L'ÉCOLE ATHÉNIENNE (») (DANS LE V SIÈCLE
La fin de la dernière École athénienne nous fournit encore un exemple plus frappant de l'hostilité de l'église d'Orient contre la science grecque. Cette École n'occupe qu'une place restreinte dans notre histoire. Depuis le temps de Platon, un certain nombre de mathématiciens de profession avaient toujours vécu à Athènes ; et, vers l'année 4 20, cette École jouissait de nouveau d'une grande réputation due surtout aux nombreux étudiants qui, après le meurtre d'Hypathie, avaient abandonné Alexandrie pour Athènes. Ses membres les plus remarquables furent Proclus, Damascius et Eutocius.
Proolus. *— Proclus naquit à Constantinople en février 4 12 et mourut à Athènes le 17 avril 485. Il écrivit un commentaire sur les Eléments d'Euclide ; la partie (*) relative au premier livre est développée et contient un grand nombre de renseignements utiles sur l'histoire des mathématiques ; il est diffus et lourd, mais il nous donne heureusement des citations empruntées à d'autres autorités plus compétentes.
Proclus fut remplacé à la tête de l'Ecole par Marimis et à ce dernier succéda Isidore.
Damascius. Eutocius. — Nous pouvons mentionner en passant deux élèves d'Isidore qui postérieurement et à leur tour enseignèrent à Athènes. Damascius de Damascus, vers 490, ajouta aux Eléments d'Euclide un quinzième livre sur l'inscription d'un solide régulier dans un autre. Eutocius, vers 5 10, écrivit des commentaires sur les quatre premiers livres des Coniques d'Apollonius et sur divers ouvrages d'Archimède ; il donna aussi quelques exemples de l'arithmétique pratique des grecs. Ses écrits n'ont jamais été publiés bien qu'ils paraissent dignes d'intérêt.
La dernière Ecole Athénienne vécut au milieu de grandes diffi-
(*) Voir Untersuchungen ûber die neu aafgefundenen Scholien des Proklus, par J. H. Kkoche. Herford, i865.
(:) Elle a été éditée par G. Friedlei*. Leipzig, 1873.
CHAriTRE V. LES MATHEMATIQUE» CHEZ LES ROMAINS 121
cultes causées par l'opposition des Chrétiens. Ainsi Proclus fut plusieurs fois menacé de mort, parce qu'il était « un philosophe ». On a souvent cité de lui cette réponse à quelques étudiants qui s'offraient pour le protéger : « qu'importe mon corps, ce n'est pas pour lui que je crains, mais c'est mon esprit que j'emporterai avec moi en mourant. » Les Chrétiens, après quelques tentatives qui n'aboutirent pas, obtinrent enGn en 029, de Justinien, un décret par lequel « renseignement païen » ne pouvait plus être donné à Athènes. C'est par conséquent cette date qui marque la fin de l'Ecole Athénienne.
A Alexandrie, l'Eglise d'Orient était moins influente et la ville se trouvait plus éloignée du pouvoir Central. Les Ecoles y furent donc tolérées, mais leur existence n'était que précaire. C'est dans ces conditions que Ton continua à étudier encore les mathématiques en Egypte pendant une période de cent ans, mais tout goût pour l'élude avait disparu.