CHAPITRE V. — LE 1T« SIÈCIE APRÈS JESTJS-CHRIST IIQ
cultes à ceux qui ne connaissaient que la notation numérique usuelle des Grecs : il est possible qu'il ait été établi d'une façon empirique, mais, selon Gow, il viendrait à l'appui de cette supposition, que les Grecs possédaient un symbolisme ressemblant à la notation numérique des Arabes.
Nous terminerons utilement cette longue liste de mathématiciens appartenant à l'École d'Alexandrie [en signalant deux commentateurs.
Théon. — Le premier d'entre eux, Théon et Alexandrie, florissait vers 370. Il n'était pas un mathématicien très réputé, mais nous lui devons une édition des Éléments d'Euclide et un commentaire deYAlmageste.
Ce dernier ouvrage (') nous fournit un grand nombre d'informations variées sur les méthodes numériques employées par les Grecs.
Hypathie. — Le second fut Hypathie la fille de Théon. Plus renommée que son père, on la considère comme le dernier mathématicien célèbre de l'école d'Alexandrie : elle écrivit un Commentaire sur les coniques d'Apollonius et peut-être aussi quelques autres ouvrages, mais aucun d'eux ne nous est parvenu. Elle fut assassinée à l'instigation des chrétiens en 4i5.
Le sort d'Hypathie nous rappelle que les chrétiens d'Orient, aussitôt qu'Us devinrent les maîtres, se montrèrent impitoyablement hostiles à toutes les formes d'enseignement profane. N'ayant qu'un seul but, propager la religion chrétienne, ils persécutèrent ceux qui ne les aidaient pas dans leur propagande religieuse. On peut voir dans le roman de Kingsley (■) la manière dont ils attaquèrent les vieilles écoles scientiûques. Avec rétablissement du christianisme en Orient, ces écoles cessèrent d'exister, de fait, bien qu'elles aient vécu encore nominalement pendant environ deux cents ans.
(») Traduit et commenté par M. IUlma, il a été publié à Paris, en 18» 1. (i) Allusion au roman de l'écrivain anglais Ciubles Kugslet, intitulé Ifypathie. |N. du T).