopérimètres. Il composa ensuite une astronomie, dont le premier volume, Astronomie pratique et descriptive, parut en 181 2; le second qui contenait une exposition de l'astronomie physique, d'après Laplace et d'autres écrivains du continent, parut en 181 8. Tous ces ouvrages se distinguent par une sévère critique scientifique.

Un homme tel que Woodhouse, d'une honorabilité scrupuleuse, universellement respecté, logicien exercé, d'un esprit caustique, était bien celui qui convenait pour introduire un nouveau système ; le fait qu'en appelant pour la première fois l'attention sur l'analyse continentale, il exposait les faiblesses de quelques-unes de ses méthodes plutôt en adversaire qu'en partisan, était aussi

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politique qu'honnête. Woodhouse n'exerça pas beaucoup d'influence sur la majorité de ses contemporains, et le mouvement aurait échoué h ce moment, s'il n'avait été soutenu par Peacock, Babbage et Herschel, qui créèrent une Société analytique ayant pour objet de préconiser l'usage général dans l'Université anglaise des méthodes analytiques et de la notation différentielle.

Peacock. — George Peacock, qui fut le plus influent des premiers membres de la nouvelle Ecole, naquit à Denton, le g avril 1791. Il fit ses études au Collège de la Trinité, h Cambridge, où il devint répétiteur, puis professeur. L'établissement de l'Observatoire de l'Université fut en grande partie dû à ses efforts et, en i836, il fut chargé de la chaire Lowndeau d'astronomie et de géométrie. En 1839, il fut nommé doyen d'Ely, où il résida jusqu'à sa mort, le 8 novembre i858. Bien que l'influence de Peacock sur les mathématiciens anglais fut considérable, il a laissé peu de traces de ses travaux : nous ferons observer cependant que son rapport sur les progrès récents de l'analyse, i833, fut le début de ces résumés précieux sur les progrès de la science qui enrichissent plusieurs des volumes annuels des Transactions de l'Association Britannique.

Babbage. — Un autre membre important de la Société Analytique fut Charles Babbage, qui naquit à Totnes, le 36 décembre 1792; il entra au Collège de la Trinité, à Cambridge, en 1810, occupa ensuite à l'Université la chaire Lucasian, et mourut à Londres, le 18 octobre 1 871. Ce fat lui qui dénomma la Société Analytique, qui, déclarait-il, était constituée pour soutenir r te principes du pur d-isrn en opposition au dot-age de l'Université (*). »

La fondation de la Société Astronomique, en 1820, est, en grande partie, due à ses efforts ; plus tard, en i83o et 1 83s, il prit une part prééminente à la création de l'Association Britannique. Babbage est l'auteur de divers mémoires sur le calcul des fonctions et l'inventeur d'une machine analytique qui, non seule-

(*) Il est impossible de rendre en français le jeu de mois contenu dans celte phrase. C'est une opposition entre la notation de Lcibnitz et celle de Newton au moyen d'un point, dot.

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